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Clique clac #163

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Dans un billet relayé le 18 septembre dernier par le site Družina, le photographe et philosophe Evgen Bavčar remerciait Tadej Pogačar et Primoz Roglic d’avoir réussi ce qu’il tente de faire depuis des décennies : placer la Slovénie sur la carte. « Je suis ému, écrit le plus célèbre des photographes aveugles, je me bats pour la reconnaissance de la Slovénie dans le domaine culturel en France depuis des décennies. » Prenons-le au mot et profitons de ce coup de projecteur sportif pour évoquer quelques noms de la photographie slovène.
Le premier (le seul ?) qui vient spontanément à l’esprit est celui de Klavdij Sluban. On n’a pas de mérite, ce photographe indépendant, aussi à l’aise dans les
Balkans qu’à Deauville, a fait l’essentiel de sa carrière en France, remportant même en 2000 le Prix Niépce. Mais que l’on se rassure, Klavdij Sluban n’est pas seul.
Dans un style approchant, on peut citer
Jost Franko qui travaille sur les conséquences de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie et qui, à ce titre, s’est rendu à plusieurs reprises dans les camps de réfugiés bosniaques. Les habitués du festival de La Gacilly se souviennent sans doute de « La route du lithium », édifiant reportage de Matjaz Krivic exposé en 2018. La même année, le festival « Circulation(s) » présentait au public parisien « Sequences of truth and deception », drôle de série signée par la plasticienne Vanja Bucan sur la thématique du camouflage. Le camouflage (ou tout comme) est aussi cœur du sujet que Ciril Jazbec a réalisé pour le compte de National Geographic. Le photographe est allé dans les Alpes juliennes pour y documenter un rite millénaire : le Pust. Dans un tout autre genre, citons Jana et Janez Puksic, qui pratiquent la photographie culinaire à quatre mains dans leur studio de Ljubljana (monsieur à la prise de vue, madame au stylisme culinaire). Soyons honnêtes, ce dernier nom, on l’a trouvé sur la page que Wikipédia consacre à la photographie slovène. Les fiches biographiques y sont réduites au minimum, mais elles dressent une première cartographie (connaissiez-vous Janez Puhar, inventeur d’un procédé photographique sur verre ?) et invitent à la découverte. C’est ainsi qu’on se retrouve sur le site de Jane Štravs à faire défiler les images… jusqu’à tomber sur ce portrait goguenard de Leon Dolinšek, autre photographe slovène disparu en 2009 et dont les images du petit peuple de Ljubljana semblent assez proches de l’école humaniste française. On dit « semble » parce que les photos et les infos sur le sujet sont difficiles à trouver, à moins évidemment de maîtriser la langue de Slavoj Žižek et de Jan Oblak. Ce qui nous rappelle une phrase prononcée par Klavdij Sluban dans une des vidéos mises en lien plus haut : «  La photo est au-delà du langage, c’est de l’espéranto, mais un espéranto qui a marché. »


On traite les braves de fous
Et les poètes de nigauds
Mais dans les journaux de partout
Tous les salauds ont leur photo.


La revue en ligne OpenEYE vient de sortir son premier hors-série, un numéro conçu suite à un appel à projets et réunissant 35 propositions photographiques sur le thème du confinement.


Sandrine Rousseau a rejoint la vallée de Massat, dans le Haut-Couserans, il y a vingt ans. Là, elle a rencontré des hommes et des femmes venus comme elle chercher au fin fond de l’Ariège un lieu où se poser, « loin des villes et des lois débiles » – dixit Barbara, l’une des 24 personnes ayant accepté de participer au projet de la photographe. Celui-ci, intitulé « Temps de pose », a été décliné en exposition et sous la forme d’un site Internet réunissant les mots et les photos des unes et des autres.


C’est en visionnant des tutos sur les meilleures méthodes pour prendre des selfies que Claudius Gentinetta, mi-amusé, mi-effaré, a eu l’idée de faire un court-métrage d’animation sur le sujet. Critique sans être moralisateur, Selfies est visible ici jusqu’au 12 octobre.


Atterrante défense de Jonathan Leder, photographe accusé d’agression sexuelle par Emily Ratajkowski : “Vous savez de qui on est en train de parler, n’est-ce pas? C’est de la fille qui a posé nue dans le magazine Treats! et qui a rebondi à poil dans le clip de Robin Thicke à l’époque. Vous pensez vraiment que c’est une victime ?”


Mise en scène ou vrai document d’époque ? À partir de deux exemples concrets issus de la Première Guerre mondiale, Romain Vincent, prof d’histoire-géo dans l’académie de Créteil, explique comment il incite ses élèves de 3e à s’interroger sur la nature des photographies.


Une mer déchaînée, un catcheur survolté, un photographe chevronné et un défi à relever : 60 secondes pour 4 portraits.


Combien de trésors dorment dans les greniers et les maisons abandonnées ? Dylan Scalet a passé une partie du printemps dernier à numériser les 5000 négatifs laissés par son grand-père Jack Sharp, révélant un talent digne des plus grands photographes de rue. De son côté, Victor Galusca a passé les trois dernières années à dépoussiérer et scanner les négatifs qu’il avait découverts en 2016 dans une maison abandonnée de Moldavie. Et quelle surprise là encore !…


Juliette Gréco par Irmeli Jung, sa photographe attitrée.

« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.
Photo d’ouverture : Tadej Pogacar dans la Planche des Belles Filles © F. Faugère/L’Équipe
Haut de page : portrait de Leon Dolinsek (capture d’écran issue du site de Jane Štravs
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