Visiblement, il n'avait pas l'air passionnant !
;-)

J'ai glissé, par mégarde, sur "entrée"... Voila le message complet...

J'ai commencé la lecture d'un livre sur la photographie de paysage, dont je vous cite quelques extraits:
- "S'il est vrai que la photographie a besoin d'un certain outillage pour pouvoir se manifester, outillage qui s'est compliqué, en apparence surtout, tout en se perfectionnant, il ne faut pas en déduire prématurément que, grâce à ces progrès techniques, elle est seulement un procédé commode et rapide d'enregistrement et de reproduction fidèle. En réalité, un appareil perfectionné donnera uniquement à son utilisateur un champ d'action plus étendu, sans lui apporter plus de chances de réussite autres que celles d'ordre technique et encore... De même, le possesseur d'un vélo à quatre vitesses aura plus de confort personnel, mais ne sera pas dispensé de pédaler."
- "Et de nos jours, le public, ml renseigné ou peut-être sursaturé d'images par la presse quotidienne et hebdomadaire, fait rarement la différence qui s'impose entre une image ayant une valeur spirituelle et une autre de qualité quelconque, n'ayant qu'un intérêt documentaire ou anecdotique."
- "Sans doute, on ne réalise pas toujours assez l'importance de ce merveilleux procédé; notre époque, trop comblée, ne veut plus réfléchir au miracle quotidien du téléphone, de la T.S.F., de l'aviation; tout cela est devenu aussi naturel pour la foule que la pluie qui tombe et les arbres qui fleurissent..." Il faut faire vite, de plus en plus vite; on ne peut donc pas consacrer plu de deux secondes à regarder un petit morceau de papier recouvert de gélatine noircie."
- "Ce qui contribue à ce manque d'attention et d'estime, c'est la facilitation pour n'importe qui d'obtenir en pressant sur un bouton bon nombre d'images presque sans apprentissage et surtout sans effort d'aucune sorte, puisque l'industrie se charge, en moins de vingt-quatre heures, de livrer les 36 vues développées, tirées ou agrandies. Mais quelle est la valeur réelle de ces photos qu'il est si facile de produire ? Elles n'ont d'intérêt le plus souvent que pour leur auteur. On renonce à imaginer le nombre d'épreuves médiocres courant le monde: il doit être fabuleux et cela ne fait que renforcer la valeur des œuvres de qualité qui ne peut être le fait que de la seule technique."
Ces quelques extraits font étrangement écho aux critiques émises envers l'industrie de l'image à l'heure du tout numérique... Pourtant, le livre date de 1948 !!!
Bovis, M. (1948).
La photographie de paysage. Paris: Prisma.