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Clique clac #164

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C’est au début des années 1930, après avoir vu des photos du lynchage de Thomas Shipp et d’Abram Smith qu’Abel Meeropol, trente ans à peine, décide d’écrire un poème sur le sujet : Bitter fruit. D’abord diffusé de façon confidentielle, le texte est popularisé en 1939 par Billie Holiday sous le titre Strange fruit. En écho à la fameuse chanson et en réponse aux violences policières à l’encontre de la population afro-américaine, Jon Henry a réalisé une série de portraits intitulée « Stranger fruit ». Ce travail inspiré par la Pietà de Michel-Ange a valu à son auteur l’Arnold Newman Prize for new directions in photographic portraiture.


Mélancolique, torturée, morbide… tels sont les qualificatifs qu’on accole habituellement l’œuvre de Francesca Woodman et, par capillarité, à la photographe elle-même. Une vision éloignée de la réalité selon George Lange qui a côtoyé et photographié l’artiste quand ils étaient étudiants à la School of Design de Rhode Island à la fin des années 1970. Lange ne veut pas réécrire l’histoire (Francesca Woodman s’est suicidée à l’âge de 22 ans des suites d’une dépression), juste rappeler que sa personnalité était plus complexe que ce que se plaisent à dire certains exégètes.


Le brame attire chaque année davantage de curieux, venus écouter ou photographier ce spectacle de la nature. Mais avant de partir en forêt, on ne saurait trop vous conseiller de lire et visionner cet article de Franceinfo dans lequel Ananda Joinet rappelle quelques règles à respecter si l’on veut que le spectacle perdure. La quiétude du cerf fait sa force.


Un soleil qui se couche, du carton, une paire de ciseaux et pas mal d’imagination : tels sont les ingrédients nécessaires à John Marshall pour composer ses « Sunset selfies ».


« La photographe rapproche de la réalité la personne qui regarde en l’emmenant dans l’image. Elle utilise une grande profondeur de champ, le grand angle ouvert sur des horizons et un gros plan sur une femme abasourdie, assise dans sa voiture, reprenant son souffle après avoir vu que sa maison a disparu. Elle attend du réconfort soit du téléphone qu’elle tient dans la main, soit de son mari qui se tient debout, au second plan, au milieu des débris. La photographe a pris la femme en premier plan, face à nous, pour susciter une interaction entre le sujet et nous, une compassion et une envie de consoler cette Américaine. » Pour la rubrique « Le monde dans le viseur » (France Culture), Marylène Rannou, enseignante en photographie au Havre, analyse une image de Robyn Beck emblématique des incendies qui dévastent la Californie.


Californie encore, mais côté musée avec cette belle initiative du Oakland Museum of California qui a créé un site autour des archives de Dorothea Lange, d’une richesse telle qu’on vous recommande de l’épingler dans vos Favoris.


Californie toujours, avec cette impeccable série pastel de George Byrne qui dévoile les beautés cachées de Los Angeles.


À l’occasion de la journée internationale de la non-violence (le 2 octobre), l’agence photographique MAPS lance une vente en ligne de photographies autour de la thématique « For peace » au profit de l’association Greenpeace France. Les tirages, signés, sont vendus au prix unique de 120 €. Fin de l’opération le 10 octobre.
Autre cause, autre vente. À la demande du magazine de design IDEAT, trente femmes photographes (dont Mona Kuhn, Claudine Doury, Isabel Muñoz) ont offert une de leurs photos afin de récolter des fonds pour la lutte contre le cancer du sein.


Demandez à Chloé Sharrock ce qu’elle pense de 2020, elle vous répondra que c’est une très bonne année. Il faut dire que ces derniers mois la jeune photojournaliste a vu sa carrière décoller, comme elle l’expliquait récemment au micro de Vincent Jolly.


Aujourd’hui âgé de 21 ans, David Uzochukwu s’est fait connaître en 2016 lorsque Nike, sur les recommandations de FKA Twigs, lui a passé commande d’une campagne publicitaire. Porté par ce coup d’éclat, le jeune prodige austro-nigérian a collaboré avec d’autres marques (Adobe, Dior) et d’autres artistes (Ibeyi, Pharell Williams), tout en menant parallèlement un travail de portraitiste croisant esthétique queer et surréalisme (« comme du miel sur une épine », dit-il), ce qui lui vaut aujourd’hui de figurer parmi les photographes à suivre, selon le vénérable British Journal of Photography.


À la mort de son père en 2011, Terry Price a découvert en triant ses affaires une boîte remplie de polaroids réalisées au milieu des années 1960 lors d’une traversée des États-Unis (de la Californie à la Géorgie). Des « images incroyables » que le jeune homme a gardées pour lui mais qui lui ont inspiré le nom de son projet musical : Photo Ops, contraction de photo opportunities. Le groupe, basé à Los Angeles, vient de sortir son troisième album, Pure at heart, où figure parmi d’autres joyeusetés folk-pop cette chanson aux résonances photographiques : Pictures of you and me.


Au revoir Quino.


« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.

Photo d’ouverture : ©Jon Henry, Untitled 13, Groveland Park, IL
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Les habitants de Marion jubilant à la suite de l’exécution en place publique de deux hommes innocents, 1930 – source : WikiCommons