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Clique clac #149

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Nos confrères de Rolling Stone (France) proposent depuis quelques semaines une version hebdo numérique (en libre accès) de leur magazine. Dans le n°8 paru la semaine dernière, on trouve (page 9) un article sur « Desert Island Disk », une série pour laquelle la photographe britannique Trisha Groves a demandé à des millenials de poser avec leur disque préféré. On y trouve surtout, page 16, un long entretien avec Henry Diltz. Ce nom ne vous dit rien ? Et pourtant, on prend le pari que vous connaissez ses photos. On lui doit 200 pochettes d’albums (dont Morrison Hotel des Doors, Déja Vu de Crosby, Stills, Nash & Young, London town des Wings, Wicked game de Chris Isaak ou Mother’s milk des Red Hot Chili Peppers) et quelques-unes des plus célèbres images du festival de Woodstock. L’octogénaire toujours vert a accueilli Stéphane Basset chez lui, dans la banlieue de Los Angeles, et l’a gratifié d’anecdotes savoureuses sur son passé de musicien (il a collaboré avec Phil Spector), son entrée en photographie (« J’ai pris mes premiers clichés en plein trip ») et bien sûr la scène musicale de Laurel Canyon. Le tout ponctué d’extraits vidéo et audio. De quoi lancer parfaitement ce numéro de « Clique clac » entièrement consacré au mariage de la musique et de la photo.


Aujourd’hui se termine la campagne de financement de la compilation de rap Deuxième souffle. Une heureuse initiative (tous les bénéfices sont reversés à la Fondation Hôpitaux de Paris) que l’on doit à Ju Pi, photographe et rédacteur du site Backpackerz.


Entre 2016 et 2018, Sylvie Bosc a effectué un pèlerinage photographique dans le sud profond des États-Unis, sur les terres qui ont vu naître le blues. Visibles ici, ici et ici, ses différents reportages ont donné lieu à un livre, Mississippi, terre de blues et à un documentaire dans lequel on voit la photographe occitane marcher dans les pas de Charley Patton, Robert Johnson et BB King (on vous rassure, la prise son s’améliore après les premières minutes).


On n’est pas prêts de revoir Kompromat sur scène, mais pour patienter on peut relire cette interview de Tom Anirae qui a suivi le duo franco-français lors de ses récents concerts, le tout en écoutant à fond Das Grab, « un morceau dingue pour faire des photos ».


LE SAVIEZ-VOUS ?
• La pochette de New York de Lou Reed est un hommage à Brassaï.
• Chuck Grant, la sœur de Lana Del Rey, est photographe ; c’est elle d’ailleurs qui signe la plupart de ses clichés officiels.
• Quand il ne compose pas sous le nom d’Agoria, Sébastien Devaud expose ses clichés « pollockiens » dans les galeries parisiennes.
• Le tout premier 45 tours de Cat Power, Headlights, était illustré par une photo d’Emmet Gowin qui appartient aux collections de la MEP.
• C’est un Français, Denis Rouvre, qui a signé la photo de couverture de To pimp a butterfly de Kendrick Lamar, l’un des plus importants albums de ce début de siècle, tous genres confondus.


Dans une première vie, John Maher fut batteur des Buzzcocks. Et c’est en 1979, pour garder un souvenir de la première tournée américaine de son groupe, qu’il s’acheta un Olympus Trip 35. Il ne savait pas alors que la photographie lui ouvrirait les portes d’une deuxième carrière, faite de paysages en pose longue.


Leur goût pour l’expérimentation les destinait à se rencontrer : Christine Ott, spécialiste des ondes Martenot, s’est associée à Fanny Béguély, spécialiste du chimigramme, pour produire les visuels de son nouvel opus.


Il y a 25 ans, Miossec sortait son premier album : Boire. Un coup de pied dans la fourmilière de la chanson française et une pochette impeccable signée Richard Dumas. Dans le documentaire Miossec, Tendre granit, réalisé par Gaétan Chataigner, le photographe raconte les coulisses arrosées de ce portrait du chanteur réalisé en cinq minutes : « Il a un visage tellement intéressant qu’il n’y a pas besoin de subterfuge. C’est un écran parfait pour recevoir la lumière. » (à partir de la 19e minute, mais tout le doc vaut le détour).


Homme sans cœur, Ruslan Khasanov maltraite ses CD pour en tirer des images psychédéliques.


Non, les amateurs de reggae ne sont pas ces êtres apathiques tout juste bons à dodeliner de la tête en fumant un joint. En tout cas, pas tous… Collectionneur de vinyles, Alex Bartsch a passé dix années de sa vie à sillonner Londres pour essayer de faire coïncider les pochettes de ses précieux albums avec leur lieu de prise de vue. Bon pied, et surtout bon œil !


Un nouvel album de Bob Dylan est toujours un événement, mais quand il s’agit de son premier recueil de compositions originales en huit ans, l’effet d’attente est décuplé. Et on se prend à en ausculter les moindres détails, comme la photo qui sert de couverture à Rough and rowdy ways. Ce cliché, noir et blanc à l’origine, a été pris en 1964 dans un club de l’est de Londres par Ian Berry, qui ne garde pas spécialement un bon souvenir de cette séance de prise de vue : « J’ai travaillé vite sous un éclairage faiblard, et je savais qu’à un moment je serais obligé de partir car je n’avais pas de permission pour être là. (…) Il y avait des caisses de bouteilles de bière près de l’entrée, et les gens ont commencé à me les jeter, alors je suis parti.»


PAROLES, PAROLES, PAROLES…
• « Shake it like a Polaroid picture! Hey ya! » (Outkast, Hey ya!)
• « How come you always load your Pentax / When I’m in the nude? » (Michael Franks, Popsicle toes)
• « Des requins, des murènes / Des hordes aux yeux jaunes / Armés de Nikon » (Clarika, Robbie)
• « Awake, to a plate – of a homemade pancake / Used to picture myself at the NFL Draft / I just couldn’t remove the lens cap » (Nappy Roots, Blowin’ trees)
• « Prends une photo avec moi, c’est une cure / Fais-en un poster, mets-le sur ton mur » (Omnikrom, Prends une photo avec moi)
• « Indochina, Capa jumps Jeep, two feet creep up the road / To photo, to record, meat lumps and war » (Alt-J, Taro)
• « Je photographie à ton insu toute ta vie / La fenêtre est sur la cour, clic, clac sur tous les contours »  (Étienne Daho, Vis-à-vis)
• « Your smile’s a photographic plate / It’s so easy to duplicate / But how the image fades » (Mark Lehnhoff, Sparkle lady)
• « Flash / Il en respire toutes mes nuits / Flash / Ça m’fait si mal que j’en rit » (Jeanne Mas, Flash)
• « No meu alforge tem, filme mais de 100 / Pose, Kodak, Leica, Fuji / Tudo pra que eu, hoje ‘regaçasse’ igual » (Emicido, Yasuke (Bendito, Louvado Seja))
• « I keep a picture of you / Just to keep you safe » (Laura Marling, For you)
• « Room games and diamond rain / It’s a fox hunt, it’s a f-stop / It’s a ten acre wood » (Silver Jews, Room Games and Diamond Rain)
• « Je vais charger mon appareil photo / Allons dimanche au bord de l’eau » (Hugues Aufray, Dimanche au bord de l’eau)
• « Kodak moment, polaroid picture, shake it, yeah yeah yeah » (Slowthai, Polaroid)


On termine avec un avant-goût (musical forcément) du prochain thème des Défis de C.I.

« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.
Photo d’ouverture :  The Doors, Morrison Hotel, Los Angeles, CA, 1969 © Henry Diltz. Haut de page : couverture du n°8 de Rolling Stone Hebdo (photo de Neil Young par Henry Diltz)