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Auteur Fil de discussion: NAT'Images n°2 : vos réactions  (Lu 8240 fois)
Stéphane Hette
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« Répondre #50 le: Mars 07, 2010, 14:56:16 »

"Malheureusement aujourd'hui seul le résultat compte, on veut de belles photos tout de suite sans prendre la peine d'observer son sujet. Cela dit je félicite la rédaction pour avoir clairement annoncé la couleur, en espérant que par la suite plus de place sera donnée aux vrais sujets faits par de vrais naturalistes de terrain."

Salut Florent,
Je crois que Christian et Thierry méritent tout autant que toi le noble titre de "vrais naturalises de terrain". D'autre part tant dans le n°1 que dans le n°2 il me semble avoir vu des acteurs de terrains. Je ne suis pas non plus certain que l'on puisse réaliser des photographies sans prendre la peine d'observer son sujet. Tu devrais, à mon humble avis, parfois ponctuer tes interventions de nuances et même si tu as une vision très arrêtée et très personnelle de ce que doit être la photographie nature... Des jugements à l’emporte-pièce desservent bien souvent un discours.

Stéphane
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Christian Beaudin
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« Répondre #51 le: Mars 07, 2010, 21:23:03 »

Et voilà la polémique lancée, sérieusement qui aujourd'hui peut passer des semaines à connaitre le terrain pour faire des photos animalières ? J'ai la chance d'avoir et de rencontrer de nombreux photographes pro animalier, et bien il ne roule pas sur l'or croyez-moi. Donc il faut soit être fortuner et ne pas travailler ou alors être à la retraite, avoir investi dans un camping car et ne faire que cela. Je suis complètement d'accord avec toi Florent, sur l'aspect connaissance naturaliste etc. Mais ayons plus de réserve. Après avoir rencontré Laurent Charbonnier et débattu avec lui sur la manière dont il a filmé les animaux amoureux par exemple, je peux affirmer que tout est prévu à l'avance,  que le cineaste viens pour quelques jour pour le moment opportun du tournage. Il n'y a pas une journée à perdre ou à attendre. Le temps c'est de l'argent ? Moi ce que je trouve vraiment intéressant, c'est le coté démistification de la photo animalière. Nous avons tous nos réseaux de renseignements, des amis, des relations qui surveillent le terrrain et qui t'appelle en disant tiens j'ai vu il y a une heure un oiseau se poser à tel endroit !!!

Il a fallut attendre 40 ans pour qu'on sache que le "Baiser de l'Hotel de Ville" de robert Doisneau était une photographie composé, imaginé par le génial photographe. Pendant toutes ces longues années, on nous a bassiné avec la photo spontanée type Doisneau !!! Alors Huh

Pourquoi la photo animalière serait si différente, je connais des photographes qui sur la Loire, sur les postes de pêche de balbuzards, ont laisser tournoyer sur les radiers un poisson avec un fil dans la gueule, pour savoir ou l'oiseau pêchera.

Cordialement.

Christian.

Et moi je fais pareil avec les oiseaux des jardins et mes graines de tournesol !!!
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Stéphane Hette
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« Répondre #52 le: Mars 08, 2010, 08:13:26 »

Je pense que l'objectif de Nat'images n'est pas de créer des polémiques mais de couvrir tous les champs de la photographies nature tant que ceux-ci sont respectueux du sujet...
D'où la grande variété de reportages après seulement 2 n°. Nous sommes un petit milieu où tout le monde se connait et se croise régulièrement. Il serait dommage de nous déchirer sur nos différences alors qu'elles font la richesse même de notre pratique. Personnellement je demande juste un peu plus de tolérance de la part de chacun d'entre-nous. Il me semble que cela servirait à la fois le discours de protection et éviterait des tensions inutiles et stériles. Si certains font des images que je n'ai pas pu ou su réaliser ça n'est pas systématiquement le fruit d'une pratique éhontée. Quant aux connaissances naturalistes elles sont indispensables évidemment mais parfois tellement redondantes avec l'image qu'il n'est pas nécessaire de les légender... Bien souvent on pratique la nature comme on peut, en fonction de ses moyens et de sa disponibilité et nous ne sommes pas tous égaux sur ces critères. Bref ouvrons-nous un peu à la différence et faisons de temps à autre montre de bienveillance. Enfin ça n'est que mon avis.
Quant à ceux qui trouvent que Nat'images manque de ci ou de ça, plutôt que de le souligner, ce qui certes peut faire avancer le débat, proposez vos dossiers à la rédaction, qui affirme et assume à chaque n° que ce journal est le vôtre Clin d'oeil 

Amicalement,
Stéphane
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Christian Beaudin
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« Répondre #53 le: Mars 08, 2010, 11:16:43 »

Merci Stéphane, pour cette denière intervention. J'avoue être bluffer par la qualité de ce magazine.
Nos différences doivent être une émulation, nous devons nous nourrir de celle-ci pour progresser. Est-ce tes papillons sont de la photo nature ou artistique ? Pour moi la question ne se pose plus, elles sont voilà tout. Et elles sont ta signature, ton style, ta différence qui permet de montrer autre chose autrement.
Ensemble montrons la diversité de nos visions, soyons aussi en cette année de la bio diversité, une photo bio diversité !!!

Amicalement.

Christian.
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Stéphane Hette
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« Répondre #54 le: Mars 08, 2010, 15:32:47 »

Oui Christian préservons aussi la biodiversité aussi chez les photographes Sourire
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ckonig
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« Répondre #55 le: Mars 08, 2010, 18:01:04 »

Quand j'ai discuté avec Guy Michel-Cogné de mon sujet il a tout de suite perçu l'intérêt de parler franchement des affûts payants, ceci sans détour, il n'a quasiment pas retouché mon texte. Je trouve que bien trop de photos d'ours finlandais sont présentées de manière équivoque. Pour moi débourser 175€ par jour c'est un investissement avant tout (c'est le coût nourrit et logé en Hongrie). La photo c'est ma passion, mais c'est aussi mon métier, je savais que mon "sujet" serait un scoop et que j'aurais de grandes chances de récupérer sur mon investissement. Le problème pour moi c'est de faire des images que les autres (et il y en a beaucoup) ne font pas, ou peu. Par exemple je n'ai aucun intérêt à photographier près de chez moi des martins-pêcheurs, ou des guêpiers par exemple, car mes photos seront noyées dans la masse de celles qui existent déjà. Les Pygargues de la Puszta, personne ne l'avait publié avant moi en France, seul Bencé Maté qui a travaillé aux mêmes endroits que moi à dû vendre de telles images en Europe. Je travaille essentiellement en Europe car c'est la faune que je connais le mieux, Faire des photos de pygargue sans payer d'affût, c'est possible, j'ai vu comment a fait le photographe Polonais Grzegorz Lesniewski pour ses photos de pygargue, 3 jours pour installer l'affût avec embourbement du camion jusqu'aux essieux et 4 personnes mobilisées, sans compter le temps passé à la prise de vue, et tout ça je ne peux pas le faire ou, si je le fais cela sera encore plus cher que l'affût payant.

Le côté financier est un axe majeur du travail du photographe professionnel, je suis obligé d'en tenir compte, car je n'ai pas d'autre travail pour payer les photos que je fais, et il me faut encore les vendre. J'ai pris depuis longtemps le parti d'être honnête avec mes images, je ne veux pas prendre les gens pour des gogos, je préfère qu'ils comprennent ce qu'est la réalité de "faire une image" de plus c'est très intéressant de montrer telle ou telle technique pour arriver à réaliser de belles images d'un sujet, images qui ne pourraient être faites autrement. (cf le secret des photographes animaliers volume 2)
Faire de la photo sans manipulation ou entièrement naturelle, c'est possible, mais cela nécessite beaucoup plus de temps sans garantie qu'un autre photographe vous grille le sujet ou que vos photos soient meilleures que si elles avaient été faites avec manipulation ou grâce à une transaction. Guy Michel me disait qu'il était heureux car de tels sujets lançaient un véritable débat, et il avait raison, c'est ce qui se passe ici.

J'aime produire des belles images, c'est mon principal moteur, car ce sont des outils indispensables à la protection de notre environnement, si le sujet est respecté je fais les images (pas dérangé, pas tué, pas mis au frigo etc) ceci bien sûr en pondérant tous ces facteurs selon l'importance du sujet et l'impact de la manipulation ou de la présence du photographe. Je suis rentré il y a trois jours de la station Biologique de Roscoff, et la semaine passé là-bas à été très productive. Toutes mes images ont été le fruit de manipulations, animaux captifs, studio, aquariums de prise de vue... Et pourtant avec mes images j'ai pu emmener bien loin les spécialistes de la faune marine présents sur place. Pour moi si dans le respect du sujet j'emmène la personne qui regarde ma photo dans un autre monde ou si je lui fais partager un instant de vie d'un animal, mon but est atteint la façon d'arriver pour faire cette image est secondaire.

Ne croyez pas que s'il y a manipulation, ce sera facile de faire une belle photo, par exemple pour cette anémone d'environ 5mm, que je connais depuis plus de quinze ans, c'est seulement la semaine passé que j'ai réussi ce que je voulais

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« Répondre #56 le: Mars 08, 2010, 20:27:40 »


J'aime produire des belles images, c'est mon principal moteur, car ce sont des outils indispensables à la protection de notre environnement, si le sujet est respecté je fais les images (pas dérangé, pas tué, pas mis au frigo etc) ceci bien sûr en pondérant tous ces facteurs selon l'importance du sujet et l'impact de la manipulation ou de la présence du photographe. Je suis rentré il y a trois jours de la station Biologique de Roscoff, et la semaine passé là-bas à été très productive. Toutes mes images ont été le fruit de manipulations, animaux captifs, studio, aquariums de prise de vue... Et pourtant avec mes images j'ai pu emmener bien loin les spécialistes de la faune marine présents sur place. Pour moi si dans le respect du sujet j'emmène la personne qui regarde ma photo dans un autre monde ou si je lui fais partager un instant de vie d'un animal, mon but est atteint la façon d'arriver pour faire cette image est secondaire


En tout cas bravo pour ta sincérité Christian. 
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damonphi
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« Répondre #57 le: Mars 08, 2010, 23:41:46 »

Bonsoir à tous,
Je ne pensais pas en entrant dans ce forum rencontrer des photographes aussi expérimentés, des personnes ayant une aussi grande pratique de la photo et connaissant autant de monde dans ce milieu. Tant mieux pour moi, cela va m'aider à progresser dans le sens que je souhaite. Hier, nous avons fait une balade autour de Coulommiers, le temps était clair mais pas de "gibier" en vue, quand aux fleurs, elles étaient encore sous terre. Mais nous avons longé une petite rivière, l'Aubetin (1ère catégorie pour les amateurs  Sourire ).
J'ai fait quelques photos, dont celle-ci. je n'ai aucune prétention dans cette prise de vue, j'essaie surtout de ne plus me précipiter, de faire attention au cadrage,.. et de titer profit des caractéristiques de mon appareil qui parfois me surprennent dans le bon sens mais involontairement. Si cela intéresse quelqu'un, je le remercie par avance de ses critiques sur cette pdv faite avec le soleil presqu'en face, à gauche.
Il est vrai qu'aujoud'hui je ne me sentirais pas à l'aise avec un 600/2,8 sur mon bitier, j'aurais l'air un peu "déplacé", comme si j'était au volant d'une Ferrari...  Clin d'oeil
Mais c'est en se promenant et en regardant son travail que l'on peut faire son auto-critique en acceptant celle des autres, surtout quand celles-ci viennent de personnes qui ont beaucoup plus d'expérience et de terrain.
Bonne continuation à tous,
Très cordialement,
Philippe


* Aubetin.jpg (168.76 Ko, 1000x666 - vu 374 fois.)
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Stéphane Hette
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« Répondre #58 le: Mars 09, 2010, 08:59:43 »

Bonjour Philippe,
Tu auras sans doute plus de chance d'avoir des critiques à la rubrique  FORUM CRITIQUE : http://www.chassimages.com/forum/index.php/board,22.0.html
Il n'y a pas de honte à avoir un Ferrari si cela t'es possible et te fait plaisir Clin d'oeil
Sur ta photo on semble voir à droite un grillage, un cadrage vertical aurait éviter ça tout en conservant et remettant au coeur de l'image son sujet : la rivière.
De même pour éviter le contre jour et mettre en avant le "petit barrage" tu aurais peut-être dû aller un peu plus loin et prendre la photo dos au soleil en montrant ce détail de face plutôt que de dos...
Amicalement,
Stéphane
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Stéphane Hette
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« Répondre #59 le: Mars 09, 2010, 09:00:18 »

http://www.facebook.com/search/?q=nat%27images&init=quick#
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el justino
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« Répondre #60 le: Mars 09, 2010, 14:03:20 »

On connait tous autour de soi un photographe qui a shooté un cerf dans un parc et qui fait croire qu'il est resté couché dans la boue pendant des heures, pour réaliser le cliché.
tu as des noms?.. Grimaçant

quant au numéro 2,je l'ai pas encore lu,même si j'ai adoré le premier,il m'avait été offert par une charmante dame.. Roulement des yeux
d'ailleurs,si une bonne âme pouvait m'envoyer gratos la nouvelle mouture,ça serait gentil..voyez vous,j'ai mis tous mes sous dans mon matos.. Souriant Souriant Souriant
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Lumières éternelles
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« Répondre #61 le: Mars 09, 2010, 15:36:55 »

Bien sûr que seul le résultat compte...

Mais quand on passe des dizaines d'heures à préparer un affût, puis aller aux séances dans le froid et la neige et que seulement au bout d'un mois de travail on récolte le fruit de ses efforts, je ne pense pas être moins méritant que quelqu'un qui aura passé deux jours dans un affût à l'abri en déboursant deux billets de 100 euros. Je suis professionnel, l'excuse de la rentabilité me concerne donc également...

Si on me qualifie d'intégriste alors que tous mes sujets animaliers sont le fruit de mes propres repérages et ne sont dûs à aucune intervention extérieure, je préfère dans ce cas l'adjectif de "vrai" photographe. A mon sens un photographe doit présenter une démarche entière qui l'authentifie et permet de juger sa valeur, les affûts payants sont déjà une voie détournée de faire de la photographie animalière.

Cela dit, cher Théo.fr, mes propos n'étaient proférés de manière exagérée, j'ai exposé mon point de vue sans ambages et je trouve louable de le faire librement sur un forum, chacun pense comme il veut...


Florent.
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« Répondre #62 le: Mars 09, 2010, 16:26:59 »

heu, je peux ?
Je ne suis qu'un simple auteur photographe qui tend (depuis trente cinq ans) à essayer d'amortir les énormes investissements réalisés tout au long de sa carrière de photographe naturaliste ( voir mon copyrigt chez naturimages), et je suis assez étonné de voir arriver sur le marché de l'image nature des petits nouveaux "connus" qui ont découvert la photographie des animaux en même temps que la technologie numérique.
La donne a beaucoup changé dans notre domaine, notemment avec les concours photo où un nom "se fait" sur quelques images, alors que le travail du photographe de nature est quand même bien autre chose que de réaliser un coup sur un affût payant, ou sur un spot échangé avec un collègue sympa.
je me moque éperduement de ces images réalisées au chaud dans un affût à vocation marchande, ça ne m'intéresse pas , mais je conçois que celà puisse exister, ne serait ce que pour permettre à des espèces rares de survivre grâce aux subsides versés par le touriste photographe.
Pour moi, l'image rapportée d'une rencontre naturelle n'est qu'un prétexte pour vivre des moments privilégiés dans un cadre sauvage et naturel. l'utilisation qui peut en être faite par la suite est une autre affaire, qui demande d'avoir d'autres compétences dans des domaines divers, comme le commercial, la gestion et le relationel. La "soif d'images vite réalisées" est bien tentante pour qui doit vivre de son travail ou satisfaire son besoin de reconnaissance, et elle donne lieu à des comportements qui peuvent être critiquables.
Le chemin que prend la photographie d'animaux dits "sauvages" me semble bien tristounet: il semble que l'acquisition de matériel performant en soit l'élément déterminant, ou du moins celui qui détermine le choix de l'activité. Autrefois, le naturaliste devenait photographe par nécéssité, aujourd'hui on croit devenir naturaliste parce qu'on a tofé un ours en finlande et que c'est un sujet hors de portée de l'amateur lambda, qui force donc le respect ! que faire du simple quidam qui tofe des lièvres dans son coin de campagne ? alors que c'est un exercice hautement plus délicat qu'une poignée d'aigle devant un panier de poissons, ou dix ours devant un charnier.
quand je vois que sur un fil de la section nature de ce forum on ne sait pas encore forcément distinguer un cerf d'un chevreuil, je me dit que tout est à faire, et que cette revue devrait aussi servir à éduquer sur le plan naturaliste qu'à donner envie de s'exporter sur des spots à fric...
voilà j'ai dit ce que je pensais, et celà ne s'adresse à personne en particulier. Aujourd'hui je penses que notre activité préférée souffre du même mal que celui de notre monde: la médiatisation et la reconnaissance à tout prix. On veux tout voir, tout vivre sans délais, la société du "tout tout de suite" car on n'a pas le temps de prendre le temps...

René Reboux.
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Stéphane Hette
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« Répondre #63 le: Mars 09, 2010, 17:35:05 »

Bien sûr que seul le résultat compte...

Mais quand on passe des dizaines d'heures à préparer un affût, puis aller aux séances dans le froid et la neige et que seulement au bout d'un mois de travail on récolte le fruit de ses efforts, je ne pense pas être moins méritant que quelqu'un qui aura passé deux jours dans un affût à l'abri en déboursant deux billets de 100 euros. Je suis professionnel, l'excuse de la rentabilité me concerne donc également...

Si on me qualifie d'intégriste alors que tous mes sujets animaliers sont le fruit de mes propres repérages et ne sont dûs à aucune intervention extérieure, je préfère dans ce cas l'adjectif de "vrai" photographe. A mon sens un photographe doit présenter une démarche entière qui l'authentifie et permet de juger sa valeur, les affûts payants sont déjà une voie détournée de faire de la photographie animalière.

Cela dit, cher Théo.fr, mes propos n'étaient proférés de manière exagérée, j'ai exposé mon point de vue sans ambages et je trouve louable de le faire librement sur un forum, chacun pense comme il veut...

Florent.

Bonjour Florent,
Je n'ai pas dit que tu étais intégriste je dis juste que d'autres formes de photographies peuvent exister quand bien même elles ne seraient pas nature...
Bien sûr que chacun pense comme il veut et heureusement. Je reste pour ma part, comme je te l'ai déjà dit de vive voix, persuadé que nous pouvons tous coexister et que de cette diversité de regards peut servir un discours commun autour de la nature. Car il ne faut pas exagérer la plupart des photographes qui photographient la nature le font par passion. Le "business nature" décrier par certains existe-t-il vraiment ? Qui connait des photographes nature qui roulent sur l'or ? Beaucoup on un métier à côté ou font de la photo alimentaire pour justement nourrir cette passion.

Puisse que sur un forum il est effectivement louable de se parler sans ambages je crois qu'on devrait un petit moins se tirer dans les pattes et un petit peu plus être solidaires... non ? Pourquoi vouloir à tout prix graduer sa pratique si ça n'est pas pour la mettre au dessus de celles des autres ? Je n'ai pas le sentiment d'être en compétition, il ne s'agit pas d'une course de vélo avec un premier et un dernier. Je ne vois pas l'intérêt de tenir un discours entretenant les discordances ou de faire du prosélytisme pour telle ou telle pratique. Imagine la gueule des marres si tout le monde faisait les photos se mettait à faire de la photo subaquatique... Et celles des sentiers si tous les photographes nature organisaient des stages macros edelweiss. Il est heureux que chacun pratique comme il veut et en fait comme il peut le plus souvent. Le public de la photographie nature est conscient de la difficulté de chaque prise de vue soit rassuré et c'est lui accorder que peu de confiance que de croire le contraire.
 
Amicalement,
Stéphane
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ckonig
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« Répondre #64 le: Mars 09, 2010, 17:52:21 »

Bien sûr que seul le résultat compte...

Mais quand on passe des dizaines d'heures à préparer un affût, puis aller aux séances dans le froid et la neige et que seulement au bout d'un mois de travail on récolte le fruit de ses efforts, je ne pense pas être moins méritant que quelqu'un qui aura passé deux jours dans un affût à l'abri en déboursant deux billets de 100 euros. Je suis professionnel, l'excuse de la rentabilité me concerne donc également...

Si on me qualifie d'intégriste alors que tous mes sujets animaliers sont le fruit de mes propres repérages et ne sont dûs à aucune intervention extérieure, je préfère dans ce cas l'adjectif de "vrai" photographe. A mon sens un photographe doit présenter une démarche entière qui l'authentifie et permet de juger sa valeur, les affûts payants sont déjà une voie détournée de faire de la photographie animalière.

Cela dit, cher Théo.fr, mes propos n'étaient proférés de manière exagérée, j'ai exposé mon point de vue sans ambages et je trouve louable de le faire librement sur un forum, chacun pense comme il veut...


Florent.

Tu as raison Florent je préférerais préparer mon affût et y passer un mois, j'ignore comment c'est dans ta région mais pour moi et pour des photos d'oiseaux c'est un peu du passé, car pour avoir un affût comme tu le dis il faut que ce soit près de chez toi, et dans ma région j'ai de bons sites, mais je connais au moins trois photographes qui le font depuis quelque temps et qui vendent leurs images à des agences, en 2003 j'étais seul dans mon coin pour le faire, mais plus maintenant. J'avoue que j'ai toujours cherché l'originalité dans mes choix de sujets, et quand il y a trop de monde je me retire, d'un côté cette situation me stimule, mais j'avoue que des fois je fatigue à courrire après l'originalité.  Cependant, j'ai le projet, si j'ai le temps l'an prochain, de travailler sur le plus grand des mustélidés européens, tout en milieu naturel.
Mais je dois impérativement investir au minimum 6 semaines pour le faire, et c'est peut-être le plus difficile pour moi. Mais sois sûr que j'y pense depuis longtemps et que cela se précise de plus en plus. Un autre de mes projets " en nature" tourne autour de la Genette, peut-être que je pourrais faire les deux en parallèle pour une certaine part.
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Stéphane Hette
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« Répondre #65 le: Mars 09, 2010, 17:56:47 »

Bonsoir René,
Je suis certain que l'on peux faire "un carton" avec des sujets proches de nous... David Meïer l'a prouvé de fort belle manière à Montier en Der avec son livre sur la faune locale.
Et avant lui Remy Courseaux avec ses garennes.
Ce que tu décris sur les cerfs et les chevreuils je l'ai vécu avec les papillons lorsque certains me reprochant de voir des papillons à 4 pattes alors qu'un entomo un tout petit peu qualifié sait très bien que nombre d'espèces ont les antérieurs repliés presque en permanence.
Sur un forum ou ailleurs les gens peuvent apprendre, il ne faut pas être en colère si ils ignorent des chose, il faut bien débuter à un moment ou à un autre...
Quant à la médiatisation et la reconnaissance à tout prix je ne sais pas si on peut contrôler ce truc, ce sont des choses qui dépendent du désir des autres et sur lesquelles nous n'avons pas de prise. Faisons chacun de notre mieux, des fois ça marche et des fois non. Je crois, en tout cas je parle pour moi, que nous faisons d'abord les choses pour nous si cela plait aux autres c'est du hasard ou de la chance voir les deux, en tous les cas cela permet parfois de continuer à faire avant tout ce que l'on aime.   
Je me sens vivant et heureux quand je photographie je pense qu'il en est de même pour les autres comment pourrait-il en être autrement... Il y a tellement de façons de gagner de l'argent plus facilement qu'en faisant de la photographie, nature qui plus est.

Amicalement,
Stéphane
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« Répondre #66 le: Mars 09, 2010, 22:03:39 »

Il y a tellement de façons de gagner de l'argent plus facilement qu'en faisant de la photographie, nature qui plus est.
Je suis bien de ton avis. Je vois dans Nat'images un magazine nature bien de son temps. Conscient des approches diverses existantes. Dressant un état des lieux il nous parle des relations multiples que l'on a à la nature. Qui d'entre nous oserait affirmer être dans l'orthodoxie d'une relation naturelle à la nature. Nous avons des horizons culturels différents. Le simple fait de faire un portrait photo pour certaines ethnies humaines signifie voler leurs âmes. Et les oiseaux ils en pensent quoi? Le fait même de se cacher pour figer leur vie intime est sujet à caution. Une sorte de voyeurisme non avoué. Et quand le fric s'y mêle la perversion est totale. Donc grossièrement tous pourri. Voici la caricature d'un fil des plus enrichissants ou je me rends compte que chaque participants aux opinions personnelles sincères a conscience que les frontières entre la nature et l'homme ont changé. Celle ci est devenue un espace et un enjeu médiatique. On peut déplorer ou apprécier ce fait. Au milieu il y a des gens honnêtes qui essayent de vivre de bonne foi ce monde complexe. 
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« Répondre #67 le: Mars 10, 2010, 09:08:41 »

Je suis bien de ton avis. Je vois dans Nat'images un magazine nature bien de son temps. Conscient des approches diverses existantes. Dressant un état des lieux il nous parle des relations multiples que l'on a à la nature. Qui d'entre nous oserait affirmer être dans l'orthodoxie d'une relation naturelle à la nature. Nous avons des horizons culturels différents. Le simple fait de faire un portrait photo pour certaines ethnies humaines signifie voler leurs âmes. Et les oiseaux ils en pensent quoi? Le fait même de se cacher pour figer leur vie intime est sujet à caution. Une sorte de voyeurisme non avoué. Et quand le fric s'y mêle la perversion est totale. Donc grossièrement tous pourri. Voici la caricature d'un fil des plus enrichissants ou je me rends compte que chaque participants aux opinions personnelles sincères a conscience que les frontières entre la nature et l'homme ont changé. Celle ci est devenue un espace et un enjeu médiatique. On peut déplorer ou apprécier ce fait. Au milieu il y a des gens honnêtes qui essayent de vivre de bonne foi ce monde complexe. 


Salut, je pense que tu résumes assez bien le questionnement qui réside dans les esprits des anciens praticiens de cette activité, qui je le rappelle fut autrefois montrée comme un passe temps de doux dingues, exercé d'ailleurs en comité assez restreint.
Ce qui me surprends le plus actuellement c'est la facilité avec laquelle on démarre aujourd'hui dans ce que certains appellent : l'animalier! (terme peu adapté à la circonstance).
je n'affirme pas être entré en religion lorsque j'ai choisi de faire des images d' animaux que je croisait lors de mes escapades naturalistes, je devais simplement le faire pour illustrer mes observations et pour constituer un fond d'images à vocation scientifique.
Aussi,  voir l'arrivée de nouveaux pratiquants comme si cette activité n'était qu'un simple loisir auquel l'on peut s'adonner sans aucune préparation, ni adhésion à un principe quelconque me pose question. Sur le terrain cette méconnaissance de la faune sauvage est une calamité, et l'on observe sur des événement comme le brâme du cerf, largement médiatisé, des comportements véritablement écoeurants.
Que dire des autres amateurs du genre, qui au nom d'une éthique inventée de toute pièce s'offusquent à l'inverse du comportement de celui qui attrape un serpent pour le photographier, ou pose un crapaud sur une touffe de sphiagne pour faire un image agréable.
Que dire de la guerre des genres et des pratiques, où le billebaudeur se voit qualifié de gêneur par les affûteurs, des dénonciations auprès des gardes et vigiles dans les propriétées privées, images à l'appui, des concurrences qui se créent au sein d'un département entre des gens qui ne se connaissent même pas...par média interposés, expo, article de presse etc...
Le fameux partage des émotions, auquel j'adhère toujours, est la seule motivation qui subsiste en ce qui me concerne pour montrer mes images.
Bon vent,
rené.


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David T.
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« Répondre #68 le: Mars 10, 2010, 12:42:03 »

Intéressante discussion...

Je vois autant de sincérité dans les propos de C. Konig que ceux de F. Cardinaux. Je crois que c'est surtout cela qui est important, et je ne juge aucun des deux.
Mais les pratiques auxquelles fait allusion RR Nikon sont hélas bien réelles (sans être un intégriste de la protection, je trouve par exemple assez peu sympathique pour un amphibien qui part se reproduire de se retrouver, même temporairement, dans un studio pour être photographié avec un fond blanc...).
Je pense qu'avec l'essor de la photo de nature (grâce au numérique) les affûts payants, organisés par des structures adaptés, sont loin d'être la plus mauvaise des solutions, y compris pour le retour économique pour les structures de protection qui les gèrent. Et de toutes façons, de savoir que cela existe et que certaines des plus belles photos que l'on a pu voir en sont issues, peut permettre de limiter certains comportements, même naïfs, qui conduisent au dérangement des espèces.
A l'inverse, certaines personnes préfèreront être encadrées, et se retrouver dans un stage en immersion aux côtés d'un photographe naturaliste de terrain.

Enfin, n'oublions pas que la photo de nature ce n'est pas que la photo animalière. Tous les photographes de nature pros ne font pas de l'animalier. En ce qui me concerne, je prends plus de plaisir naturaliste avec une paire de jumelles qu'avec un appareil photo, ce qui ne m'empêche pas de faire des photos "avec de la nature dedans", mais c'est pour moi une toute autre démarche.
Amitiés.
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Stéphane Hette
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« Répondre #69 le: Mars 10, 2010, 15:29:10 »

Intéressante David certainement, mais tout de même désolant de voir que chacun cherche à imposer sa vision de ce que doit être la photographie nature sans chercher à savoir comment procède réellement l'autre. Ce qui entraîne un climat du suspicion permanente et une ambiance délétère sur bien des forums...
Comme tu l'as souligné, la sincérité des différents intervenants ne me semble effectivement pas au cœur du débat. Toutefois il me semble qu'il s'agit d'un débat microscopique dans un tout petit microcosme. Pour moi qui vit dans un trou où même pour la boulangère je suis le "mari de l'instit" j'ai du mal à comprendre ce débat qui me semble en fait très "parisien".
Le plus connu des photographes nature n'arrivera jamais à avoir la notoriété de n'importe quel débile de la TV réalité... Arrêtez quelqu'un dans la rue et demandez lui qui sont Vincent Munier, Frantz Lanting et Nick Brandt ou qui a gagné le dernier BBC les réponses seront édifiantes. Je pense que celui qui rêve de gloire, de notoriété ou de fortune en pratiquant, ce qui peut être également un loisir : la photo nature, doit revoir rapidement ses ambitions à la baisse sous peine d'être terriblement déçu à l'heure où beaucoup de photographes expérimentés et reconnus ont déjà bien du mal à se projeter sereinement dans l'avenir. La photographie nature comme la photographie en général, est un peu comme le sport : beaucoup de pratiquants finalement peu de places en D1.
Quant aux passionnés débutants qui font des erreurs sur le terrain, un magazine ou un forum peuvent (et doivent) être des espaces de pédagogie... Beaucoup de personnes sont pleines de bonne volonté ce qui ne les empêchent pas de faire parfois des âneries. Les mauvais cons prêts à tout pour faire une bonne image ne sont pas légion... et parviennent-ils à faire des bonnes images ? C'est comme les tricheurs aux concours ça n'est pas parce qu'on parle plus d'eux que de tous les autres qu'ils sont les plus nombreux...
Amicalement,
Stéphane
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« Répondre #70 le: Mars 10, 2010, 21:10:26 »

"Je suis certain que l'on peux faire "un carton" avec des sujets proches de nous... David Meïer l'a prouvé de fort belle manière à Montier en Der avec son livre sur la faune locale.
Et avant lui Remy Courseaux avec ses garennes. "

Je suis d'accord, c'est sûr même. Mais pour cela il faut avoir un job genre fonction public et encore mieux dans l'éducation national si on n'est pas un pro. Produire en si peu de temps, entre la recherche les planques, c'est permis que si on a beaucoup mais beaucoup de temps libre avec beaucoup de talent et comme j'ai pu le lire on ne laisse plus de temps au temps. Je ne veux bien entendu pas lancer de polémique du débat habituel plublic-privé qui n'a pas lieu d'être ici. Mais c'est un fait pour faire de la bonne photo de naturaliste (je distingue volontairement de l'animalier) il faut avoir de la disponibilité.
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« Répondre #71 le: Mars 10, 2010, 23:16:36 »

"Je suis certain que l'on peux faire "un carton" avec des sujets proches de nous... David Meïer l'a prouvé de fort belle manière à Montier en Der avec son livre sur la faune locale.
Et avant lui Remy Courseaux avec ses garennes. "

Je suis d'accord, c'est sûr même. Mais pour cela il faut avoir un job genre fonction public et encore mieux dans l'éducation national si on n'est pas un pro. Produire en si peu de temps, entre la recherche les planques, c'est permis que si on a beaucoup mais beaucoup de temps libre avec beaucoup de talent et comme j'ai pu le lire on ne laisse plus de temps au temps. Je ne veux bien entendu pas lancer de polémique du débat habituel public-privé qui n'a pas lieu d'être ici. Mais c'est un fait pour faire de la bonne photo de naturaliste (je distingue volontairement de l'animalier) il faut avoir de la disponibilité.

Je me souviens d'une interview dans CI d'un photographe (désolé j'ai oublié son nom!) qui partait faire des photos dès 4-5 h du matin à la belle saison avant d'aller à son travail. Repérage des lieux à l'avance pour ne pas perdre trop de temps le matin...Privé, public, ce débat n'a pas lieu d'être comme tu le dis ici. Le temps passé à une passion, on peut généralement se le créer si on le veut vraiment.
Pour en revenir, au n°2 de Nat'images, je l'ai nettement préféré au n°1: beaucoup de photos dans ce numéro, je trouvais le n°1 un peu trop centré sur les photographes (trop d'interviews concentrés dans un seul numéro)

Jean-Pierre
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« Répondre #72 le: Mars 10, 2010, 23:45:05 »

Je me souviens d'une interview dans CI d'un photographe (désolé j'ai oublié son nom!) qui partait faire des photos dès 4-5 h du matin à la belle saison avant d'aller à son travail. Repérage des lieux à l'avance pour ne pas perdre trop de temps le matin...Privé, public, ce débat n'a pas lieu d'être comme tu le dis ici. Le temps passé à une passion, on peut généralement se le créer si on le veut vraiment.

AMHA, il s'agissait de Vincent Favarel (pseudo V. Dragonfly) et ses "ailes du petit matin", publiés...dans l'avant-dernier Photofan N°26.


* photofan 26.jpg (119.56 Ko, 391x500 - vu 511 fois.)
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« Répondre #73 le: Mars 11, 2010, 10:15:06 »

Bien sûr, chacun pratique la photographie nature selon sa propre vision et je respecte le travail de chacun, tant il est vrai que aujourd'hui c'est un secteur en crise. Pour ma part j'essaie de traiter des sujets animaliers précis et de moins m'éparpiller pour travailler plus en profondeur et rapporter des images plus belles au niveau composition et lumière. J'ai aussi en tête de nouveaux sujets inédits à développer pour apporter un regard différent, mais jamais je ne m'abaisserai à la pratique des affûts payants.

Devant la recrudescence de cette pratique des affûts payants, j'ai pensé à un moment mettre en place un programme d'affûts sur le faucon pèlerin sur lequel je travaille dans le Jura. Beaucoup d'amateurs seraint prêts à dépenser 150 euros par jour pour photographier cette espèce rare, mais pour contredire les propos d'un intervenant plus haut, un photographe professionnel qui vend ses images n'exploite pas la nature, en tous cas ce n'est pas mon cas. C'est donc avec sagesse que j'ai renoncé à ce projet qui aurait pu nuire à l'espèce en amenant des gens étrangers sur un site sensible, et pourtant j'aurais pu gagner beaucoup d'argent...

Le vrai problème est plus dans l'aide apportée aux photographes, malgré les discours éclogistes dans les medias, le travail des photographes nature reste traité de façon marginale et chacun essaie de vivre de bouts de ficelle, difficilement. C'est bien par passion que je continue dans cette voie, car sinon il y a bien longtemps que j'aurais fermé butique...


Florent.
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« Répondre #74 le: Mars 11, 2010, 13:13:26 »

A la lecture de l'article de Thierry Vezon, je me suis dit : "Tiens, c'est étonnant, un photographe averti comme Thierry s'aperçoit seulement maintenant que le rapace adapte sa technique de pêche selon la direction du vent !!?...Le fait d'être dans un affût payant a semble-t-il aiguisé ses sens d'observation. Suite à cette expérience, je parie que Thierry va désormais être plus attentif à la façon dont les oiseaux qu'il photographie ordinairement se présentent selon le vent."

Vous savez tous sur Chassimages que Stéphane Raimond a mis en place, quant à lui, un affût payant pour les loutres : qui ici viendra dire que c'est une initiative nulle de chez nulle ? Et que c'est pour exploiter la nature ? La mise en place de cet affût payant est-elle une bonne ou une mauvaise chose ? La généralisation d'affûts à loutres payants auprès des pisciculteurs sera-t-elle une bonne ou une mauvaise chose ?

Ceci pour dire qu'il y a des avantages et des inconvénients à toutes choses. Il y a des affûts complètement nuls et des affûts très bien pensés grâce à une expérience de terrain très pointue. Pourquoi alors cette animosité épidermique envers les affûts payants, même quand ils sont parfaitement pensés et qu'ils s'avèrent au final bénéfiques en termes d'éco-tourisme et d'expériences humaine, naturaliste et photographique ?

Il y a chaque jour des tas d'ornithologues qui paient pour participer à des voyages organisés afin de voir et de cocher des oiseaux aux quatre coins du globe. Cette activité économique ne dérange aucun photographe animalier, elle n'est décriée par aucun photographe animalier. Et pourquoi ? AMHA, parce que la plupart de ces ornithologues ne prennent pas de photo...et par conséquent ne rentrent pas en concurrence. Je pense que si les gens allaient visiter les pygargues, les chouettes Harfang, les loriots en affûts payants sans faire de photo, il y aurait beaucoup moins de tension.

Pour parler de ce que je connais, j'ai vu ma gosse totalement émerveillée, sans réaction et sans voix dans un affût flottant payant (elle a été invitée à titre gratuit mais ordinairement il aurait fallu payer...) : à 4H00 (!) du matin, par le passage d'une grande aigrette, silhouette blanche se détachant sur une aube bleue parcourue çà et là de brumes matinales, marchant à moins de deux mètres de la petitesans aucune méfiance, séparée qu'elle était d'elle par une mince baie vitrée panoramique sans tain. Autour des mares aménagées, elle a observé et admiré pour la première fois de sa vie près de 40 espèces d'oiseaux en moins de 3 jours dont un magnifique autour des palombes : en les voyant évoluer, elle a retenu les noms de ces oiseaux presque instantanément que la lecture répétée de guides d'oiseaux sur plusieurs mois n'aurait pas abouti à ce résultat inespéré. Elle a pu comparer la méfiance des uns et des autres à l'approche du point d'eau, elle a remarqué que la grive musicienne était parmi les plus méfiantes, elle a observé le caractère de chacun notamment le caractère batailleur des gros-becs, elle a noté grâce aux commentaires de son guide comment tout d'un coup tous se figent et tous se dispersent à l'approche d'un rapace dont la venue a été détectée et signalée en amont par d'autres oiseaux, accessoirement elle a appris comment aménager avec art des affûts efficaces et comment photographier les comportements naturels des oiseaux sauvages en trompant leur vigilance...à contrario, elle a appris sans mot dire qu'il n'était pas envisageable que tout le monde y aille de son affût personnel en forêt sans la dévaster.

Sur le plan humain, ma puce a appris que "ISO, aperture, speed, sharp, not sharp, good, not good" formaient, en complément du langage du corps et des mains, un noyau de mots universels et suffisants pour communiquer efficacement et plaisamment entre photographes d'horizons différents et de langues différentes.

Toute cette expérience acquise par ma puce, comment lui aurais-je donné cela sans avoir été aidé par un maître d'oeuvre très compétent d'affûts payants ? Cela aurait été tout bonnement impossible. Le plus dur a été de ne pas payer ce dernier pour ce que ma puce a reçu en partage. Un jeune gars sans diplôme qui fait cela - et qui fait cela bien - pour en tirer sa subsistance dans un pays de l'Europe de l'est méritait pour le moins d'être gratifié. Quant à utiliser les photos pour les concours, c'est à chacun de faire la part de son mérite respectif dans l'aventure et d'agir en son âme et conscience. Le maître d'oeuvre des d'affûts ne saurait être incriminé pour l'usage qui en est fait à postériori par ses visiteurs.
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