accueil L'édito de Guy Michel Point de vue

Point de vue

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Vivre sa passion… ou vivre "DE" sa passion?

De nombreux photographes vivent leur passion tellement fort qu’ils finissent par rêver de… vivre de leur passion. Beaucoup essaient, peu y parviennent.

La photographie de nature est une passion dévorante. Un jour, on se prend d’amour pour un site, un animal ou une petite fleur et on leur consacre tout son temps. Levé avant l’aube, couché à des heures déraisonnables, on fait des kilomètres pour poser nos objectifs là et quand il faut.

Au bout de quelque temps, on commence à rapporter de bonnes images, à saisir des ambiances, des attitudes ou des instants réservés à celui qui vit en symbiose avec son sujet. Alors, forcément, vient l’envie de partager ses émotions. Le temps est venu de penser à un portfolio, un livre, une expo !

Voilà que surgit le nerf de la guerre : l’argent ! Dormir au pied d’un arbre, se faire dévorer par les fourmis pour photographier trois renardeaux, crapahuter des heures pour rejoindre le chamois ou le lagopède ne coûtait pas bien cher : de bonnes chaussures, pas mal d’énergie et énormément de temps. Mais trouver les 20 fois 300 € nécessaires à une expo sur Dibond ou réunir les 12 000 € sans lesquels aucun imprimeur ne fera tourner ses presses n’est pas à la portée de tous.

Alors, on tire des plans sur la comète et on cherche des solutions. L’appel aux mécènes semble la voie la plus simple. Mais les entreprises disposant d’un coffre-fort en libre-service ne courent pas les rues et, pour les séduire, il faut de très solides arguments : tant d’autres sont passés avant !

Autre piste : le financement participatif ! Moyennant un bon réseau d’amis et une contrepartie alléchante, ça peut marcher. C’est, surtout, un bon moyen de tester l’idée ; une étude de marché grandeur nature ! Si l’objectif est atteint ou dépassé en quelques jours, il reste à mettre les bouchées doubles pour finaliser au plus vite un projet dont le succès est garanti. Dans le cas contraire, il est sage de se demander s’il ne vaut pas mieux renoncer à une idée qui, à l’évidence, n’intéresse pas grand monde.

Quant à la vente de tirages en ligne, elle reste un leurre : beaucoup ont essayé, seuls quelques grands noms y parviennent.

Pour ne pas s’être posé les bonnes questions, de nombreux photographes dorment sur des palettes de livres dans lesquels ils ont mis tout leur cœur et toutes leurs économies. Il est facile de vendre les 100 premiers exemplaires de son livre ; beaucoup moins d’écouler les 900 suivants ! Idem pour ces expos en quête de cimaises. On prévoit tout pour le premier vernissage, sans penser qu’un mois plus tard, il faudra venir décrocher avec des caisses pour protéger et transporter les images avant de leur trouver de nouvelles cimaises.

Faut-il alors renoncer ? Assurément non : mais juste se souvenir que s’adonner à une passion et monnayer son talent sont deux démarches fort différentes…

Pour en savoir plus sur Ghislain…

Speed Flyers Ghislain Simard

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