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Clique clac #205

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Les été se suivent et se ressemblent hélas… De l’île d’Eubée au massif des Maures, les incendies se multiplient, donnant lieu à de nombreuses images à la beauté mortifère. À Greenville, dans le nord de la Californie, ce sont de véritables tempêtes de feu qui ont ravagé la ville, comme a pu le constater Josh Edelson, photojournaliste expérimenté qui, pour bien montrer l’effet dévastateur des flammes, a réalisé des diptyques « avant-après » qui valent tous les discours préventifs. « À Greenville, raconte-t-il sur le blog « Making-of » de l’AFP, environ une semaine avant l’incendie de la ville, la fumée obscurcissait déjà le soleil et le ciel était devenu rouge foncé. C’est à ce moment-là que j’ai pris la plupart de mes photos «Avant». Je suis même rentré dans le bar où, en dépit de l’ordre d’évacuation, les habitants continuaient de boire et de jouer aux dés. Ils ont survécu, pas le bar. »


Le Festival de Montier vient de dévoiler les images finalistes de son grand concours annuel, toujours plus international (83 nationalités représentées) et toujours plus concurrentiel (18656 photos et 104 vidéos soumises au jury). Il faudra attendre novembre prochain pour connaître le Grand Prix et le palmarès de chacune des catégories, mais d’ici là vous pouvez vous amuser à deviner les lauréats… ou simplement apprécier ces instantanés de nature.


Dans un autre genre, LensCulture a révélé les gagnants de son très réputé prix de street photography. Covid oblige, la thématique du concours a été quelque peu remaniée, le prix récompensant cette année les plus belles photos réalisées chez soi (au sens large du terme).


« Pour le meilleur et pour le pire. Quand deux êtres décident de s’engager ensemble dans un pays considéré comme une extension de l’Enfer sur terre, on ne peut que s’interroger sur ce que cela révèle d’espoir et de foi. » Valérie Baeriswyl, photojournaliste suisse, a choisi de montrer dans ses reportages la part lumineuse d’Haïti et la capacité de résilience de ses habitants.


Partie mi-juin couvrir le retrait des troupes américaines du sol afghan, Paula Bronstein a vu en l’espace de deux mois l’avancée inexorable des Talibans sur Kaboul. Elle est rentrée depuis aux États-Unis, mais d’autres photographes continuent de documenter la situation sur place.


Pour Paris 2024 Tony Estanguet veut « des sports qui cartonnent sur les réseaux et qui sont très spectaculaires ». Voici quelques propositions au potentiel évident : le roller-derby, le gameness, le body-building, la boxe thaï… et le cheerleading pour seniors (aussi appelé pom pom granny).


« Le corps des femmes ne serait-il tolérable que lorsqu’ils jouent le rôle maternant ? » Marlène Thomas est remontée contre Instagram qui présente ses excuses à Almodovar mais continue par ailleurs à censurer toute forme de nudité féminine hors allaitement.


Petite annonce : Hôtel 4 étoiles basé en Islande cherche chasseur/chasseuse d’aurores boréales.


Parce qu’on en attendait beaucoup, on est sortis un peu déçus de l’écoute de la série d’émissions « Cinq photos révélatrices » proposée fin juillet par France Culture. L’idée, ambitieuse, était de partir de cinq clichés emblématiques des décennies passées pour raconter la photographie actuelle, le tout conduit par Marielle Eudes, directrice de la photographie de l’AFP, en compagnie de personnalités du monde de la photo. Les épisodes 1 et 5, qui empilent les généralités autour de l’instant décisif et de la puissance des images de guerre, sont, de notre point de vue, les moins intéressants. L’épisode 3, qui part de la photo d’Evgueni Khaldeï montrant le drapeau soviétique flottant sur le Reichstag en mai 1945 pour s’intéresser ensuite à la photographie de propagande puis, chemin faisant, à la communication en politique, nous semble bien plus abouti. Les éclairages des intervenants, Alain Sayag et Sébastien Calvet, y sont évidemment pour beaucoup.


EN BREF…

• Une vente de tirages a été lancée par Black Women Photographers pour venir en aide au peuple haïtien.
• Petit tour dans les coulisses du pôle Canon des JO de Tokyo.
• Rihanna s’est muée en photographe pour l’édition « Do it yourself » de Vogue Italie.
• Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la succession d’artiste par l’Adagp.
• Derniers jours pour soutenir le nouveau projet éditorial de Nicolas Orillard-Demaire.
• Le cimetière du Père-Lachaise, un lieu plein de vie.
• La LFP a confié à l’association Analog le soin de valoriser les nouveaux maillots des clubs de Ligue 1.
• Stephan Vanfleteren et Dirk Braeckman ont été faits docteurs honoris causa de l’université de Bruxelles.
• Après une année blanche, le calendrier Pirelli est de retour avec des stars internationales de la musique devant et derrière l’objectif.
• Pas de torticolis pour les oies !


« L’art permet de porter une voix. Pas uniquement pour soi, ce serait trop narcissique, mais pour donner du pouvoir aux autres. Le but est de transmettre la beauté mais aussi les souffrances, ce qui peut contribuer à guérir de ses peines. Tant qu’une histoire n’est pas racontée, elle n’existe pas aux yeux des autres. » Chouette interview d’Isabel Muñoz par Dimitri Beck autour de son amour du Japon. Une lecture à compléter par une visite de l’expo « 1001 », présentée dans le nouveau Centre de photographie de Mougins ou, à défaut, par une exploration du site de la photographe espagnole.

« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.
Photo d’ouverture : © Josh Edelson