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Clique clac #119

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Sorti hier au cinéma, Camille raconte le parcours de Camille Lepage, photojournaliste qui couvrit la guerre civile en Centrafrique et y trouva la mort en 2014. Soucieux de réalisme, le réalisateur Boris Lojkine a fait appel à Michaël Zumstein, reporter chevronné qui côtoya Camille Lepage, pour coacher l’actrice principale Nina Meurisse. Pour le témoignage de Zumstein, c’est ici (à 33:30) ; pour celui de Lojkine et Meurisse, c’est par .


Photographe d’origine gabonaise, Saan considère que prendre des photos des migrants en état de choc à leur arrivée sur l’autre rive est un manque de respect. Dans le même temps, il est conscient qu’il faut alerter le public sur ces traversées tragiques. Pris entre ces deux injonctions contradictoires (dire sans montrer), il a fait le choix de la mise en scène sur une plage de Deauville. Une photo qui pose question.


Consacré aux amoureux du Ventoux, le dernier numéro de « Faut pas rêver » a fait un détour par la Sorgue (à 1:08:45), rivière fétiche de Yannick Gouguenheim, photographe subaquatique (et seul homme à pouvoir détecter la stupeur dans l’œil d’un poisson) dont vous avez peut-être découvert le travail dans le n°57 de Nat’Images.


Quand des rugbymen se font passer pour des photographes


« Rapporteur de guerre », « sentinelle en alerte », photographe « inusable », Patrick Chauvel a été doublement récompensé le week-end dernier lors du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre. Plutôt que de s’appesantir sur les circonstances dans lesquelles il a réalisé son reportage « Syrie, la fin de Baghouz », le photoreporter a préféré saluer le travail des fixeurs avant de lancer à l’audience : « On abandonne les Kurdes, et je trouve ça dégueulasse. L’histoire se répète, les Kurdes sont devenus les harkis de la région. Il ne faut pas abandonner les gens » (sources : RFI et PMS). Le palmarès intégral ainsi que les expositions programmées dans le cadre de l’événement sont à retrouver sur le site du Prix Bayeux-Calavados.


Jill Freedman, qui aimait se présenter comme une « correspondante de paix », nous a quittés le 9 octobre à l’âge de 79 ans. L’occasion de relire ce portrait de Jonas Cuénin et de revoir ses images.


Le Musée d’histoire naturelle de Londres a dévoilé le palmarès du Wildlife Photographer of the Year 2019. Un palmarès où – cocorico ! – figurent quelques photographes français : Fabien Michenet, Joël Brunet, Franck Deschandol, Emmanuel Rondeau, Cyril Ruoso et, surtout, Jérémie Villet qui remporte le Prix de l’étoile montante pour une série intitulée « Frozen moment ».


Pour son retour aux affaires, le groupe Cigarettes After Sex, originaire d’El Paso (Texas), a fait appel à Cyril Druart. Le photographe français signe en effet la pochette de « Falling in love », single annonciateur d’un nouvel album. Une photo planante pour une chanson qui ne l’est pas moins. Le groupe de rock instrumental Syberia (qui, comme son nom ne l’indique pas, vient de Barcelone) a, lui, retenu un cliché oppressant de Sean Mundy, photographe montréalais récemment interviewé par Fisheye.


Quelle valeur a la norme CIPA quand on sait que son protocole n’a pas évolué depuis 2003 et qu’elle laisse le soin aux constructeurs de mener leur tests d’autonomie comme ils l’entendent ? Très intéressant article de Jean-Nicolas Lehec.


Elles sont Égyptiennes, elles s’appellent Fatma Fahmy, Hana Gamal, Amina Kaddous, Hebba Khamis ou Eman Helal et sont devenues photographes pour la meilleure raison qui soit : ne pas laisser à d’autres le soin de raconter leur histoire. Lou Mamalet les a interrogées à l’occasion de la 3e Biennale des photographes du monde arabe contemporain qui se tient, notamment, à l’Institut du monde arabe (Paris 5e).


Les autres rendez-vous de la semaine…
« Planche(s) Contact » à Deauville
« Photo Festival » en Baie de Saint-Brieuc
« Contre-Histoires » à Clermont-Ferrand
Guy Bourdin à Nice
Jane Evelyn Atwood, Alexandra Boulat, Shirin Neshat, Orlan et bien d’autres à Strasbourg
Matthieu Gafsou, Matilda Holloway et Manon Lanjouère à Toulouse
Peter Hujar au Jeu de Paume
Michael Stipe à la MEP (rencontre-signature le 20 octobre à 18h)
• Double masterclass avec Valérie Belin et Sabine Weiss à la MEP le 26 octobre


On termine avec une série photographique qui diffuse un certain malaise, et même un malaise certain. Pourtant « Purity » ne verse ni dans le morbide, ni dans le scabreux. Dans ce travail de David Magnusson, père et fille posent ensemble dans leurs plus beaux atours. Pourquoi sont-ils sur leur 31 ? Parce qu’ils se rendent au bal, plus exactement à un « Purity ball », rituel américain (les photos ont été prises en Louisiane, au Texas, dans le Colorado et en Arizona ) au cours duquel de jeunes filles promettent de rester vierges jusqu’au mariage. Ces images symbolisent-elles l’amour ou l’emprise paternel ? S’il a un avis sur la question, David Magnusson se garde bien de le montrer, laissant le spectateur face à ses doutes. La bonne photo en dit parfois plus sur celui qui regarde que sur celui qui est regardé.

« Clique clac”, c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Photo d’ouverture : capture d’écran de la bande-annonce de Camille, réalisé par Boris Lojkine