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Clique clac #199

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Compte Twitter incontournable pour celles et ceux que l’actualité du monde intéresse, PhotojournalismNews propose chaque mercredi depuis quelques semaines des interviews de photographes en live tweet. Le canevas des interviews est toujours le même (questions identiques et sans relances), mais l’initiative est à saluer, ne serait-ce que parce qu’elle donne la parole à des photographes de terrain dont on connaît les images mais pas forcément les motivations professionnelles ou les préférences matérielles. On apprend ainsi que Rena Effendi travaille avec un moyen format argentique, qu’elle se réjouit de l’émergence de nouvelles plateformes pour montrer son travail, mais qu’elle mesure aussi la volatilité des images d’actualité : « Une photo peut susciter une avalanche de réactions fortes, puis être oubliée par tout le monde une fois que le moment est passé. » Pour faciliter la lecture de ces « tweet-interviews », une page a été mise en ligne sur la plateforme medium qui les regroupe toutes.  

Si ce n’est déjà fait, on vous invite à lire l’interview de Monica Carvalho publiée dans le dernier numéro de Chasseur d’Images. Au-delà de la manière dont elle crée ses images surréalistes, la photographe suisse y raconte comment les réseaux sociaux l’aident à promouvoir son travail mais pas à en vivre. C’est pourquoi elle fonde de grands espoirs dans les NFT : « Je pense que le concept des NFT va créer un précédent dans le domaine de la vente d’art numérique. Il est désormais possible de véritablement “posséder” et vendre une œuvre d’art numérique de la même manière qu’une peinture. J’y vois un énorme potentiel pour mon travail. » En attendant de savoir si le marché est porteur, certains modèles célèbres (Kate Moss, Emily Ratajkowski, Clara Delevingne…) envisagent déjà d’utiliser les NFT pour contrôler l’usage qui est fait de leur image.


Photojournaliste bâloise aujourd’hui septuagénaire, Pia Zanetti a dû affronter le scepticisme de ses proches et de ses pairs à ses débuts. Celle que l’on surnommait, non sans condescendance, « virgoletta », n’avait, disaient-ils, pas la carrure pour porter les lourds appareils de prise de vue et supporter les affres du terrain. Elle les a tous fait mentir et la rétrospective montée récemment à la Fotostiftung de Winterthour est sans doute la plus belle de ses revanches. Mais malgré les hommages et les publications, Pia Zanetti fait la part des choses et ne met pas la photographie au centre de tout : « Je ne suis pas comme René Burri, je ne vais pas rejoindre la tombe avec un Leica. »


Inspiré par sa lecture de l’Histoire mondiale des femmes photographes (éd. textuel, 2020), Matthieu Garrigou Lagrange a consacré La Compagnie des œuvres, son émission sur France Culture, à l’exploration du parcours de quatre d’entre elles : Tina ModottiDora MaarCindy Sherman et Vivian Maier. Vu leurs vies rocambolesques et leurs approches diverses voire opposées de la photographie, ces quatre-là n’ont sans doute pas été choisies au hasard.


On vous met au défi de trouver plus beau et perturbant cette semaine que « Birth undisturbed », série de la Britannique Natalie Lennard mettant en scène, dans leur réalité crue et avec force références picturales, des naissances fictives ou avérées. Du petit Jésus dans la crèche à l’arrivée d’un royal baby, de quoi faire grincer des dents !


En publiant il y a quelques mois son premier livre aux éditions Eyrolles, Alison Bounce a comblé un manque en matière de photographie subaquatique, en langue française du moins. Il faut dire que son créneau est pointue : le portrait sociale sous l’eau. Invitée du podcast Fotostudio, elle est revenue sur son parcours et sur les difficultés techniques que représente une telle pratique… surtout quand, comme elle, on a été aquaphobe !


À un mois du lancement des Rencontres d’Arles, on a une idée assez floue de ce à quoi ressembleront les festivités de la semaine d’ouverture, les organisateurs envisageant encore « tous les formats possibles ». On peut cependant affirmer que lors de la première soirée au Théâtre Antique, le 5 juillet, Liz Johnson Artur recevra le Prix Women in Motion 2021, qui salue la carrière d’une photographe remarquable. Au palmarès de ce jeune prix, la Russo-Ghanéenne succède à Susan Meiselas (2019) et Sabine Weiss (2020). Le travail de cette documentariste, déjà récompensée l’an passé au prestigieux Turner Prize, explore les communautés noires dans leur multiplicité, notamment à Londres où la photographe vit et travaille. Quelques-unes de ses images figureront d’ailleurs dans l’une des expositions-phares des Rencontres 2021 : « Masculinités ».


Elle s’était fait connaître en 1978 avec une série de portraits de la communauté portoricaine vivant à New York ; elle s’était illustrée ensuite par ses photos de rue et ses autoportraits transgressifs ; elle avait contribué à l’émergence d’En Foco, association luttant contre les discriminations à travers l’art ; en 1984 elle avait manifesté devant le MoMA pour se plaindre de la sous-représentation des femmes artistes ; elle avait fait de sa cataracte ou de ses tampons usagés un sujet ; à plus d’un titre elle avait de l’avance sur son temps mais celui-ci l’a rattrapée. Sophie Rivera est décédée le 22 mai dans le Bronx, à l’âge de 82 ans.


EN BREF…

• Isabel Muñoz et Cristina García Rodero font partie des signataires d’une pétition demandant au gouvernement espagnol de créer dans leur pays un centre national de la photographie.
• Ce jeudi 10 juin à la librairie L’Atelier (Paris 20e), la Revue Femmes Photographes lance son numéro 10.
• Les Prix ISEM 2021 de la photographie documentaire ont été décernés à Myriam Boulos (pour un travail sur le Liban post 4 août 2020) et à Chloé Harent (pour une série réalisée dans une ferme biologique de la région toulousaine).
• La 4e édition du festival « Les femmes s’exposent » s’ouvre ce week-end à Houlgate (Calvados) en présence des photographes.
• Spécialisée dans la photo de textures et de matières, Judy A. Juracek intente un procès au géant Capcom pour utilisation non autorisée de ses images dans un jeu vidéo.
• Mardi dernier, Julie de Waroquier était l’invitée d’un live organisé par Studio Jiminy, durant lequel elle a décortiqué quelques-une de ses images. À voir ou revoir ici.
Grâce à elle, c’est le joli titre du prochain livre de Didier Bizet, opus familial dans lequel il rend hommage à sa mère.
• Invitées de la semaine de 9 Lives, Ingrid Milhau et Camille Pillias signent un manifeste pour une iconographie inclusive à faire lire dans toutes les rédactions.

« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Photo d’ouverture : capture d’écran issue de https://photojournalismnews.medium.com/