Des appareils capables de faire
ce que les autres ne font pas…

A force d’entendre que le marché s’effondre, que le public préfère les smartphones et que plus personne ne veut d’un sac trop lourd, on finirait presque par avoir honte de sortir dans la rue avec un reflex et son zoom ! Pourtant, c’est un fait : en quelques années, les ventes ont chuté de 40 % et les marques “historiques”, déjà peu nombreuses, sont en train de recentrer leur activité vers des secteurs plus rentables. À qui la faute ?

Le coupable désigné le Smartphone !

Toujours à portée de main, il signe des images correctes, faciles à partager et prêtes à être transformées via quantité d’applications. S’il souffre de l’absence d’un vrai zoom et de fonctions permettant de contrôler finement le rendu des images, sa disponibilité de chaque instant aide à pardonner ses défauts et notamment une ergonomie peu propice au cadrage rigoureux. Face à lui, les appareils classiques font figure d’ancêtres : plus les marques cherchent à innover, plus elles s’éloignent des besoins des experts et des espoirs des nouveaux arrivants

Ajouter un GPS, le Wi-Fi et un écran tactile à un appareil photo ne suffit pas à le rendre excitant. Surtout quand ces ajouts sont réalisés trop vite et deviennent une source de complexité supplémentaire. On assiste à un curieux paradoxe : les reflex classiques, ceux qui semblent ne pas avoir changé depuis le passage à l’an 2000, sont plus faciles à utiliser et plus efficaces que les bridges, hybrides et compacts censés séduire la nouvelle génération.

Quand je vois le niveau de complexité d’un Sony Alpha 7, d’un Olympus OM-D ou de n’importe quel Panasonic, je me demande si les gens qui ont pondu ça ont une culture de l’image ou si ce sont juste des designers de menus…

Les Reflex

Ces appareils que nous recommandons à ceux qui ne veulent pas seulement “prendre des photos” mais créer des images à leur idée, en gérant au plus précis cadrage, exposition, distribution des plans nets et plans flous, ont réalisé des progrès énormes, mais cachés et difficiles à démontrer. Mesure 3D, stabilisation 5 axes, AF prédictif sont des fonctions d’une redoutable efficacité ; mais tenter de les expliquer revient à effrayer l’utilisateur. L’expert comprend et apprécie, mais le non-initié se moque comme de sa première chemise de la fréquence du microprocesseur ou de la taille du capteur et ne retient que deux choses : combien de pixels et quel prix ?

Les marques photo sont en panne d’innovation

À de rares exceptions près, leurs nouveautés ne sont que de légers liftings : le Mark II devient Mark III, le V4 se transforme en V5, le 3500 succède au 3400… la belle affaire ! On piétine, on singe les téléphones, mais on n’apporte rien de nouveau.

La GoPro n’aurait jamais connu un tel succès si le matériel classique n’était pas resté si lourd et si fragile. J’ai honte pour Sony quand je vois qu’un RX100 à plus de 1.000 € glisse dans les doigts, craint la boue, n’est toujours pas doté d’un gainage antichoc : il n’est donc pas prêt à me suivre partout !

Il y a longtemps, Jean Coquin a fait fortune en éditant un catalogue de 150 exemples avant/après. On flashait sur une image et on achetait le bout de plastique qui permettait de la faire. Qu’attendent nos marchands de matériel pour nous faire rêver avec des outils adaptés à nos loisirs, à nos passions et à nos modes de vie ?

Dans le même ordre d’idées, je suis surpris que Canon, qui ose bousculer un peu les choses avec son M5, n’ait pas pensé à motoriser son zoom : ce serait pourtant chouette de le poser n’importe où et de commander à distance le déclenchement, mais aussi le cadrage. De le faire pivoter de droite à gauche, de haut en bas, ou de lui faire suivre automatiquement un sujet, comme le font les drones. Au lieu de vendre des sigles indécodables, des automatismes indémontrables ou des modes ésotériques, on mettrait en avant des usages nouveaux, des résultats ! Des fonctions qui donneraient envie d’acheter un appareil… capable de faire ce que les autres ne font pas !

En conclusion

On ne veut plus de menus qui donnent la migraine, de bagues qui se bloquent au premier grain de sable, d’appareils en panne après trois mois pour cause d’oxydation. Mais on est prêts à flasher sur des outils capables de cueillir tous ces instants qu’on ne photographie pas… parce que c’est trop compliqué.

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