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Clique clac #55

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On a beaucoup parlé du sort incertain réservé à Shawkan, ce photojournaliste égyptien emprisonné depuis bientôt cinq ans, mais on a peu montré son travail. Slate y remédie.


« Je n’avais jamais piraté des caméras avant, mais je peux vous dire que c’était facile. C’était même terrifiant de voir à quel point. » Entre hacking et photo de paysage, Marcus de Sieno raconte l’élaboration de sa série « No man’s land ».


Il y a quelques semaines on vous présentait Nnoman Cadoret, reporter du collectif ŒIL se revendiquant d’une photographie engagée. Le jeune homme (et son collègue Hermann Click) met ses paroles en actes en vendant ses tirages au profit de la caisse de grève des postiers du 92, dont il couvre les luttes depuis plusieurs mois.


Alors que Lila Meghraoua se fend d’un papier sur l’eldorado photographique que serait Instagram (à la fois révélateur de talents et plateforme de monétisation), Cécile de Kervasdoué s’interroge sur les mutations qui touchent le métier de photoreporter à travers les témoignages de Pierre Morel, Corentin Fohlen et Axelle de Russé. Ce trop bref article se conclut sur les mots de Béatrice Tupin, ancienne directrice photo de L’Obs aujourd’hui aux commandes du festival « Les femmes s’exposent » qui s’est ouvert le week-end dernier à Houlgate (programmation ici) et a décerné un prix (mérité) à Anne Kuhn pour sa série « Héroïnes » (interview ici).


Avec pas moins de trois nommés sur douze (Samuel Gratacap, Stéphane Lavoué et Stephen Dock), la photographie française est bien représentée dans la short-list du Prix Oskar Barnack.


En juillet 2017, la ville de Nantes a lancé un appel à projets pour « réinventer » 15 lieux abandonnées. Une opportunité que Guillaume Noury, Céline Gobillard et Miguel Raballand n’ont pas manqué de saisir en proposant de transformer les Bains Douches en Maison de la Photographie. Leur projet, en concurrence avec 17 autres, est aujourd’hui soumis au vote des habitants. Si vous êtes Nantais.e, vous savez ce qu’il vous reste à faire…


Quatre infos pour le prix d’une : Elizabeth II a une passion qu’on ne soupçonnait pas pour la photographie ; le nouveau numéro d’OpenEye est sorti ; François Hollande poursuit sa tournée des librairies sous l’œil malin d’Édouard Caupeil ; et il va bientôt falloir se munir d’un compteur Geiger avant de faire les brocantes.


Andrew Bernstein traîne ses reflex sur les parquets américains depuis 36 ans. Photographe officiel de la NBA, il a très tôt mis au point des dispositifs de prise de vue à distance qui lui ont permis de réaliser des clichés toujours plus spectaculaires (derrière les paniers par exemple). De passage à Cleveland, pour la finale des play-offs, il s’est livré sur son parcours, sa technique et sa passion pour les Lakers période Kobe Bryant.
Autre sport, même pays. Photographe de base-ball, Christopher Horner s’est fait une spécialité des clichés de battes lâchées involontairement par les joueurs et volant dans le public. Jusqu’au jour où…


Samuel Bollendorff, photographe socialement engagé, s’est associé à la Mutualité Française pour une exposition retraçant les 150 ans de l’organisme. À voir jusqu’au 17 juin sur l’esplanade du Corum à Montpellier.


On ne peut évidemment pas se quitter sans évoquer la coupe du monde de football ! En attendant que débute la compétition, voici quelques liens pour vous faire patienter…

• Des terrains pas comme les autres par les photographe de Reuters.
• Les photos officielles des équipes de France et de Suisse racontées par leurs auteurs.
• Une certaine idée du football d’antan avec ce reportage réalisé à l’occasion du derby entre le FK Sarajevo et Zeljeznicar.
• Quand l’art et le football se percutent : expo virtuelle.
• Une interview de Guy Pichard qui, dans sa série « United Colors of Football », s’intéresse à ces hommes et ces femmes qui en toutes circonstances arborent les couleurs du club de leur cœur.
• Des cadres dans le cadre : une autre vision du foot en Russie.
• Lionel Messi pose en couverture de Paper Magazine… en drôle de compagnie (voir ici pour l’explication en V.F.).
• Jusqu’au 15 août, le musée du football de Manchester rend hommage aux femmes photographes à travers le travail de Hy Money, Victoria Haydn, Amy Drucquer, Adrienn Csepelyi ou encore Jessica Hilltout.
• Des ballons comme s’il en pleuvait…
• Grâce à Sophie Brändström (et aussi aux Cahiers du Football), découvrons le « Peladão », un événement mêlant foot amateur et concours de beauté. Où ça ? Au Brésil évidemment !
• La main de Dieu, Schumacher vs Battiston, Beckenbauer le bras en écharpe… autant de moments emblématiques des précédentes coupes du monde que l’on peut désormais accrocher au mur du salon grâce à ArtPhotoLimited.

Concluons non pas par un lien mais par un extrait de La dernière photo, livre autobiographique de Franck Courtès récemment paru aux éditions Jean-Claude Lattès :
« Faire poser un footballeur chez lui ou à l’hôtel revenait à déplacer un explosif au milieu d’une crèche à l’heure du goûter. À la moindre contrariété, il pouvait vous congédier, annuler le rendez-vous, voire vous envoyer un coup de poing dans la figure. On se sentait à peine tolérés. (…) Karim Benzema ne s’exprimait que par des jurons quand je l’avais rencontré la première fois, puis dans un langage plus policé des années plus tard. Il en rigolait : « Vous avez vu, j’ai mûri, non ? Je fais attention ! » Je trouvais touchant qu’il réclame un compliment sur l’effort qu’il avait consenti envers la langue française, qui traduisait chez lui une forme de respect envers les autres, une sérénité nouvelle. Mais comment aurais-je pu traduire cette tendresse en photo ? Ce n’était pas ce qu’on me demandait. »

 

“Clique clac”, c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.

Visuel d’ouverture : Diego Maradona, « La main de Dieu » © L’Équipe.