Bonsoir à tous,
Ici, un exercice de style à partager, pas vraiment la photo pour en mettre plein la vue aux internautes.
Et puis un moment particulier.
Suite à la rencontre d'un habitué du forum, une simple question d'exercice, de rencontre : "Au fait, pourquoi tu n'as pas photographié la dame avec son chien ?".
Au fait, oui, pourquoi ? Une nouvelle manière d'appréhender mon sujet peut être...
Entrer en contact et laisser une trace de son passage : échange, temps, tirage en retour. Tout ce que je ne fais pas "naturellement".
Il me reste 2 jours de vacances et pas moyen de les croiser ensemble.
Le jours du départ, ils sortent. Je suis en train de charger la voiture. Tout de suite, je me dis que je ne risque pas d'avoir d'autres occasions. Donc, de suite, je rentre en contact.
La dame très gentille, son chien, plutôt (c'est pas son nom, hein...) en sur-poids, arthrose, et surtout un peu trop vieux. Il doit marcher à 2 à l'heure, et ne supporte pas de marcher 20m sans s'écrouler sur le sol. On échange quelques phrase, j'ai aussi un chien, ça aide. Mais elle me dis qu'elle s'en va. De tout manière mon boîtier est dans l'hôtel, en haut, dans son sac. Tant pis, au moins, j'ai fait le premier pas.
Celui qui est le plus important à mes nouveaux yeux de photographe.
Dans l'espoir de son retour, je laisse mes affaires là ainsi que la dame qui s'en va en voiture, je monte et prends le sac photo.
Arrivé en bas, elle est déjà rentré et se gare à côté de ma voiture : l'aubaine du siècle ! (enfin, toute proportion gardée, bien entendu...)
J'en profite, je lui demande l'autorisation de la photographiée, elle et son chien. Elle me dit : "oui, bien sur". Je souris. Elle sourit à son tour. J'ai déjà gagné plus que mes photos.
Le boîtier en main, mon 24mm et mes réglages, F8 parce qu'il y a beaucoup de soleil et surtout, c'est le premier exercice du genre, donc je me garantis un peu de net sur mes photos.
Je suis fébrile, en me demandant comment je vais bien remplir mon cadre avec cette focale, un exercice étant un exercice...
Premier coup, ben... c'est un instant décisif, c'est sûr ! Mais je ne pense pas que HCB serait très fier de moi...
Pour déclencher juste, j'ai encore du chemin !
Bon, oublions vite cela, voilà qu'elle appel son chien. J'ajuste mon "tire" photographique (hum..)

&

Je pense à ma position par rapport à mon sujet, surtout celle du point de vue. Je découvre le cadre à remplir et la distance par rapport à cette gentille dame et son chien.
Pas facile, mais je me dis que j'ai réussi à avoir la tête du chien qui se retourne. Ca lui fera surement un bon souvenir, le jour ou celui ci ne sera plus de ce monde.
Triste ? Non, simple réalité. Une voie sans échappatoire pour tous, j'en suis conscients à ce moment là.
Elle rentre jeter le "cadeau" de sa ballade canine. Je tiens le crachoir, cette dame est très gentille. Elle revient.
Habitué au 35mm, j'aurai cadré droit, de manière très plate, d'après mon interlocuteur des jours précédent. J'essaye de dynamiser ces foutus murs :

C'est pas encore ce que je veux. il manque quelque chose, entre elle et son chien. De plus, j'avais essayé de cadrer son ombre la première fois. Je réessaye :

C'est bon. Je l'ai. Interaction, cadrage, distance. Pour un premier essai, je pense avoir fait de mon mieux, ou de mon "moins pire". J'essaye encore, à la manière de moi, avec mon 35 dans la tête :
Je vois que c'est trop large. Je recadrerai, tant pis pour le 24mm...
En dernier essai, mais déjà il faut prendre congé :

On termine la discussion, on se dit au revoir, à l'année prochaine, car je reviens souvent dans la région. Je repasserai lui dire bonjour et prendre des nouvelles de son chien.
J'en profite pour lui demander son adresse, car j'ai l'intention de lui envoyer quelques tirages. Elle est contente. Moi aussi.
Nous avons tous gagné.
Rien d'extraordinaire donc. Mais pour moi si.
Le début d'un chemin vers un peu plus de... en fait je ne sais pas, mais je suis au début, et bientôt j'attaque le deuxième pas !
Merci de m'avoir lu jusqu'ici, et merci à toi qui est venu passer quelques heures en ma compagnie, tu n'as pas trop perdu de temps, les moules du resto étaient à volontés !