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Clique clac #86

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Brigitte Delibes, Donia Licata, Eric Doré, Joël Assuied, Sabrina Boudjema, Virginie Magalhaes… On aimerait citer tous les photographes qui ont répondu à l’appel lancé il y a quelques mois sur Facebook par « Tombée du nid », une association dont l’objectif est d’initier des projets liés au handicap, afin de favoriser l’inclusion des plus faibles au cœur de la cité. Le projet dont on parle ici vise à améliorer la visibilité des personnes porteuses de la trisomie 21. Pendant plusieurs mois, 250 photographes professionnels de toutes les régions de France ont accueilli dans leur studio des bébés, des enfants, des adultes dits « différents » afin de leur tirer le portrait. De ce grand shooting national ont été retenus 1200 clichés, aujourd’hui visibles sur le site de l’association et pour lesquels le grand public peut voter jusqu’au 10 février. Les 21 photos les plus appréciées seront exposées à Paris le 21 mars prochain, à l’occasion de la journée mondiale de la trisomie 21. Le lieu précis reste à définir, mais on vous tiendra au courant.


Vous pestez contre cinq centimètres de neige ? Songez à ces pêcheurs kazakhs qui doivent percer la glace de la rivière Ishim par -40°C et avec pour seule protection une bâche en plastique. Un isolement de fortune qui donne à la série d’Aleksey Kondratyev des airs irréels.


Peut-on rêver meilleur guide que Jean-Claude Gautrand pour nous faire visiter le Belleville populaire de Willy Ronis ? Et les « Images de Paris » d’un certain Michel Legrand pour en raviver les souvenirs ?


Pour les « Carnets de la création » (France Culture), Ludivine Large-Bessette revient sur la genèse de sa dernière série, « Regained bathers », librement inspirée d’un tableau peint en 1907 par Félix Vallotton.


Vous ne vous étiez pas posé la question, mais Presse Citron vous donne la réponse : photographier des voitures autonomes peut être dangereux pour votre appareil.


Porté par les images d’Hervé Nègre, soutenu par les enregistrements sonores des ethnologues Viviane Lièvre et Jean-Yves Loude, le peuple kalash se dévoile dans l’émission « Si loin si proche » (RFI) et dans l’exposition que lui consacre le Musée des Confluences (Lyon). Un vrai rendez-vous en terre inconnue, sans vedette ni décorum.


Pas une semaine sans un nouveau regard sur les animaux domestiques (Défi CI oblige). Cette fois-ci on part en Floride où Ross Taylor, en collaboration avec les services vétérinaires locaux, a photographié les derniers moments de Coco, Dingo, Spartan ou Sparky, et surtout la détresse de leurs maîtres. Un moment déchirant que ce reporter passé par l’Irak et l’Afghanistan capte sans ironie aucune.


À mi-chemin entre la sculpture et l’installation, les corps nus photographiés par Chloe Rosser dérangent plus qu’ils n’émoustillent, mais ils impriment plus sûrement la mémoire que les premiers clichés érotiques venus.


L’Open d’Australie n’a pas souri cette année à Roger Federer, mais sa carrière parle pour lui : 20 titres du Grand Chelem en 20 ans. Corinne Dubreuil, qui suit le champion suisse depuis ses premiers pas sur le circuit junior et lui a même a consacré un livre (Federer for ever), explique aux journalistes de la RTS (à partir de 8’35) que le Bâlois n’est pas toujours facile à photographier, notamment quand il se sert de son coup droit.


L’AFP a noué un partenariat photographique avec un fameux producteur de boissons énergisantes. Et ça n’est pas du goût de la SDJ de l’agence.


Bien que cofondateur avec Jean-Luc Monterosso de la MEP, Henry Chapier reçut peu de photographes sur son célèbre Divan. L’émission du 26 novembre 1988 avec Helmut Newton fait figure d’exception, mais il faut bien admettre qu’elle n’est pas super intéressante. Quittons-nous plutôt sur les mots d’Emmanuel Hocquard, écrivain disparu en début de semaine, à qui l’on doit un recueil de Méditations photographiques sur l’idée simple de nudité et cette digression limpide sur sa double posture de poète et de photographe : « Je ne me suis jamais vraiment expliqué le rapport que je fais entre photographie et écriture. La question m’est parfois posée. Je mène les deux activités, parallèlement mais séparément, sans trop chercher à savoir quelle relation existe entre elles, à supposer qu’une relation existe. C’est plutôt de l’ordre de la juxtaposition: écrire/montrer. Écrire relève du langage, avec toutes les contraintes et les limitations que cela implique. Fabriquer des images photographiques est hors langage. C’est faire voir des « sensations » immédiates, au moyen de formes, de lignes, de couleurs… Ces images photographiques peuvent être regardées comme des anecdotes simples de la vie. Ce sont des images ordinaires, de la même façon qu’on parle de langage ordinaire, qui est le langage de tous les jours pratiqué par tout le monde dans son infinie complexité. »

“Clique clac”, c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.