accueil Vie culturelle Clique clac #162

Clique clac #162

825

La revue en ligne Continents Manuscrits consacre son dernier numéro à la photographie algérienne. Une exploration très documentée qui embrasse les époques (de la décolonisation à la révolution de 2019 en passant par la guerre civile des années 1990) en s’appuyant sur les réflexions de chercheurs et les expériences de photographes. Parmi la douzaine d’articles qui composent la revue, on citera notamment celui de Fadila Yahou sur le traitement orienté de la guerre d’Algérie par Paris Match, l’interview de Fatima Chafaa sur son installation photographique « Loin des murs de Takamra » ou encore le témoignage illustré de l’apprenti reporter Sabri Benalycherif. Ce numéro de Continents Manuscrits, publié au cœur de l’été, est dédié à la mémoire de Nasser Medjkane, photographe algérois décédé en tout début d’année. S’il était sorti la semaine dernière, sans doute aurait-il salué également la mémoire de Georges Azenstarck, photoreporter tout juste disparu à qui l’on doit les seules images de la nuit du 17 octobre 1961 durant laquelle plusieurs centaines d’Algériens manifestant à Paris pour le droit à l’indépendance furent tués par la police française.


On s’en doutait un peu, mais c’est désormais officiel : le Salon de la Photo de Paris et le Festival de Montier en Der n’auront pas lieu cette année. En revanche, la foire Paris Photo est maintenue.


Avant de mettre un point final à sa 3e édition, le festival normand « Les femmes s’exposent » a décerné ses prix. À Laurence Geai le Grand Prix LFSE-Fujifilm pour son reportage sur une prison du Kurdistan syrien où sont entassés 5000 membres présumés de Daesh. À Stéphanie Lacombe le Prix OBS-LFSE pour « Immobile home », une virée chaleureuse à Berck-sur-Mer dans le camping Ami-Ami. À Delphine Blast enfin le Prix SAIF-FLSE pour « Les isolés d’Isabeau », un sujet sur (et avec) les résidents d’un Ehpad de Roubaix réalisé lors du confinement. Bonus : le portrait chinois de Béatrice Turpin, la fondatrice du festival.


La photo de classe en temps de Covid, entre adaptation et réinvention, avec des variations selon les régions.


Auteurs, autrices, éditeurs, éditrices, vous avez jusqu’au 4 octobre pour soumettre votre livre photo au jury du Prix HiP. Ce prix, lancé l’an passé, récompense des ouvrages photographiques francophones dans une vingtaine de disciplines/catégories (« Société », « Reportage & histoire », Nature & environnement », « Jeunesse », « Autoédition », etc.). 


Le coin des technophiles et des iconomécanophiles
• 189 capteurs x 16 mégapixels = 3,2 gigapixels.
• L’Asahi Pentax SV, un appareil vraiment très robuste.
• Dans le studio de Levon Biss, expert ès microsculptures.
• Et si vous pouviez parler à votre appareil photo ?
• Jim Matthew, l’homme aux 3000 appareils.
• Yasuhara Nanoha : Super Macro et super bizarre.
• Le mode Pixel Shift peut-il rivaliser avec la haute définition ?
• Canon PowerShot Zoom, bientôt dans la poche de tous les supporters ?


Initiée à la photographie par son père, pour qui elle posa nue, muse et partenaire de Man Ray, Lee Miller s’est vite émancipée de ses figures masculines envahissantes pour mener sa barque, enchaînant les shootings pour Vogue avant de se lancer dans le reportage de guerre. Un itinéraire hors-norme que raconte, avec force images et témoignages, le documentaire de Teresa Griffith diffusé dimanche dernier sur Arte et visible pendant trois mois sur le site de la chaîne. « Les femmes comme elles ont clairement ouvert la voie », indique à juste titre Lynsey Addario, l’une de ses héritières.


À quoi ressemblait la photographie avant l’apparition du film ? Le MoMa de San Francisco propose de (re)découvrir cinq pionniers de la photographie (Henry Fox Talbot, Carleton Watkins, Julia Margaret Cameron, Eadward Muybridge et Man Ray) à travers cinq courts-métrages d’animation minimalistes mais très soignés (et évidemment en anglais).


Pendant ce temps, à Bangkok


Repérée à l’occasion de l’exposition « À toi appartient le regard » (visible jusque début novembre au musée du quai Branly), la Congolaise Gosette Lubondo dévoile un peu de sa démarche, à la fois mémorielle et personnelle, en racontant la fabrication d’une de ses photos à Polka.


On peut vous le dire maintenant, c’est la grande Misty Copeland qui nous a soufflé le thème du Défi du n°424 de C.I. (« Danse ») et celui du prochain numéro (« A la manière de… »). Et on vous rappelle qu’il est toujours possible de participer au Défi « Paréidolie » (mais interdiction de faciliter l’identification… n’est pas Chris Judge qui veut).


En général, quand un établissement pénitentiaire accueille un photojournaliste entre ses murs, il fait en sorte de présenter cellules et détenus sous le meilleur jour possible. Pas à San Salvador où l’idée, au contraire, est de montrer que l’on traite les membres des gangs avec la plus grande sévérité, comme le raconte Yuri Cortez sur le blog « Making of » de l’AFP.

 

« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.
Photo d’ouverture : Un jeune garçon, drapeau à la main s’apprête à rejoindre la manifestation depuis le quartier du Telemly. Alger, 8 mars 2019.© Sabri Benalycherif
Haut de page : capture d’écran issue du documentaire
Mémoire du 17 octobre 1961