Au fur et à mesure de ma visite un malaise de plus en plus net s'est fait jour. Témoigner, certes c'est nécessaire. Mais n'y-a-t-il pas une complaisance malsaine dans une grande partie des photos exposées ? Peut-on rendre compte des évènements sans tomber dans le voyeurisme et la délectation morbide ? Quelle distance faut-il adopter pour rendre les choses intelligibles sans s'y vautrer pour autant ?
Je ne perds pas de vue le fait que tous ces documents sont réalisés dans la perspective d'être vendus. Il ne s'agit pas de travaux désintéressés mais de « produits » calibrés pour attirer l'intérêt des journaux. Il faut que ça gueule et que ça saigne. Les photos noir et blanc ne sont pas en général des photos en niveaux de gris, elles sont craie et charbon. Les documents en couleur sont tirés en super-hyper-extra cibachrome.
Au bout de deux heures j'ai abdiqué au bord de la nausée... Sans doute suis-je une petite nature trop tendre et trop sensible.
Je me retrouve en grande partie dans ce texte, pour avoir ressenti à peu près les mêmes impressions à l'issue de la visite de l'expo au couvent des Minimes.
Toutes les photos ne sombrent pas dans le voyeurisme ou le morbide, loin de là, mais pour certaines d'entre-elles on a bien l'impression d'être en face d'une image "produit".
Néammoins toutes ces images méritent d'être vues, elles sont le témoignage d'une actualité présente ou passée, certaines possèdent une grande force, et questionnent forcément le visiteur quelquefois mal à l'aise.
Pas tout vu, néammoins au Castillet expo remarquable sur les concubines en Chine. Mérite le détour.
Et puis il y a le Off....pour ceux qui ont un peu plus de temps!
