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Clique clac #187

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Les experts ont tranché, et on sait désormais qui est l’auteur de l’inscription « ne peut avoir été peint que par un fou », rédigée dans le coin supérieur gauche du Cri d’Edvard Munch. Ou, devrait-on dire, sur la version du tableau volée en 1994 à Oslo et retrouvée ensuite par Charles Hill, le « Sherlock Holmes du monde de l’art ». Eh oui, il existe cinq versions du Cri exécutées de la main du maître. Munch répondait aux commandes en peignant plusieurs fois une même œuvre dans un geste qui rappelle qu’à la fin du XIXe siècle la reproductibilité n’était pas que l’apanage de la photographie. À propos du lien qu’entretenait le peintre norvégien avec la photographie, on vous conseille de lire cette note de blog de Colette Gourvitch et, si votre curiosité est piquée, de poursuivre en visionnant les deux volets d’une conférence donnée par Lise Martinot sur le sujet (numérotés 2 et 3, l’acte 1 étant consacré à Gauguin). On y apprend, entre autres choses, que Munch fit l’acquisition d’un Kodak Brownie en 1902, qu’il s’appuyait sur des photos pour composer ses tableaux et qu’il avait un goût certain pour l’autoportrait (un tiers des 244 tirages qu’il nous a laissés). Lise Martinot fait également un parallèle pertinent entre le réalisme psychique accolée à l’œuvre du peintre et la vogue des photographies spectrales au tournant du XXe siècle ; elle montre enfin, et avec force illustrations, comment les déformations optiques ont influencé son coup de pinceau. Si bien qu’après avoir vu ces vidéos, on se dit que Le Cri n’a pu avoir été peint que par un fou… de photographie.


À force de voir les youtubeurs plastronner et les instagrammeurs s’autoféliciter, on en oublie que l’échec fait aussi partie de la vie du photographe, comme le rappelle Baptiste (alias EMGK) dans cette vidéo-test autour du PolaPan Monochrome.


What she said, c’est une chanson incisive des Smiths mais c’est aussi le titre du nouveau livre de Deanna Templeton. Un hasard ? Sans doute pas puisque l’ouvrage entremêle des portraits de jeunes filles réalisés ces vingt dernières années par la photographe américaine et des pages extraites du journal intime qu’elle tenait adolescente, dans les années 1980. Une façon de dire et de montrer que, quels que soient l’époque ou le pays (ses photos ont été prises aux États-Unis, en Europe, en Australie et en Russie), le passage à l’âge adulte emprunte les mêmes chemins tortueux.


Le Norland College est une institution au Royaume-Uni. C’est dans cet établissement privé situé à Bath que sont formées les « nannies » (et même les « mannies ») du Gotha royal ou hollywoodien. Une formation à l’exigence quasi militaire qu’illustre Guia Besana dans un reportage tiré à quatre épingles.


ELLES ONT DIT…

Le but de cette série est d’élargir le discours social sur la vieillesse.
Aujourd’hui, nous sommes habitués à discuter de défis complexes concernant le système de retraite, la montée spectaculaire des maladies liées à la démence et la crise de notre système de soins. Nous parlons aussi de loisirs et d’opportunités éducatives, généralement pour des raisons économiques.
Mais jamais l’érotisme et la sexualité des personnes âgées ne sont évoqués.

Mirja Maria Thiel
(au sujet de sa série « All this love »)

Ça ressemble aux appareils photo qu’on prenait
avec nous quand on partait en colonie de vacances.
Parfois les photos sont ratées, floues, surexposées… C’est authentique. 

Kelly Phan 
(au sujet de Dispo, « l’antidote » à Instagram)

En combinant mes deux passions – le yoga
et la photographie –, je voulais présenter ce que
je faisais à la maison pour garder ma santé mentale.

Una Laurencic 
(au sujet de sa série « Diary from quarantine »)

Je dois être honnête: je me régale, je prends
mon bain de notoriété (rires).
Je trouve cela extrêmement beau. (…)
Mais s’il vous plaît, ne faites pas de moi une héroïne.

Pia Zanetti 
(revenant sur son parcours pour Swissinfo.ch)

Rien ne remplace le travail des passeurs de culture, surtout quand la passion les anime. C’est assurément le cas de Marc Pussemier et Pauline Boscher qui, depuis les locaux de la librairie parisienne La Comète, présentent leurs coups de cœur récents. Le premier épisode mis en ligne s’intéresse aux livres de femmes photographes.


Du papier, du carton, du coton, des filtres colorés et quelques éclairages bien placés : il n’en faut pas plus à Abe Calendar pour illustrer les grands récits mythologiques


Vous travaillez dans un laboratoire du CNRS ? Il vous reste deux semaines pour participer au concours « La preuve par l’image ». Et pour les autres, c’est peut-être l’occasion de visiter la plateforme lancée début février par l’organisme de recherche et sur laquelle sont présentées ses productions photo et vidéo.


Animez les photos de vos aïeuls grâce à Deep Nostalgia, un outil aux résultats étonnants, voire dérangeants quand on l’applique à d’autres supports que les clichés vintage.


ILS ONT DIT…

Quand j’ai photographié Joey Starr, il portait des lunettes. C’était une séance à la bouteille de rhum, pour lui comme pour moi (rires). Je lui ai demandé d’en faire une sans les lunettes. Il a d’abord refusé puis a fini par accepter. En les enlevant, l’espace d’une seconde, il a représenté des lunettes avec ses mains : ce n’était pas prévu, on le reconnait à peine, mais c’est la photo qu’il a préférée de la séance !

Joël Saget 
(dans une interview pour Je Suis Musique, portfolio ici)

La photographie qui fonctionne le mieux est celle où il y a le plus d’ambiguités,
celle qui offre le maximum d’interprétations.

Gilles Peress
(cité par Gaëlle Morel dans une vidéoconférence sur l’esthétique du flou dans le photojournalisme)

J’ai toujours été un fan de Bernd et Hilla Becher et de leurs études architecturales, et j’ai eu envie de leur rendre hommage. Je pense que chaque poisson évoque un détail de mon passé, une émotion provoquée par mon cancer. 

Carlos Jaramillo 
(au sujet de son projet éditorial « ROC »)

Pour lui, la photographie, ce n’est pas écrire
avec la lumière, c’est peindre avec la lumière. 

Jean-Luc Monterosso 
(évoquant le travail d’Olivier Dassault)


Pendant ce temps, dans un boisé du Québec


« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.