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Clique clac #198

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Parce qu’elle ne se reconnaissait pas dans les standards de beauté véhiculés par les magazines occidentaux, Thandiwe Muriu s’est lancée dans la photo de mode avec le secret espoir que « les petites filles se voient dans [s]on travail, qu’elles reconnaissent la beauté de leur peau, de leurs lèvres et de leurs hanches. » Nul doute qu’elles seront électrisées par les couleurs stridentes et les poses exubérantes de la série « Camo » que la photographe kényane expose jusqu’au 31 juillet à la 193 Gallery (Paris 3e).

Non, la phobie administrative n’est pas une fatalité ! L’association Le Barreau des Arts a été créée pour aider celles et ceux qui, faute d’être passé.es par une école photo, ne comprennent pas les finesses du droit d’auteur, hésitent à prendre des photos dans la rue de peur d’enfreindre le droit à l’image ou ne savent pas comment facturer leur travail. Autant de questions concrètes auxquelles ont répondu la présidente et le vice-président de l’association au micro du podcast Vision(s). Sur le même sujet, signalons l’ouverture des inscription aux « 48H de la pige », qui se tiendront les 24 et 25 juin à Paris.


L’Institut du monde arabe de Tourcoing accueille du 6 juin au 22 août « Mon ami n’est pas d’ici », une exposition à huit voix conçue par Bruno Boudjelal – non sans difficultés, comme il l’a raconté au micro de RFI. Il faut dire que le propos de cet accrochage collectif repose sur une thématique rarement évoquée : la présence permanente ou provisoire de populations subsahariennes dans les pays d’Afrique du Nord. Une façon inédite (en tout cas moins européano-centrée) d’aborder les migrations contemporaines.


Pourquoi faisait-on la gueule sur les portraits au XIXe siècle et pourquoi s’est-on mis à sourire au XXe ? Telle est, en des termes triviaux, la question à laquelle a tenté de répondre André Gunthert dans une récente conférence en ligne désormais disponible sur son site. Et c’est très intéressant.


LE PRINTEMPS DES CHAMPIGNONS
(y a pu d’saisons)

• Perseverance aurait, selon certains chercheurs, photographié sur Mars des preuves de l’existence d’une variété d’organismes proches des champignons.
• Quand bolets, chanterelles et pleurotes deviennent les stars du studio : une série aux couleurs électrisantes signée Phyllis Ma.
• Lincoln Macgregor a reçu le 1er Prix des Environmental Photography Awards (catégorie « Incredible wildlife ») pour une photo d’opossum déambulant parmi des champignons bioluminescents (le reste du palmarès vaut aussi le détour).
• Photographe du genre micromycophile, Alison Pollack nous invite à la découverte d’un monde à la beauté insoupçonnée (bonus audio).
• On soupçonne Jana Paleckova d’en avoir consommé avant de composer son album de famille
 

À contre-courant des mythes et légendes qui entourent les vipères, Yves Brunelli affirme que ces animaux mal-aimés lui ont sauvé la vie ou, tout du moins, que la quête photographique de vipères dans son Valais natal l’a poussé à se reprendre en main à un moment où l’ankylose le guettait. L’émission de la RTS « Passe-moi les jumelles » a consacré un sujet à cet « homme aux mille vipères » qui prend (presque) plus de risques quand il photographie les combats de vaches que lorsqu’il manipule les ophidiens.


Comment dit-on « une vie de chien » en thaï ? On ne sait pas, mais on a une idée de ce à quoi ça ressemble grâce au reportage réalisé par Justin Mott dans un centre de soins à Phuket, où il a pu côtoyer « le pire et le meilleur de l’humanité ».


Passent les années, l’aura d’Henri Cartier-Bresson ne s’étiole pas. Preuve en est la nouvelle exposition proposée par la BnF qui, jusqu’au 22 août, sort « Le Grand Jeu ». Si vous êtes à Paris ce week-end, ne ratez pas les lectures, performances et spectacles organisés en écho à cet accrochage (réservations obligatoires). Pour les autres, consolez-vous en vous disant que la plupart de ces événements seront disponibles en vidéo ultérieurement.


Le bon documentariste n’est pas celui qui photographie sans préjugés, mais celui qui photographie malgré ses préjugés. Exemple avec Michael von Graffenried, photographe bernois qui, en se rendant dans une petite ville de Caroline du Nord fondée par un de ses ancêtres, dit s’être confronté à son propre racisme.


EN BREF

• RIP Eva Sereny.
• Le château de Versailles lance un appel à ses visiteurs pour enrichir sa collection de photos souvenir.
• Et vous, quelle musique vous inspire Le peintre de la tour Eiffel de Marc Riboud ?
• Message à tous les trafiquants qui nous lisent, évitez de poster des images où l’on voit vos paumes.
Dubaï la nuit, par Xavier « Ridley Scott » Portela.
• Toutes les conférences et tables rondes du 2e Parlement de la photographie sont désormais visibles en ligne.
• De la poudre de magnésium au flash électronique en passant par le Magicube, petite histoire illustrée du flash à travers les âges (en anglais).
• Toutes les fourmis se ressemblent… croyez-vous ?
• On conclut la tête dans les étoiles avec les résultats du concours annuel de Capture the Atlas, blog dédié à l’astrophotographie.
 
« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Photo d’ouverture : extrait de la série « Camo » © Thandiwe Muriu