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Auteur Fil de discussion: La Mort des photoreporters ?  (Lu 5574 fois)
Argos
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« le: Septembre 04, 2009, 13:24:52 »

Le quotidien suisse Le Temps publie un papier à propos de Perpignan où il s'interroge sur l'avenir du photoreportage avec un article intitulé "Photoreporter, profession à réinventer".
Il montrer que le financement de telles activités devient de plus en plus difficile. Les causes sont nombreuses, mais l'emprise de la toile a bien sûr son importance.
Bref, l'avenir est sombre.
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/956c406c-98c9-11de-a4f5-aea82fb45c2c/Photoreporter_profession_%C3%A0_r%C3%A9inventer
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JMS
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« Répondre #1 le: Septembre 04, 2009, 14:06:05 »

C'est exact, mais chaque année ce type de papier sort à l'occasion du festival de Perpignan !  Clin d'oeil

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TheGuytou
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« Répondre #2 le: Septembre 04, 2009, 14:09:12 »

A ce sujet, le N° d'automne de Polka est interessant.

On y parle aussi de Poveda.
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In nineteen eleven i trust
JMS
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« Répondre #3 le: Septembre 04, 2009, 14:21:13 »

Tout à fait, et Polka peut être un débouché aussi, mais je me demande combien de ventes dans leur belle galerie ? J'avais envie de craquer pour des Cibachrome de McCurry avant de voir que c'était du 15.000 $ l'Afghane aux yeux verts  Clin d'oeil

Sinon dans l'article cité par Argos on se demande comment un jeune photographe peut dépenser 40.000 euros pour photographier une mine de charbon ?
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Argos
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« Répondre #4 le: Septembre 04, 2009, 14:38:24 »

Tout à fait, et Polka peut être un débouché aussi, mais je me demande combien de ventes dans leur belle galerie ? J'avais envie de craquer pour des Cibachrome de McCurry avant de voir que c'était du 15.000 $ l'Afghane aux yeux verts  Clin d'oeil

Sinon dans l'article cité par Argos on se demande comment un jeune photographe peut dépenser 40.000 euros pour photographier une mine de charbon ?
Il s'agit de docu, et pas de photoreportage, les coûts ne sont pas exactement les mêmes. Dans ce cas, le financement semble avoir été assuré par le CNC. 40.000 Euros pour un tournage en Amérique du Sud, cela semble presque du low-coast. Clin d'oeil
Au prix des matières premières, tourner dans des mines de charbon doit être hors de prix. Grimaçant
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Argos
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« Répondre #5 le: Septembre 04, 2009, 14:51:48 »

Il s'agit de docu, et pas de photoreportage, les coûts ne sont pas exactement les mêmes. Dans ce cas, le financement semble avoir été assuré par le CNC. 40.000 Euros pour un tournage en Amérique du Sud, cela semble presque du low-coast. Clin d'oeil
Au prix des matières premières, tourner dans des mines de charbon doit être hors de prix. Grimaçant
Oups, c'est pas la Côte d'Azur. Souriant
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B12
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« Répondre #6 le: Septembre 04, 2009, 15:05:25 »

Le nombre de photographes(uniquement)-reporter diminue. La pluridisciplinarité semble de mise pour survivre dans ce métier.
 Rémy Bricka sauce audio-visuel  Clin d'oeil
http://www.remybricka.com/
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Lionel
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« Répondre #7 le: Septembre 05, 2009, 20:37:55 »

Autre article, paru aujourd'hui dans Le Monde :

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2009/09/05/le-temps-des-epreuves_1236376_3236.html
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BertrandG
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« Répondre #8 le: Septembre 05, 2009, 21:30:28 »


Merci pour ce lien, c'est bien dommage et cela fait mal au cœur et le plus rageant, c'est de lire sur les forums des simplets dire que tout va bien, que jamais la photo ne s'est aussi bien portée...
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roubitch
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« Répondre #9 le: Septembre 06, 2009, 13:13:31 »

assez synthétique et bien foutu, ça fait flipper de voir que des  noms reconnus galèrent aussi.  Triste
 Y a un truc qui m'a accroché également dans l'article du temps, c'est que le reportage sur les mines a été visionné en moyenne 12 minutes, fait exceptionnel... le web semble accentuer le consumérisme culturel, dès lors la qualité des photos passerait au second plan, devant leur flux? il faudrait avoir des chiffres sur les pratiques et desirs des consommateurs de web-reportage Huh
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B12
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« Répondre #10 le: Septembre 06, 2009, 14:46:33 »

L'internet est un moyen de diffusion peu adapté à la photo. Faible taille des images, habitudes de lectures zapping, ...etc.
 Tout cela ne me semble pas en la faveur d'une photographie de reportage de qualité.
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roubitch
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« Répondre #11 le: Septembre 06, 2009, 15:14:48 »


 Tout cela ne me semble pas en la faveur d'une photographie de reportage de qualité.

justement, est-ce cela que le lectorat internet recherche? le zapping malgré tout peut être de qualité... cpmment sont rétribués les tographes qui contribuent à ce genre de blog/ bestof Huh

http://blogs.wsj.com/photojournal/
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B12
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« Répondre #12 le: Septembre 06, 2009, 15:43:37 »

Ton exemple ressemble à des photos d'agences de news. Je serai surpris qu'elles soient diffusées gratuitement.
 La web-presse manque de moyens financiers et cela se ressent pour les producteurs. Le modèle économique est nouveau.
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JMS
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« Répondre #13 le: Septembre 06, 2009, 16:15:40 »

"ressemble"...à des photos d'agence ?

Que d'humour...les photos du Wall Street Journal du jour sont toutes signées Getty, AP ou Reuters dans le slideshow. 
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roubitch
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« Répondre #14 le: Septembre 06, 2009, 16:18:18 »

"ressemble"...à des photos d'agence ?

Que d'humour...les photos du Wall Street Journal du jour sont toutes signées Getty, AP ou Reuters dans le slideshow. 
oui, mais quid de la rémunération versus le tirage presse, un tographe dans un des liens cités avait l'air de dire 10 fois moins...
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baséli
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« Répondre #15 le: Septembre 06, 2009, 16:27:09 »

Je pense que la rémunération n'est pas ce qui motive certains photo reporters plutôt... je vous laisse compléter par l'adjectif de votre choix.

Regardez ici: http://www.boston.com/bigpicture/2009/08/ballots_bullets_and_bombs_in_a.html, photo 41.


Canon, you can (ça on peut aller chez les fous furieux oui!).
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Argos
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« Répondre #16 le: Septembre 06, 2009, 17:07:54 »

Pour gagner des sous, photoreporter ce n'est vraiment pas la bonne fillière. Christian Poveda, tragiquement décédé, se plaignait de la difficulté de financement.
Mieux vaut donc devenir trader.
Et la pratique des voyages en première classe et des palaces, il y a longtemps que c'est fini.
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vincentm
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« Répondre #17 le: Septembre 06, 2009, 17:22:01 »

Et sans reportage la porte s'ouvre pour une nouvelle période sombre.

De plus en plus souvent, sur des évenements internationaux importants, même sur les chaînes nationales, nous entendons un blabla des rédactions parisienne ponctué d'un "nous n'avons pas d'images pour l'instant".

Si cela continue la prochaine génération se demandera où est le Bangladesh, Le Centrafrique ou le Venezuela.

Au final c'est l'obscurantisme qui gagne.
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Argos
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« Répondre #18 le: Septembre 06, 2009, 17:33:36 »

Il faut toujours se poser des questions.
Ainsi, on affirme souvent que le génocide arménien n'aurait pas été possible avec les moyens d'informations modernes.
Pourtant ceux-ci existaient lorsque le génocide au Rwanda a eu lieu.
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Lictor
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« Répondre #19 le: Septembre 07, 2009, 17:13:23 »

Je me demande si on aborde pas le problème à l'envers...

Déjà, ce n'est pas un problème limité aux photographes. Toutes les disciplines artistiques souffrent depuis plus de dix ans. Allez donc discuter avec des plasticiens, musiciens ou comédiens... Par exemple, mon père qui est comédien gagne aujourd'hui 20% de moins qu'il y a 15 ans - en francs/euros constants! Avec l'inflation, autant dire qu'il a vu son salaire divisé par deux ou plus. Et encore, c'est un privilégié : il a droit à une retraite au dessus du minimum vieillesse.
C'est donc un phénomène de masse, qui touche toutes les disciplines, quasiment sans exception.

Ensuite, on aborde toujours le problème du côté des clients (journaux) et agences, mais jamais du côté du public. Pourtant, il suffit de regarder les photos diffusées pour se rendre compte du problème. On trouve de plus en plus de photos merdique en couverture de la presse - y compris techniquement (pixelisation, teintes massacrées, artefacts d'accentuation ou de compression...). Pire, on trouve de plus en plus de la photo illustrative (image d'archive) plutôt qu'informative (reportage). Côté web, ce n'est pas mieux : la photo (de stock) sert uniquement à remplir un espace pour aérer la mise en page, pas à apporter du signifiant.
Pour bosser régulièrement avec des services marketing web, je peux dire que l'inculture photographique de ces gens là est hallucinante. Au point que certains, et je parle de boites du CAC40, sont capables de faire eux-mêmes du pack shot au compact (avec le flash intégré) et de trouver ça acceptable...

Le problème, c'est aussi que le public a des attentes ridiculement basse en matière de photographie. Il trouve la qualité des photos de son téléphone tout à fait acceptable. Il ne sait pas lire une photographie - normal, on ne l'enseigne pas à l'école. Il n'attend pas que les photos dans son journal apportent autre chose qu'une note de couleur sur sa page.
Et on va retrouver la même non-culture photographique chez le reste des intervenants : web agency, webmasters, journalistes...

Du coup, le marché ne fait que s'adapter : 1€, c'est le prix juste pour une tâche de couleur pour faire égayer une mise en page...
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TheGuytou
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« Répondre #20 le: Septembre 07, 2009, 17:18:10 »

Il Y a eu un petit sujet aux infos de midi, sur France 2 je crois, sur "Visa pour l'image", avec quelques bonnes interrogations.

C'est déjà ça...
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roubitch
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« Répondre #21 le: Septembre 07, 2009, 17:21:54 »


Ensuite, on aborde toujours le problème du côté des clients (journaux) et agences, mais jamais du côté du public. Pourtant, il suffit de regarder les photos diffusées pour se rendre compte du problème. On trouve de plus en plus de photos merdique en couverture de la presse - y compris techniquement (pixelisation, teintes massacrées, artefacts d'accentuation ou de compression...). Pire, on trouve de plus en plus de la photo illustrative (image d'archive) plutôt qu'informative (reportage). Côté web, ce n'est pas mieux : la photo (de stock) sert uniquement à remplir un espace pour aérer la mise en page, pas à apporter du signifiant.

Le problème, c'est aussi que le public a des attentes ridiculement basse en matière de photographie. Il trouve la qualité des photos de son téléphone tout à fait acceptable. Il ne sait pas lire une photographie - normal, on ne l'enseigne pas à l'école. Il n'attend pas que les photos dans son journal apportent autre chose qu'une note de couleur sur sa page.
Et on va retrouver la même non-culture photographique chez le reste des intervenants : web agency, webmasters, journalistes...

Du coup, le marché ne fait que s'adapter : 1€, c'est le prix juste pour une tâche de couleur pour faire égayer une mise en page...
ça se tient...
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baséli
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« Répondre #22 le: Septembre 07, 2009, 19:55:49 »

Le problème, c'est aussi que le public a des attentes ridiculement basse en matière de photographie. Il trouve la qualité des photos de son téléphone tout à fait acceptable.

Du coup, le marché ne fait que s'adapter : 1€, c'est le prix juste pour une tâche de couleur pour faire égayer une mise en page...

J'ai coupé le reste de ton message, mais ce que tu écris est oh combien vrai. Et si ça ne concernait que la photo... Mais tout est à l'avenant. C'est littéralement affligeant.
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TheGuytou
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« Répondre #23 le: Septembre 07, 2009, 22:37:23 »

Il Y a eu un petit sujet aux infos de midi, sur France 2 je crois, sur "Visa pour l'image", avec quelques bonnes interrogations.

C'est déjà ça...

Et ce soir, un petit sujet sur Arles sur FR3 "Provence Alpes", la photo n'est donc pas ignorée, mais on ne peut pas dire que c'est de la grande audience......  Roulement des yeux
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Zouave15
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WWW
« Répondre #24 le: Septembre 08, 2009, 11:24:22 »

Du coup, le marché ne fait que s'adapter : 1€, c'est le prix juste pour une tâche de couleur pour faire égayer une mise en page...

Oui c'est vrai mais le problème n'est pas nouveau : déjà dans les années quatre-vingt-dix, on remplaçait les photos par des éléments graphiques dans les mises en pages. Comme tu le soulignes si bien, la différence entre photo d'illustration et photo d'information n'est pas faite. C'est autant un manque de culture photographique, qu'un manque de culture tout court et une propension à la flemme.

Aujourd'hui on remplace à nouveau les éléments graphiques par des photos parce que le phénomène s'est inversé, et c'est le graphiste qui coûte plus cher.

Quant à l'écrit, les Kessel sont loin. On a maintenant et partout de l'écriture journalistique de base, et la culture blog la généralise. Je crois en plus qu'un texte bien écrit barberait la moitié des lecteurs.

Mais n'est-ce pas aussi la faute aux journaux, qui n'ont pas suffisamment distingué les sujets poussés et les sujets bateaux ?
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stougard
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« Répondre #25 le: Septembre 08, 2009, 11:35:14 »

Aujourd'hui on remplace à nouveau les éléments graphiques par des photos parce que le phénomène s'est inversé, et c'est le graphiste qui coûte plus cher.

C'est plutot un progres pour les photographes.
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Argos
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« Répondre #26 le: Septembre 08, 2009, 11:51:34 »

Preuve que la qualité paie, le quotidien suisse Le Temps a augmenté le nombre de ses lecteurs de presque 9% en un an.
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Lictor
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« Répondre #27 le: Septembre 08, 2009, 14:10:42 »

Oui c'est vrai mais le problème n'est pas nouveau : déjà dans les années quatre-vingt-dix, on remplaçait les photos par des éléments graphiques dans les mises en pages. Comme tu le soulignes si bien, la différence entre photo d'illustration et photo d'information n'est pas faite. C'est autant un manque de culture photographique, qu'un manque de culture tout court et une propension à la flemme.

Oui, tout à fait. C'est plutôt une accélération et une généralisation.
Et, effectivement, c'est un manque de culture et d'esprit critique généralisée. C'est à mon avis l'une des conséquences d'une éducation à la française qui reste très abstraite et un peu méprisante pour l'actualité. On apprend aux élèves à lire Molière (souvent mal), mais pas à avoir un regard critique sur 20 Minutes ou le journal télé... Faire l'analyse d'un journal télé, j'ai dû attendre d'être en université à faire des études d'ingénieur pour le faire - et encore, grâce l'étrangeté d'un cursus particulièrement humaniste.
Autant dire que la majorité des élèves ne se poseront jamais de questions. Dans toute ma scolarité, nous n'avons jamais mis les pieds dans une exposition photo, un musée avec de la peinture... Vérification faite avec ma soeur ado, c'est toujours pareil. Il y a un vrai mépris de l'école française face à l'image.

Citation
Quant à l'écrit, les Kessel sont loin. On a maintenant et partout de l'écriture journalistique de base, et la culture blog la généralise. Je crois en plus qu'un texte bien écrit barberait la moitié des lecteurs.

Pourtant, la culture blog est un peu ce qui sauve le journalisme en ce moment... Le journalisme se résume de plus en plus à reprendre les dépêches AFP entre deux encarts publicitaires. De même, le grand fantasme du moment, c'est l'impartialité du journaliste. Comme si ça pouvait exister et si c'était même souhaitable. Comme si tous les grands journalistes qui ont fait l'histoire avaient eu comme principale qualité leur neutralité...
En plus, on confond souvent impartialité et consensuel voire servile...

Les blogs sont en train de devenir les rares vecteurs d'une vraie information, critique et qui assume ses prises de positions.  Quand à l'écriture du texte, ça n'est pas lié. Il y a des blogs très bien écrits et de la presse écrite où l'on rédige avec les pieds (au point de tenir du gag pour une certaine presse régionale). On retrouve d'ailleurs pas mal de journalistes dans les blogs, qui décompressent ainsi du carcan de la rédaction en exprimant leurs opinions...

Citation
Mais n'est-ce pas aussi la faute aux journaux, qui n'ont pas suffisamment distingué les sujets poussés et les sujets bateaux ?

Tout à fait. C'est une orientation prise par les rédactions sous la pression des investisseurs (dont les fonds de pension qui ont fait un massacre dans la presse) qui cherchent la rentabilité maximale. Une autre pression venant des cabinets d'audit qui cherchent à évaluer la productivité des journaux (avec des critères aussi débiles que le nombre de mots produits à l'heure). Et pour ça, on applique toujours la même démarche :

- la course à l'immédiateté. Il faut la nouvelle tout de suite, pas demain. C'est une course perdue d'avance face au web qui peut viser à l'instantané total (grâce à Twitter notamment). Quand on se place dans cette logique, on signe implicitement la mort du reportage photo (et du reportage tout court) : pas le temps d'envoyer un journaliste ou un photographe à l'autre bout du monde, le temps qu'il arrive, l'information sera obsolète. Les seules photos utilisables dans un contexte immédiat, ce sont les images d'archives et les images d'habillage graphique.
- la consensuel. Pour faire du chiffre, il faut ratisser large. Donc, ne pas choquer, divertir, ne pas fatiguer. Du coup, on va privilégier l'information molle, les marronniers... Lesquels fournissent rarement de bons sujets photos...
- Les sentiments. On ne peut pas faire de l'analyse dans l'immédiat, l'analyse prend du temps à se développer, demande d'étaler les articles sur plusieurs jours... Dans l'immédiat, on ne peut faire appel qu'aux instincts et aux émotions. Et même pas des émotions complexes : il faut du franc du collier, pour voler le lecteur au concurrent. Là encore, on crée un contexte qui n'est pas favorable au photo-journalisme. Ou en tout cas, pas au bon photo-journalisme.
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Zouave15
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WWW
« Répondre #28 le: Septembre 08, 2009, 15:00:13 »

Belle analyse encore.

Au sujet de la culture blog, j'évoquais l'écriture facile. D'un côté c'est bien car ça libère la plume et permet à des gens de s'exprimer, d'un autre ça n'améliore pas la qualité de l'écrit. Je crains que ce soit structurel, et qu'un texte « bien » écrit passe de toute façon mal sur le net. Déjà il y 20 ans quand j'animais des stages d'écrit, on apprenait aux gens l'écriture claire, clarté qui est au détriment de la qualité littéraire le plus souvent (associer les deux, très peu y arrivent). Pour simplement raconter comme Kessel, qui n'est tout de même pas un grand littérateur (je dis ça mais j'adore), il faut laisser aller la plume et l'inspiration, donc se détourner du sujet principal pour mieux le faire saillir. Cela suppose en outre que le lecteur prenne le temps de lire…

Quant à la culture de l'image, plus précisément iconographique… il m'a fallu attendre la prépa à l'agreg pour avoir des cours là-desssus. À bac + 6, beaucoup d'étudiants en étaient encore à s'interroger sur l'abscisse et l'ordonnée, à confondre dessin et schéma, norme et moyenne, à donner des résultats d'une précision supérieure à l'approximation, à mélanger des unités et à ne pas voir que l'information reçue dépendait de la manière dont elle était représentée. Quant à savoir mettre des légendes, c'est une autre histoire !
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Bru
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« Répondre #29 le: Septembre 10, 2009, 22:09:12 »

Ce mois ci, j'ai vendu, entre autres, 8 photos qui me rapportent 2€/photos avant impots. Et c'est à travers une des plus grosse agence de presse en Allemagne.

Le ménage, ça rapporte plus, et ça permet de faire des jolis photos pendant ces temps libres.


Bru
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Dyslexique ou Disslexyque ?
Powerdoc
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« Répondre #30 le: Septembre 13, 2009, 20:24:59 »

Je me demande si on aborde pas le problème à l'envers...

Déjà, ce n'est pas un problème limité aux photographes. Toutes les disciplines artistiques souffrent depuis plus de dix ans. Allez donc discuter avec des plasticiens, musiciens ou comédiens... Par exemple, mon père qui est comédien gagne aujourd'hui 20% de moins qu'il y a 15 ans - en francs/euros constants! Avec l'inflation, autant dire qu'il a vu son salaire divisé par deux ou plus. Et encore, c'est un privilégié : il a droit à une retraite au dessus du minimum vieillesse.
C'est donc un phénomène de masse, qui touche toutes les disciplines, quasiment sans exception.

Ensuite, on aborde toujours le problème du côté des clients (journaux) et agences, mais jamais du côté du public. Pourtant, il suffit de regarder les photos diffusées pour se rendre compte du problème. On trouve de plus en plus de photos merdique en couverture de la presse - y compris techniquement (pixelisation, teintes massacrées, artefacts d'accentuation ou de compression...). Pire, on trouve de plus en plus de la photo illustrative (image d'archive) plutôt qu'informative (reportage). Côté web, ce n'est pas mieux : la photo (de stock) sert uniquement à remplir un espace pour aérer la mise en page, pas à apporter du signifiant.
Pour bosser régulièrement avec des services marketing web, je peux dire que l'inculture photographique de ces gens là est hallucinante. Au point que certains, et je parle de boites du CAC40, sont capables de faire eux-mêmes du pack shot au compact (avec le flash intégré) et de trouver ça acceptable...

Le problème, c'est aussi que le public a des attentes ridiculement basse en matière de photographie. Il trouve la qualité des photos de son téléphone tout à fait acceptable. Il ne sait pas lire une photographie - normal, on ne l'enseigne pas à l'école. Il n'attend pas que les photos dans son journal apportent autre chose qu'une note de couleur sur sa page.
Et on va retrouver la même non-culture photographique chez le reste des intervenants : web agency, webmasters, journalistes...

Du coup, le marché ne fait que s'adapter : 1€, c'est le prix juste pour une tâche de couleur pour faire égayer une mise en page...

Je pense que c'est toute la presse écrite (imprimée devrais-je dire) qui est malade. Et comme le web n'est pas une source de profit pour la presse ...
Le photoreportage ne fait pas exception. L'absence de financement entraine invariablement la qualité vers le bas. Quand il faut tirer sur tout les coûts, le résultat est inéluctable. La qualité à un prix, et si plus personne ne veux la payer, elle disparait.
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Pour la Lotocratie
elmer
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« Répondre #31 le: Septembre 15, 2009, 14:08:01 »

Post très intéressant qui confirme ce que je ressens. Il y a prolifération des médias (surtout web) et il y a donc plus quantité que qualité. Peu de gens dissèquent un cliché et reviennent dessus plusieurs fois pour bien l'appréhender...Pourquoi alors proposer de la qualité ? Une photo de qualité minimale suffit à couper un texte en deux pour laisser respirer le lecteur...
Point aussi à confirmer : il y a peut-être aussi moins de photographes enclin à se faire tirer dessus pour des clopinettes sur les divers théâtres conflictuels mondiaux...
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Canito
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« Répondre #32 le: Septembre 15, 2009, 14:25:54 »

"Point aussi à confirmer : il y a peut-être aussi moins de photographes enclin à se faire tirer dessus pour des clopinettes sur les divers théâtres conflictuels mondiaux..."

Des photoreporters, et talentueux de sucroît, ce n'est pas cela qui manque. De ce point de vue le secteur se porte merveilleusement bien. Il suffit pour s'en convaincre de faire un tour à Perpignan, qui présente chaque année à l'occasion de Visa pour l'Image des choses absolumment époustouflantes.

A l'inverse, et même s'il est vrai que la multiplication du nombre de photographes pourrait laisser penser le contraire, il y a beaucoup de reporters extrêmement bons, mais qui rencontrent des difficultés chaque jour plus importante pour vendre leurs images et financer leurs projets.

Il devient extrêmement difficile pour eux de prévoir des études longues, approfondies. En particulier, suivre un sujet pendant et après un évènement (conflit armé, catastrophe naturelle ou autre) relève quasimment de la mission impossible. Il est déjà difficile de vendre une série de photographies sur un sujet, mais une fois que celui-ci ne fait plus la une de l'activité, bonne chance...
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pphilippe
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« Répondre #33 le: Septembre 16, 2009, 14:22:10 »


Point aussi à confirmer : il y a peut-être aussi moins de photographes enclin à se faire tirer dessus pour des clopinettes sur les divers théâtres conflictuels mondiaux...

Chaque photographe de guerre a ses raisons bien personnels, mais certainement pas l' argent, ni méme la gloire.
Personnellement ce sont les seuls photographes que j'admire, dont j'ai un immense respect et cela quelque soit leurs motivations.
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Canito
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« Répondre #34 le: Septembre 16, 2009, 14:57:01 »

Ils ne sont certes pas uniquement motivés par l'argent (l'époque des grands hôtels, de la gloriole et de l'argent, ça fait belle lurette qu'ell est passée), mais le financement, cela demeure indispensable.
Les reporters sont également ceux que j'admire le plus, et de très loin. Pas forcément de guerre, mais surtout ceux qui sont capables de travailler sur un sujet pendant des années et des années - Zachmann sur la diaspora chinoise, Greene sur la Tchétchénie, etc. Mais vues les conditions actuelles, c'est dur dur.
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