Avec les restrictions de vol, quel intérêt pour un Drone ?

Démarré par photofragments, Mai 15, 2024, 11:22:15

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photofragments

Bonjour,

Impressionné depuis longtemps par des images faites au drone, pour des sites naturels, je suis tenté d'acheter, dans un premier temps, un petit drone (<250g, type DJI mini2 SE).
Lors d'un voyage en Finlande, j'ai été impressionné par la rapidité de mise en oeuvre et les possibilités que ça offre en repérages, avant de se rendre (à pied, par exemple, sur un site).
Mais en France, quand je regarde la carte géoportail ou sur le site FlyBy, j'ai l'impression que les restrictions sont telles, notamment sur des sites naturels : exemple le Parc des Cévennes (tout interdit), que je me demande vraiment si cela vaut le coup / coût.
Je ne souhaite pas me filmer moi-même, ce serait uniquement pour du paysage naturel, survol de lacs (suffisamment haut pour ne pas déranger les oiseaux), de forêts...pas pour les zones urbaines, ou villages...
Pour les zones "autorisées", la limite de hauteur est souvent 30m ou 50m est-ce suffisant ?

Comment faites-vous, pour respecter toutes les interdictions (compréhensibles) et pour s'y retrouver dans les zones interdites ou non ?
Y trouvez-vous votre compte, dans un cadre non commercial, ni professionnel ?


Merci de vos retours...

Charlie47

La carte Geoportail n'est qu'indicative et peu précise (un peu comme si tu veux délimiter un terrain avec la couche Cadastre)... Je préfère nettement celle de Mach7 drones qui tient compte du niveau réel du sol dans les zones reglementées... Mon exemple : Normalement le bleu autour d'une piste c'est 50m selon le niveau axial de la piste, mais mach7 me donne 80m à un endroit précis car il tient compte du relief...
Ceci dit, j'imagine mal les forces de l'ordre venir vérifier que tu es bien à 50m au lieu de 60 ou 70... Faut surtout éviter les zones sensibles...
Par ailleurs je trouve (mais avis personnel) que le regard des diverses autorités à l'égard des drones a changé... Il y a eu très, très peu, d'accidents depuis 10/12 ans et ce ne sont plus des bêtes à abattre comme dans les premières années.

phil650sv

Tu imagines mal effectivement.
Les forces de l'ordre ont accès aux données émises par les drones (numéro d'identification, coordonnées GPS, altitude et même vidéo). Je connais quelqu'un qui s'est amusé à monter bien au-delà des 120m au dessus de son terrain. Avec les coordonnées GPS, ils ont retrouvé son adresse. Sur LEUR smartphone, il avaient toutes les données de vol et aussi la vidéo.

Mach7 reprend la carte Géoportail et n'est pas "plus précise", elle fait juste les calculs à ta place !

Le regard des autorités à bien changé ? Effectivement, la règlementation s'est bien durcie ces dernières années.

Pour répondre à Photofragments, ce n'est pas si restrictif. La France est un petit pays, bien urbanisé, beaucoup d'aéroports/aérodromes, des bases de la Marine Nationale sur les côtes (ce qui explique les interdictions de survol des plages de Bretagne), etc.
Pour les parc nationaux, l'interdiction de survol à moins de 1000m concerne tout le monde (montgolfières, planeurs, avions/ulm, etc.) et pas seulement les drones...

seaseb

Bonjour,

Reflexe classique quand on débute :) Des paillettes dans les yeux devant les images et, dés qu'on creuse un peu, on découvre qu'il y a une réglementation. Car oui avant d'être une caméra un drone est un appareil volant et il existe de nombreux autres usagers de l'air qui existaient bien avant les drones. Parapentes, paramoteurs, ulm, avions léger, hélicoptères, aviation d'affaire ou militaire tout ce petit monde se partageait déjà les airs avant que les drones existent. Il y avait donc une réglementation pour permettre une bonne cohabitation de tout ça. Réglementation dont on logiquement hérités les drones en tant que dernier arrivants.
Souvent les gens trouve la réglementation exagérément castratrice. Pendant une année j'ai fait pas mal de formation de télépilote, les sites de vols bien sûr toujours choisis à l'écart de toute contrainte spécifique et isolés à souhait. En un été j'ai eu 2 mirage 2000 qui sont venu couper le volume de vol qu'on occupait 10mn plus tôt, un hélico de la gendarmerie venu faire un check, un hélico dragon de la sécurité civile passé à pleine vitesse sur une plage ou on venait de se poser. La meilleur a sans doute été avec un stagiaire franchement rétif à cet aspect du risque qui s'est retrouvé tétanisé aux commandes de sa machine quand un rafale est venu virer sur l'aile à 100m sol au-dessus du champs à coté. On pouvait pas rêver meilleur rappel. A chaque fois personne n'avait commis de fautes, tous le monde avait le droit d'être là.
Ces règles sont là pour la bonne cohabitation de l'ensemble des usagers et éviter les situations conflictuelles autant que possible.
Au premier abords elles semblent nombreuses et complexes mais en réalité sont assez rapidement maitrisable pour peu qu'on se donne la peine. Mais il est vrai qu'en l'état il est impossible d'avoir un simple oui/non puis je voler ici automatique car si certaines contraintes sont permanentes, d'autres sont contextuelles ou même ponctuelles dans le temps. L'outil géoportail est une tentative de vulgarisation et simplifie exagérément ces aspects. Dans ce postulat il est extrêmement conservateur dans son analyse, si un endroit est interdis un jours dans l'année il l'affichera en rouge partant du principe que le quidam lambda ne saura pas accéder à l'information correspondante.
C'est pour ça qu'il est utile de comprendre ces rudiments et l'origine de ces contraintes car on peu assez souvent y trouver des trous. Par exemple le centre du pays (auvergne etc) est couvert par d'immense zone considéré rouge par géoportail, mais quand on y regarde de plus prés dans l'information aéronautique ce sont des zone d'activité militaires qui ne sont par exemple jamais actives WE, jours férie et vacances. Ca laisse quand même de sacré créneau de vol ;)
Bref je ne saurais trop vous conseiller de lire les guides de la DGAC OPEN et Spécifique. Ces aspects y sont développés. NE jamais se contenter d'un rouge géoportail, toujours passer par d'autres source comme mach 7 ou dronekeeper par exemple (même en version gratuite) qui vous aiderons à comprendre la, ou le plus souvent, les limitations associées. Comprendre la motivation d'une limitation enlève de la frustration et permet parfois de quand même trouver des créneaux de vol. Aprés il y a des groupe facebook(comme Drones, Professionnels et Débutants) ou l'on peu se faire aider sans difficulté.
Le plus perturbant au débuts ce sont les limitations ponctuelles (manœuvre militaires, événement sportif d'envergure, opérations aériennes, ...) ce sont les informations les moins évidentes d'accès via le SIA et potentiellement les plus piégeuses.

>Comment faites-vous, pour respecter toutes les interdictions (compréhensibles) et pour s'y retrouver dans les zones interdites ou non ?
Admettre qu'on est un usager de l'air avant tout, assimiler les rudiments et tout va bien après. Ca nécessite de la préparation même rapide et oui quand on se pose la question sur le terrain c'est pas simple. Mais j'ajouterais qu'en 12 années d'expériences j'ai toujours préparé mes vols et que, objectivement les quelques galères que j'ai pû rencontrer l'on presque toujours été sur des improvisations. Voler sans préparation de vol c'est déjà accepter de prendre un risque et de consommer une partie significative que ce qu'on pourrait appeler sont capital chance. Au début s'astreindre à bien préparer réglementairement ses vols permets aussi de mieux s'y préparer. D'ou je décolle, ou je vais, qu'est que je vais faire comme image, l'heure sera bonne pour la lumière, ...

>Y trouvez-vous votre compte, dans un cadre non commercial, ni professionnel ?
Oui bien sûr c'est parfaitement possible et même gratifiant et source de confiance quand on maitrise son environnement et sa machine. Mais ca demande un peu d'engagement personnel.


photofragments

Merci de ce long commentaire et de ces indications.
Même si j'ai pour habitude de préparer avec soin mes voyages et mes "randonnées" photographiques, j'ai pris pour habitude de ne pas rester sur des préjugés et de savoir saisir les opportunités une fois arrivé sur place. Si ce que j'ai face à moi, ne donne pas l'espérance du résultat hypothétiquement attendu, je regarde autour de moi et j'improvise et même renonce parfois.
Cela me semble donc incompatible avec les paramètres à prendre en compte pour faire voler un drone d'une manière fortuite, d'autant que isolé dans la nature, on est souvent dans une zone blanche sans accès à internet pour checker les restrictions en cours.
J'aurai donc ainsi économisé un peu d'argent et un peu de poids en matériel embarqué... :D

Crinquet80

Le ciel risque d'être de plus en plus encombré avec les livraisons par drone qui prennent de plus en plus d'ampleur et les possibilités pour un pilote lambda d'exercer sa passion face aux titulaires du ciel institutionnels et commerciaux.

Nikojorj


ChristopheNL

En plein confinement, je m'etais acheté un DJI AIR2, que j'ai revendu un an après. Revente Précisement à cause des restrictions & contraintes.
A côté du fait que, vivant aux Pays-Bas, il m'est quasi impossible de trouver une zone hors couloirs d'aéroports, une des principales contraintes imposée est d'avoir le drone constament à vue durant le vol. Ce qui rend la prise de photos presque impossible (je ne faisais pas trop de films).
Un drone de la taille du AIR2 devient quasi invisible a 35-40m d' altitude, donc si en plus on l' eloigne du pilote....

L'acheteur était un fanatique du drone, license presque pro. Le pilote qui demande et obtient des autoristations de vol sur  les sites archeoloqiques en Thailande et Indonesie.

Victor

Un peu hors sujet, mais il y a peu, je voulais construire et faire voler un modèle réduit d'avion afin de réaliser un vieux rêve d'enfant.
Je me suis renseigné et j'avoue avoir été très, très surpris de la lourdeur de la réglementation en vigueur, alors qu'avant (années 70) une simple licence PTT suffisait pour pouvoir se servir d'une radio-commande...   ???

phil650sv

L'aéromodélisme se pratique sur des terrains d'aéromodélisme déclarés et aux heures d'ouverture dudit terrain. Tout cela suppose d'avoir pris une licence auprès du club qui gère le terrain. Les autorités voulaient limiter la hauteur de vol à 120 mètre mais la fédération d'aéromodélisme arrive à obtenir des dérogations pour monter à 400m (concours de planeurs par exemple).

nickos_fr

Je ne me suis jamais vraiment soucié de tout cela, si on le fait avec un minimum de bon sens et de respect ça passe après moi je ne vole pas haut 10/15metre je ne suis pas pro c'est juste loisir et surveiller l'état de ma toiture et je suis juste à côté d'une gendarmerie donc je ne vais pas m'amuser à monter à 150 mètres s ;) à priori à cette altitude je ne pense pas gêner un avion ou un hélico j'ai un dji un mini 2.

phil650sv

On peut voler au dessus d'un terrain privé en toute liberté (avec l'autorisation du propriétaire) mais à de petites hauteurs (on parle de hauteur/terrain plutôt que d'altitude). Il faut juste penser qu'en cas de grand vent, par exemple, un drone peut être dévié et se crasher chez un voisin ou sur la voie publique.
Comme tu le dis, c'est une question de bon sens.