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Clique clac #114

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Entendra-t-on un jour résonner l’hymne de Transnistrie au Stade de France ? Cette région autonome de la Moldavie a déclaré son indépendance, mais ni les pays voisins, ni l’ONU ne reconnaissent son statut d’État. Indépendance ou pas, les clubs de foot locaux sont rattachés à la fédération moldave. C’est ce fil conducteur (celui des matchs de foot et de la rivalité possible entre supporters), qu’a choisi Chiara Dazi pour construire son reportage « The Moldovan derby ». En s’attachant davantage aux à-côtés qu’au jeu lui-même, la photographe italienne montre que la situation est à la fois plus complexe et moins tendue qu’on pourrait le craindre. Son reportage est à découvrir sur le site du Calvert Journal mais aussi à Barro, petit village charentais qui accueille à partir du 14 septembre le festival Barrobjectif. Une 20e édition aux couleurs transalpines puisque l’invité d’honneur n’est autre que Paolo Pellegrin.


Ces dernières semaines, « Clique clac » a de faux airs de rubrique nécro (« Clique claque »?). Après Rob Gnant (CC111), Barbara Crane (idem), Peter Lindbergh (CC113) et Steve Hiett, c’est au tour de Robert Frank de tirer sa révérence. Un monument de la photographie du XXe siècle auquel la RTS et France Culture rendent les hommages les plus complets (n’est-ce pas France 2…). En attendant qu’Arte rediffuse L’Amérique dans le viseur, on peut voir ou revoir Leaving home, coming home, le documentaire que Gerald Foxs avait, en 2005, consacré au photographe de la Beat generation. Intéressante aussi est cette vidéo où un Robert Frank âgé de 93 ans raconte quelques-unes des photos composant ce qui restera son chef-d’œuvre (même s’il n’appréciait sans doute pas le terme) : Les Américains. En bonus, le premier jet (ratures comprises) de la préface signée par un certain Jack Kerouac. Et si vous voulez lire les hommages de Bulle Ogier, Raymond Depardon, Joel Meyerowitz, Ralph Gibson, Jim Jarmush et quelques autres, c’est ici que ça se passe.


« Quand j’étais étudiante à l’école des beaux-arts, un de mes professeurs m’a dit que la photographie c’est la recherche d’une métaphore dans la vie réelle. Idéalement, dans mes photos, j’aimerais bien trouver cette métaphore, cette sorte de poésie dans le banal quotidien ». Kasia Strek, l’une des figures montantes du photojournalisme européen, raconte une de ses photos, prise en Silésie, à Bytom, ville minière aujourd’hui laissée à l’abandon.


Il y a 54 ans, les terrains de basket chinois étaient un peu plus rustiques que ceux qui accueillent actuellement la Coupe de Monde.


Projet collaboratif de Catherine Losing et Robert Graves-Morris, « Pornosynthesis » applique l’esthétique porno-chic à la photographie botanique. Dit comme ça, ça peut sembler saugrenu, mais il faut voir les images pour comprendre le pouvoir suggestif des pistils turgescents et des étamines suintantes. Les bénéficies générés par la vente du livre Pornosynthesis (envoyé, comme il se doit, sous pli discret) seront reversés à l’organisation environnementale Friends of the Earth qui œuvre, notamment, à la sauvegarde des abeilles.


Pour écrire sur Gerda Taro, faut-il forcément la « décapaïser » ? Un article bienvenu à l’heure où se multiplient les récits plus ou moins fictifs autour de la pionnière du photoreportage.


« Le métier de photographe est un métier tellement épanouissant que j’en oublie mes douleurs. » On a entendu plus d’un photojournaliste tenir ce genre de propos, mais que se passe-t-il lorsque les douleurs ne veulent plus se faire oublier et qu’elles se rappellent violemment à soi, sous forme de maladie, de mal de dos, de dépression ou de burn out ? Pour en avoir le cœur net, la Saif et la Scam ont confié début 2019 au Céreq (Centre d’Étude et de Recherches sur les Qualifications) et à la sociologue Irène Jonas une étude sur la santé des photographes au travail. Le fruit de leur enquête est à découvrir dans un rapport de 52 pages émaillés de nombreux témoignages (version synthétique ici).


Pendant ce temps-là, les ventes d’appareils photo poursuivent leur chute.


On remercie Dorothée Barba d’avoir attiré notre attention sur « Iran-Irak, une guerre de l’image », documentaire diffusé sur Arte (et visible en ligne jusqu’au 8 novembre) dans lequel le photoreporter Saied Sadeghi se souvient de ses années passées au service du régime Khomeiny dont il assurait la propagande par ses images : « L’obturateur de mon appareil photo était plus fort qu’une balle… »


Vous n’en rêviez pas, Apple l’a fait : le slofie.


Grâce à un malin dispositif de prise de vue (miroir sans tain, éclairage de studio) et un sens aiguisé des contacts humains, Françoise Levillain a réalisé une galerie de portraits des usagers des bains publics. Un travail jamais larmoyant dont elle a raconté les coulisses à France 24.


Si vous passez du côté de Châtellerault, faites un tour à la Manufacture d’Armes (la Manu pour les intimes). Ce haut-lieu du patrimoine industriel local, qui fête cette année ses 200 ans, se prête particulièrement à la photographie, comme le prouvent Kevin Maillet et Miloud Kerzazi (un nom qui évoquera des souvenirs aux lecteurs de Photofan).


« Clique clac”, c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Visuel d’ouverture : Extrait de « The Moldovan derby » © Chiara Dazi