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Clique clac #95

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Émanation du compte Instagram du même nom, StreetRepeat en prolonge d’idée d’origine (mettre en évidence les motifs récurrents dans la photo de rue) en proposant des interviews d’instagrameurs populaires, des comptes-rendus d’expositions et des bons plans (évidemment tous liés à la streetphotography). Le site, lancé en octobre dernier, est tenu par Julie Hrudová, photographe pragoise elle-même plutôt douée.


Le soulèvement populaire en Algérie a indirectement mis en lumière le travail des photoreporters locaux. Sabri Benalycherif a, par exemple, suivi les supporters ultra des clubs de foot algérois qui, loin des stades, sont devenus les forces vives du mouvement contestataire. De son côté, Collective 220 a vu ses images des manifestations publiées par des médias de renom, comme Le Monde. Youcef Krache, l’un des membres de ce collectif, s’interrogeait pourtant encore récemment sur l’attitude à adopter : “Est-ce que je manifeste ou est-ce que je prends des photos?” 


Estelle Warin (journaliste à Okapi), Luc Reyrolle (icono au Pélerin), Pierre Morel (photojournaliste) et Jérémie Peltier (directeur des études à la Fondation Jean-Jaurès) tentent de répondre à cette impossible question : « Les images nous montrent-elles la vérité? »


Avant la démocratisation des drones, avant même leur invention, certains amateurs pratiquaient la photo « vue du ciel » à l’aide d’un cerf-volant. José Wallois s’est lancé à la recherche de l’identité d’un de ces anonymes éclairés, avec pour seuls indices quelques images de la station balnéaire d’Ault-Onival (Somme).


Henri Peyre promet une « synthèse rapide » de l’offre actuelle en matière d’appareils photo haute définition (reflex, moyen-format, dos numérique, etc.), mais il dresse en fait un tableau plus que complet (ne manquent que les récents hybrides 24×36), étayé de remarques pertinentes. Une lecture conseillée (en plus, il a l’élégance de citer Chasseur d’Images et nos collègues de Réponses Photo pour qui veut approfondir le sujet).


Amateur de listes en tout genre, le site britannique Dazed a récemment répertorié les six photographes dont le travail « nous a aidés à visualiser la psyché humaine ». Et il y a quelques surprises. On ne parle évidemment pas de l’inévitable Joel-Peter Witkin, dont l’édifiant documentaire « An objective eye » est partiellement visible ici.


67 ans avant que le mot « paparazzi » soit inventé, Carl Størmer photographiait à l’aide d’un appareil rudimentaire dissimulé dans sa veste l’étudiante dont il était secrètement amoureux (puis, se prenant au jeu, tous les passants de la rue principale d’Oslo).


Trop léché pour être honnête, le travail de Jimmy Nelson autour des tribus menacées de disparition n’est pas du goût des professionnels de l’ethnologie. Le photographe ne s’en formalise pas et présente au site My Modern Met son nouveau projet interactif, sobrement intitulé « Hommage to Humanity ».


Le dossier sur les écoles photo paru dans C.I. 411 vous a plu ? Eh bien, prolongez le plaisir et affinez vos choix en visitant les sites Internet des établissements cités : ENSP Arles, EFET, Université Paris VIII, Les Gobelins, Spéos ou Louis-Lumière. Ce dernier a même sa propre chaîne Youtube où des promotions présentent leurs travaux et d’anciens élèves racontent leurs parcours.


Avant d’être la cinéaste et documentariste que tout le monde a saluée, Agnès Varda était photographe. Elle fit ses armes dès 1948 au Festival d’Avignon (« C’est à Jean Vilar que je dois tout », déclara-t-elle à Paris Match), immortalisa le travail de ses amis artistes (drôle d’épisode de l’église de Fossé), puis en 1963 se rendit à La Havane où elle prit des milliers de clichés, matière première de son moyen métrage Salut les Cubains. En 2017, à l’occasion de Paris Photo, elle revenait (en anglais) sur l’influence que la photographie (à Cuba ou ailleurs) avait eue sur sa production cinématographique ultérieure. La porosité des deux disciplines est particulièrement sensible dans Ulysse, un court-métrage de 1982. Agnès Varda part d’une photo qu’elle a prise 28 ans plus tôt, la commente en voix off puis interroge les deux principaux protagonistes, Fouli Elia (toujours nu) et Ulysse Llorca (devenu adulte). Un travail touchant sur la mémoire, le déracinement et le passage du temps. 1982, c’est aussi l’année ou elle fut invitée à projeter ses photos à Arles, comme le rappelle ce document d’époque, qui se conclut, drôle de hasard, sur ces trois lettres R.I.P. (abréviation de Rencontres Internationales de la Photographie).
Pour les glaneurs et les glaneuses, il y a quelques menues infos à tirer (l’amitié avec Guy Bourdin notamment) de cette interview donnée en 2014 à Augustin Trapenard (vous pouvez aller directement à 12’20). Ou dans cet étonnant entretien (accès payant) accordé à L’Equipe en 2013 et republié dans l’édition du 31 mars. Sans oublier les patates. On citera enfin la visite récente par Sarah Petitbon et Ed Alcock de l’atelier de la rue Daguerre où une Agnès Varda mélancolique et diminuée laisse affleurer quelques regrets : « J’ai très peu documenté ma vie, même si j’ai photographié avec beaucoup de soin mes enfants. J’ai vécu intensément sans avoir besoin de capter ces moments. J’aurais pu demander à Picasso, par exemple. Ou à Jim Morrison, que j’avais rencontré aux Etats-Unis et avec qui je suis allée voir Jacques tourner Peau d’âne, à Chambord. Mais les photographes l’embêtaient tellement que je ne l’ai pas fait, par amitié. Je le regrette beaucoup. Ces images me manquent aujourd’hui.”

 

“Clique clac”, c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.
Image d’ouverture : capture d’écran du compte Instagram StreetRepeat.