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Clique Clac #216

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Pour l’émission « A voix nue », Emilie Aubry s’est rendue dans le Tarn, précisément à Rabastens où réside Marie-Laure de Decker, photographe de guerre et de paix, de terres lointaines et de plateaux de cinéma qui, aujourd’hui âgée de 74 ans, a beaucoup de choses à raconter. Divisée en cinq épisodes, la conversation aborde sa brève carrière de mannequin, son amitié avec Topor, son goût pour les appareils Leica, ses années Gamma et son ressentiment actuel à l’égard de l’agence, ses reportages aux quatre coins du monde (de l’Afrique du Sud sous Apartheid à la guerre de Bosnie), son attachement au Tchad et plus particulièrement aux Woodabés (qu’elle a même invités chez elle), sa relation contradictoire aux hommes politiques, sa deuxième carrière sur les plateaux de cinéma, le covid, Bob Dylan, etc. Si cette énumération ne suffit pas à vous convaincre, peut-être que ces citations de la photographe aux yeux clairs le feront :
« Photographier Mitterrand, c’est comme photographier un pot de fleurs. »
 
« Je suis pas Thomas Pesquet, je vois pas les choses d’assez loin pour comprendre pourquoi les gens continuent à se battre. »
 
« Quand j’ai vu Véronique de Viguerie en couverture de l’album RSF l’an dernier, j’ai vécu ça comme une grande victoire. »
 
Ou cette réponse faite à Maurice Pialat alors qu’il tournait Van Gogh :
« Je préfère avoir affaire à la police sud-africaine que de retourner sur ton tournage ! »

Adepte du contre-pied (on se souvient de sa série « The Others » sur les stéréotypes indiens), Olivier Cullman a été sélectionné pour la carte blanche annuelle de Pernod-Ricard. Il s’est acquitté de sa tâche non pas en faisant platement la publicité de la marque mais en mettant en relief les valeurs de convivialité véhiculées par les tenanciers et tenancières de bars un peu partout en France – convivialité particulièrement mise à mal pendant les mois de confinement. Les clichés réalisés lors de son road-trip seront dévoilés à Paris Photo du 11 au 14 novembre (places à gagner ici).


Nul n’est prophète en son pays. Méconnue chez nous, Chantal Regnault est parmi les premières à avoir photographié, à la fin des années 1980, le phénomène du voguing à New York. Ses images des compétions de danse qui animait la communauté gay et trans font aujourd’hui l’objet d’expositions (à la Kunsthal de Rotterdam ces jours-ci) et de longs papiers dans les médias étrangers, comme ici dans It’s nice that.


DANS LES ARCHIVES DE L’INA

• 13 mai 1994 : reportage bruyant dans l’usine chalonnaise de fabrication des appareils photo jetables Kodak.
• 3 novembre 1960 : quand Brassaï et Queneau se rencontrent, de quoi parlent-ils ? Des mésaventures de leur ami commun, le peintre Hans Reichel.
• 19 novembre 1986 : les filles de LUI vues par Robert Cappa (avec deux p).
• 26 août 1981 : « Si ça continue, on n’aura même plus besoin d’appareil pour prendre des photos. »
• 27 novembre 1988 : quand Lucien Hervé évoquait ses collaborations avec Le Corbusier.
• circa 1965 : rires instantanés avec Jacques Legras.
• 14 octobre 2009 : que sont les compacts 3D ou à projecteur intégré devenus ?
• 24 juin 1975 : satané retardateur !
 

Centenaire de sa naissance et quarantenaire de sa mort obligent, Georges Brassens est partout en ce moment. Alors, pourquoi pas dans Clique Clac ? À défaut d’avoir trouvé ne serait-ce qu’un clin d’œil à la photographie dans les textes de ses chansons (rien d’autre à se mettre sous la dent qu’une occurrence du mot « image » dans les paroles des Passantes), on peut encourager les Héraultais et Héraultaises à se rendre à l’Espace Dominique Bagouet (Montpellier) où se tient jusqu’au 30 janvier l’exposition « Gare au Brassens ». Y sont présentées de nombreux portraits du chanteur sétois par Robert Doisneau. Rien d’étonnant quand on sait que le commissariat de cet accrochage est assuré par Clémentine Deroudille, petite-fille du photographe. Aux autres on peut conseiller l’exposition en ligne concoctée par la Sacem ou encore ce récit circonstancié de la fameuse interview de Brel, Brassens et Ferré, immortalisée en son temps par Jean-Pierre Leloir. Où l’on apprend que le photographe a joué les entremetteurs, même si les trois lions étaient tous partants dès le départ.


Avec son projet « Hypervenezia » exposé au Palazzo Grassi (voir C.I. n°434, actuellement en kiosques), Mario Peliti démontre qu’une autre vision de Venise, débarrassée des clichés (et des touristes), est possible. Son compatriote Eric Scaggiante le rejoint sur ce point, même s’il n’emprunte pas les mêmes chemins. Inondé de lumière, enivré de couleurs, l’humain (ou l’animal) est au centre de ses images vénitiennes.


TOUT ET N’IMPORTE QUOI

• Livre du mois de C.I. n°429, Leaving and Waving de Deanna Dikeman vient de recevoir le Prix Nadar Gens d’Images.
• Dans son dernier numéro consacré au corps dans l’art, Twist, le magazine culturel d’Arte, s’est penché sur le cas Spencer Tunick (à 24’27).
• Le hibou grand-duc du Shelleys a été photographié au Ghana. Une première en milieu sauvage.
• La foire AKAA se précise. Victoria Mann, sa fondatrice, vous présente la 6e édition.
• Si vous nous lisez depuis la Polynésie française (chanceux !), sachez que le concours photo sur les récifs coralliens a été prolongé.
• Une traction désossée, des DS sous le lierre, des Triumph à l’abandon : destination voiturbex !
• Pour tromper son ennui pendant les confinements, Dany Haury s’est attelé à une drôle de tâche
• Raymond Van Mil était au Championnat néerlandais de culture de citrouilles, et comme on dit « y a du lourd ».
• Sylvain Lefevre, lui, était à l’ouverture du Smile Safari, nouveau musée lillois.
• Pour les nerds et pour les autres, un long portrait d’Ingrid Daubechies, la « marraine de l’image numérique »… et la mère des ondelettes.
• Et si Le Petit Prince se déroulait dans les montagnes andines ? Une fan-fiction de River Claure.
• 32 minutes (en français) pour essayer de comprendre les tenants et aboutissants des NFT et savoir ce qu’ils changent pour les photographes.
 

 

 
« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.
Photo d’ouverture : capture d’écran du site de France Culture