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Clique clac #45

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On commence avec le coup de gueule d’un photographe peu coutumier du fait : Vincent Munier. Marqué par la disparition d’un lynx, le Vosgien s’est fendu d’une vidéo militante sur le sujet. Réalisé avec l’aide de Marie Amiguet puis posté sur sa page Facebook, ce court film (4″24′) intitulé « Le silence des bêtes » a été vu plus de 150.000 fois depuis sa mise en ligne début février. De quoi attirer l’attention des grands médias nationaux, comme le journal de France 3, et donc éveiller les consciences d’un large public. Même si les lieux et les circonstances diffèrent, cette histoire résonne étrangement avec le récit de Tony Karumba, photographe kenyan qui, pour l’avoir suivi pendant près de dix ans, s’était attaché à Sudan, le dernier rhinocéros blanc du Nord mâle. La conclusion de son billet pourrait d’ailleurs s’appliquer à la vidéo de Vincent Munier : « Son sort aura popularisé les efforts de conservation et de protection de la nature. C’est peut-être l’héritage le plus important qu’il laisse. »

En avril, ne te découvre pas d’un fil…m instantané. Pour la sixième année consécutive, « Expolaroid » propose un large éventail d’expositions, d’ateliers et de rencontres autour de la photographie instantanée. De Rennes à Caen, de Cluj-Napoca (Roumanie) à Saint-Pierre (Réunion), plus de 40 villes participent à la manifestation.


Excellente interview du non moins excellent Ambroise Tézenas qui, entre deux anecdotes sur son stage à Magnum et ses travaux publicitaires, nous parle de l’école de Vevey, du pouvoir cathartique de la photographie, de la reconnaissance de ses pairs, du doute, des voyages, de la mort. Au détour des questions subsidiaires, on apprend même que le photographe a pour frère Séverin, franc-tireur de la pop à qui l’on doit notamment la chanson « En Noir & blanc ». L’histoire ne dit pas s’il s’agit d’un clin d’œil à son photographe de frère.


En ces temps compliqués pour la presse, saluons la naissance d’un nouveau confrère : Expérimentations splendides. La soirée de pré-lancement du premier numéro de cette revue annuelle (112 pages articulées autour de deux dossiers thématiques : « Écoutez nos mémoires » et « Virilité et émotions ») se tiendra le 6 avril à 19h à Stimultania (Strasbourg).


« Il fallait choisir entre mourir en mer ou mourir par balle. J’ai préféré la mer. » Ces propos tenus par Aida, Libyenne de 41 ans, donne la tonalité générale des témoignages recueillis par la photographe Martina Bacigalupo sur l’Aquarius, embarcation qui vient en aide aux personnes tentant de rejoindre l’Europe. Une lecture conseillée à tous ceux qui, à la première grève venue, s’estiment « pris en otage ».


Vous voulez vous lancer dans le portrait en studio mais vous manquez de repères en termes d’éclairage ? Pourquoi ne pas vous faire la main avec Virtual Lighting Studio, un simulateur plutôt bien fait, même s’il ne remplace pas la pratique en conditions réelles.


« Je veux que mes photos mordent comme les images des films de Bunuel, qui vous dérangent tout en vous faisant réfléchir. » Ainsi parlait Tony Ray-Jones, photographe anglais à la vie trop brève (1941-1972) qui méritait bien un Flashbak.


À part ça, quoi de neuf à la radio ? « Le Grand Atelier » de France Inter a reçu Dominique Issermann, « La Dispute » de France Culture s’est intéressée, entre autres, à l’expo « Photo-Roman », RFI a interrogé la Marseillaise Yohanne Lamoulère sur sa série « Gyptis et Protis » et la RTBF a interviewé Marie Sordat, commissaire de l’exposition « Wild eyes open ».


La Maison de la Photographie de Lille pourrait-elle disparaître ?


Martin Luther King a été assassiné le 4 avril 1968. Cinquante ans après, Michel Berger, professeur-chercheur à l’université du Maryland, s’intéresse au rapport que le militant des droits de l’homme entretenait avec la photographie et comment il l’a, par moments, utilisée pour servir sa cause. Il faut s’accrocher (l’article est en anglais), mais ça vaut le coup.


Serina Tsubaki-kun a testé l’étanchéité du caisson protégeant son Canon G12 en le laissant dériver dans l’eau salée pendant deux ans et demi. Enfin, peut-être n’était-ce pas volontaire


Ce mardi 3 avril, alors qu’il couvrait la manifestation contre la réforme de la SNCF, un photojournaliste du collectif La Meute a été frappé par un CRS. Récit circonstancié des événements.

 

“Clique clac”, c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.

Visuel d’ouverture : capture d’écran issue de la vidéo “Le silence des bêtes” de Vincent Munier et Marie Amiguet.