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Clique clac #139

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Pour célébrer ce 9 avril, journée internationale de la licorne, on a cherché sur la Toile des photographes spécialistes de l’animal. En vain. (Méfiez-vous des imitations!) Faute de licorne, rabattons-nous sur son cousin des mers, le narval. En la matière, un nom vient tout de suite à l’esprit : Paul Nicklen. Sur son site, le photographe canadien réserve une galerie au mystérieux cétacé. Mais curieusement n’y figure pas le reportage qui lui valut, en 2008, un 2e prix au World Press Photo. Il faut dire que les images sont bien plus glaçantes. Pour National Geographic, Nicklen avait suivi un groupe de chasseurs inuits dans le but de dénoncer certains comportements. Si l’article eut quelques retentissements au moment de sa publication, son effet sur le long terme fut nul, comme l’admettra en 2018 un Paul Nicklen dépité mais lucide dans cet extrait de l’émission « In Depth ».


Dure époque pour les photographes naturalistes. Tandis que les fleurs des bois éclosent, que les oiseaux paradent, que les mammifères s’activent, les voilà reclus chez eux avec pour seul terrain de jeu, dans le meilleur des cas, un carré de jardin. Mais, pour peu que l’on soit patient et inventif, cela peut suffire pour faire des photos qui sortent de l’ordinaire. Preuve en est l’accouplement de gobemouches gris que Jean Pignot a immortalisé dans son jardin par un habile stratagème… que nous ne dévoilerons pas ici puisque cette image et son histoire sont à découvrir, parmi d’autres, dans le dernier numéro de Nat’Images, disponible en kiosques et en version numérique. À celles et ceux qui rongent leur frein, on conseille de suivre l’exemple de Franck Renard et de lire cet article (en anglais) de TTL Nature qui donne dix idées à explorer par temps de confinement (insectes, pièges photo, time-lapses, astrophoto, macro florale en intérieur, etc.). 


Jusqu’au 12 avril, Magnum Photos organise, en partenariat avec The Everyday Projects, une vente de tirages, dont 50% des profits seront reversés à l’action d’urgence COVID-19 de Médecins Sans Frontières. Réunis sous la thématique « Turning points » (soit des événements qui ont changé le cours de l’histoire, de la société, d’une vie, etc.), les tirages 6×6″ signés par les photographes et tamponnés par les estates sont en vente à 100 $.


De nombreuses galeries proposent des visites virtuelles des expositions qu’elles accueillent actuellement. L’action est louable, mais rarement convaincante car impersonnelle. Pourquoi ne pas plutôt s’inspirer des concerts à la maison qui se généralisent ces temps-ci ? C’est ce que se sont dit Zuzanna Rabikowska en montant sa propre expo à domicile et Dino Jasarevic en organisant une projection dans la rue.


La foire de Bièvre n’aura pas lieu. Une annulation qui s’ajoute à de nombreuses autres.


Les marques au front : Fujifilm planche sur un médicament, Sony crée un fonds de soutien aux personnels médicaux et Kodak apporte son aide dans la production de gel hydroalcoolique.


C’est un terrain sur lequel on n’attendait pas forcément Steve McQueen (on parle ici du réalisateur de Hunger ou Twelve years a slave, pas de l’acteur). Le temps d’un projet pour la Tate Britain de Londres, le cinéaste s’est transformé en photographe scolaire. 76146 élèves de Year 3 (équivalent du CE2) sont ainsi passés devant son objectif, dressant le portrait d’une classe d’âge mais aussi du système éducatif britannique dans toute sa multiplicité (le projet embrasse écoles publiques, privées, spécialisées, à domicile, etc.).


Décernée depuis 1955 par l’Oversea Press Club of America, la Médaille d’or Robert Capa récompense un reportage photographique ayant requis un courage exceptionnel. Cette année elle a été attribuée à Dieu-Nalio Chéry pour sa couverture des manifestations dénonçant la pénurie de carburant en Haïti (diaporama ici). Manifestations violentes qui ont bien failli lui coûter la vie en septembre dernier.


Wow.


Photographe de studio dans une première vie, Harry Fayt a fait le grand plongeon en 2011. Littéralement. Ce natif de Charleroi, aujourd’hui installé à Liège, a décidé, après quelques tentatives fructueuses avec des bébés nageurs, d’immerger son matériel de studio et de se lancer dans le portrait en piscine. Une décision couronnée de succès, même si on ne soupçonne pas toujours les difficultés à gérer lors des séances de prise de vue, qu’il s’agisse du maquillage des modèles, de la préparation des éventuels accessoires ou de la direction artistique.


En guise de conclusion, quelques portfolios sans autre enjeu que le plaisir des yeux :
• La ligne claire selon Michal Zahornacky
• Les éclats de rue d’Ida Wyman
• Les chroniques africaines de Georgina Goodwin
• Les chiens oubliés de Martin Usborne
• Les fusions au naturel de Christoffer Relander
• Les cowboys de l’Atlantique par Andrea Gjestvang
• Les mondes miniatures de Derrick Lin
• Les inspirations pastel de Laura Koolen
• La rédaction de Chasseur d’Images après trois semaines de télétravail

 

« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Photos d’ouverture : captures d’écran issues du site du World Press Photo