Si votre courbe de LUT de la carte graphique est trop torturée, il vaut mieux refaire un profil ICC SANS calibration, ce qui évitera un banding inévitable (et ne pas utiliser de LUT-Loader). Inconvénient : Les autres applications Windows (jeux etc) n'auront pas la bonne gamma.
La « non-conformité » des couleurs affichées par les applications ne gérant pas les couleurs n’est pas le seul inconvénient auquel on est confronté quand on produit le profil d’un écran qui n'a pas été préalablement corrigé par le chargement d’une table vcgt dans la carte graphique.
En effet, la technologie ICC fait l’hypothèse que l’écran dont on construit le profil à une réponse gamma linéarisée. C’est en particulier ainsi pour les profils de type matriciels, catégorie dans laquelle rentrent en général les profils d’affichages. Ces profils sont définis par un petit nombre de paramètres (les coordonnées trichromatiques des trois colorants primaires et un (ou trois) coefficient gamma). Un tel profil est incapable de modéliser convenablement un affichage dont la réponse n’a pas été corrigée au préalable par le chargement de la trable vcgt, surtout si cette réponse est très « torturée ».
Les profils basés sur une table sont mieux adaptés que les profils matriciels à la description d’un écran à la courbe de réponse torturée, mais ils sont plus rares… Les logiciels Datacolor livrés avec les colorimètres Spyder ne savent, par exemple, produire que des profils matriciels (sauf peut-être l’évolution récente que je n’ai pas encore testée). Mais même pour un profil basé sur une table, ne pas « linéariser » un écran est une petite punition qui peut déboucher sur sur un gamut rétréci…
En conclusion, je rappelle à nouveau une citation que j’ai déjà donnée ici à plusieurs reprises parce que je la trouve très intéressante. C'est une citation de Jack Bingham, le patron (pas très commode) du développement de ColorEyes Display Pro (le meilleur logiciel d’étalonnage d’écran ?) Il a déclaré un jour sur un forum que, pour le développement de son logiciel , il avait parfois à choisir entre 2 objectifs contradictoires :
1 - éviter les ruptures dans les dégradés affichés,
2 - assurer la justesse des couleurs,
Dans cette alternative, il choisissait toujours de privilégier le second objectif.