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Clique clac #106

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Pour apprécier la lecture de ce numéro de « Clique clac » spécial musique & photo, commencez par lancer la playlist concoctée par la BBC (Listen now). Ceux d’entre vous qui préfèrent les berceuses peuvent se procurer cette réplique en bois d’un Leica, dans les entrailles duquel se cache une boîte à musique.


« J’adorais la musique et j’assistais souvent à des concerts, des festivals (toujours avec mon appareil photo car je ne quitte jamais la maison sans), mais je n’avais jamais fait le lien… J’imaginais que pour gagner sa vie, on devait forcément s’ennuyer un peu. » Christie Goodwin raconte comment, à son grand étonnement, elle s’est fait une place dans la fosse des concerts les plus prisés.
À l’autre bout du spectre, Romain Etienne écume les tiers-lieux de la région lyonnaise pour y photographier, en noir et blanc et à l’énergie, la scène DIY. Des concerts joués au plus près du public (voire dans le public) dont la vitalité rageuse transpire dans ses images. Pour en savoir plus sur ce travail, lisez l’interview qu’a donné l’intéressé à Nova.


Ce week-end, c’est le Hellfest. À défaut de vous rendre à Clisson et de voir Def Leppard jouer son classique « Photograph », vous pouvez vous repasser ce sujet de France 3 où l’on suit le photographe Alain Boucly lors de l’édition 2018 du festival de metal. Pas très instructif ? On vous l’accorde, mais la vidéo a au moins le mérite de donner une idée de l’ambiance détendue qui y règne. Une impression corroborée par ce diaporama haut en couleur.


Vous avez dit vintage ?
• À l’heure du retour du vinyle, ce reportage anonyme de 1954 sur une usine de pressage californienne sonne presque actuel.
Flash-back en 1970, glorieuse époque où les rockeurs posaient avec leurs parents. Philippe Katerine s’en est-il inspiré ?
Lisa Elmaleh utilise un procédé ancien pour immortaliser des musiciens des Appalaches exerçant dans la plus stricte tradition. Logique.
• Punk, version féminine.
Pour le plaisir, Big Jay Mcneely en transe (tout comme son public)


Pour la fête des pères, Hypebeast a fait poser quelques rappeurs français avec leur progéniture. Sympathique mais bien moins pertinent que « The Mash-up », projet initié par la New-yorkaise Janette Beckman qui a demandé à de grands noms du graffiti de pimper ses portraits de stars du hip-hop.


« Photographie et enregistrement du son partagent le principe de la réplication », nous dit le portail Arago. Et bien plus encore, ajoute Thomas Hammoudi, qui dans un bref essai disserte sur les liens qui unissent les deux arts, de l’art de la composition à la notion de rythme.


Histoires de pochettes…
• Quand Stephan Eicher rend hommage à Fantaisie militaire
• Quand Thelonious Monk se rêvait en héros de la Résistance française…
• Quand Kristin Anna fait un clin d’œil à Jimi Hendrix…
• Quand Steve Lear remixe des pochettes historiques façon Star Wars…
• Quand Busy mise sur le bon cheval…
• Quand Rankin et Milne sillonnaient la Grande Bretagne de part en part avec des silhouettes grandeur nature des musiciens de Pulp…


Connue pour ses clichés d’Oasis, Joy Division, Pink Floyd et surtout pour cet impeccable portrait de Charlie Watts, Jill Furmanovsky appelle à la création d’un musée dédiée à la photographie de rock avant que ne soient perdues ou dispersées les archives des photographes qui, comme elle, ont documenté et documentent encore la scène musicale britannique.


« Je ne m’étais jamais senti aussi seul de ma vie, debout de l’autre côté de la rue à les regarder aller et venir sans me prêter la moindre attention. Je me disais : « Ok, Kane, t’es là, maintenant c’est ton boulot de diriger tout ce beau monde pour la photo. » Alors j’ai pris un exemplaire du New York Times, je l’ai enroulé pour en faire un porte-voix et j’ai crié :  « S’il vous plaît, s’il vous plaît, rassemblez-vous et prenez place sur les marches… » Art Kane raconte « A great day in Harlem », fameuse photo de 1958 qui réunissait le gratin du jazz de l’époque : Dizzy Gillespie, Art Blakey, Thelonious Monk, Sonny Rollins, Mary Lou Williams, Lester Young, Charles Mingus, Horace Silver, Count Basie, etc. Si vous aimez le jazz ou si vous êtes simplement sensible au design des pochettes Blue Note, on vous conseille aussi cette brillante vidéo d’Estelle Caswell.


Concluons avec quelques idées de sorties et de lectures.
Côté expositions, c’est, comme souvent, à Paris que ça se passe : les free parties vues par Seana Gavin (galerie PCP, 3e), l’impassible JJ Cale par Stéphane Sednaoui (Ground Control, 12e), l’expo collective « 8 Photographes en musique » (Espace Dupon-Phidap, 18e), sans oublier les deux ambitieux accrochages que sont « Paris-Londres, music migrations (1962-1989) » (Musée de l’Histoire de l’immigration, 12e) et « Electro, de Kraftwerk à Daft Punk » (Cité de la Musique, 19e). Hors capitale, signalons l’événement « Bashung, comme un écho » qui se tient à Strasbourg ce week-end et dont le programme (détaillé ici) promet une « exposition photographique augmentée ».
Côté publications récentes, on citera Contact High, livre-somme qui en 288 pages et presque autant de planches-contacts raconte les origines du hip-hop, et 34 guitares de légende en taille réelle, ouvrage coréalisé par les photographes Max Ruiz et Alberto Martinez dont le titre rend toute explication superfétatoire.


Dernier rappel : « Click, Click, Click, Click »


« Clique clac”, c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.