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Clique Clac #221

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Lorsqu’on a croisé pour la première fois le nom de Tsuneko Sasamoto (dans l’encyclopédique Histoire mondiale des femmes photographes), on s’est dit en voyant sa date de naissance, 1914, suivie d’un tiret en suspens, qu’il y avait forcément une erreur. Mais non, cette pionnière japonaise du photojournalisme est toujours bien vivante et considérée dans son pays comme « un trésor national ». Inspirée par Margaret Bourke-White, de dix ans son aînée, Tsuneko Sasamoto brava les oppositions de son entourage pour photographier les événements et les célébrités de son temps, ce qui lui valut en 2016 un Lucie Award récompensant l’ensemble de sa carrière. L’histoire est belle, mais faut-il en occulter les zones d’ombre ? Dans un papier pour le Washington Post, l’historienne Kelly Midori McCormick nous apprend en effet que la photographe s’est autoproclamée première photojournaliste du Japon et, surtout, qu’elle a participé activement à la propagande du gouvernement de son pays durant la Seconde Guerre mondiale.

Depuis 50 ans, les photographes de Magnum témoignent des crises humanitaires sur lesquelles intervient l’association Médecins Sans Frontières. En attendant le livre, un site rappelle les faits marquants de cette histoire commune. 


Un dialogue est-il possible entre Israéliens et Palestiniens ? Oui, veulent croire Oded Balilty et Khalil Hamra qui présentent, en miroir, les images qu’ils ont réalisées, respectivement, sur les plages de Tel Aviv et Gaza. À 70 km de distance, sous le soleil et dans les embruns, les jeux et les attitudes sont les mêmes…


Après l’appareil photo qui répond du bout du doigt, voici l’appareil qui tient sur le bout du doigt.


Lors de la catastrophe de Tchernobyl, Guillaume Herbaut avait 15 ans. Et quand il entendit nos dirigeants asséner que le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière, il sentit monter en lui une colère qui depuis lors ne s’est jamais éteinte mais qu’il a cependant réussi à canaliser grâce à la photo. De Prypiat à Kiev, de Paris à Fukushima, le reporter s’attache à capter les soubresauts de l’histoire, non pas au rythme de l’actualité mais sur le temps long, n’hésitant pas à revenir sur les lieux d’un drame à plusieurs années d’intervalle, comme il l’expliquait récemment au micro de France Bleu Drôme Ardèche. Le Prix Niépce 2011 y revient également sur l’atelier qu’il a animé avec des photographes amateurs de Givors et de Valence, où se tient actuellement une exposition de son travail intitulée « Orages » (ou bien est-ce « Ô rages » ?).


La revue Femmes PHOTOgraphes s’affranchit des usages en sortant son numéro spécial sexe en plein hiver.


QUELQUES LIENS POUR PROLONGER LA LECTURE DU DERNIER NUMÉRO DE CHASSEUR D’IMAGES (ou vous donner envie de l’acheter !)

Page 12, Hervé Le Goff présente l’exposition rétrospective que la MEP consacre à Samuel Fosso, photographe caméléon qui a trouvé avec l’autoportrait « une manière d’exister au monde ».
Page 22, la surimpression d’Alessandra Calo ne suffit pas à rendre compte des ambitions de « Phot’Aix », festival provençal qui croise les regards de photographes français et étrangers (italiens cette année). Heureusement, Marie Scagni a joué les guides pour nous. 
Page 25, en complément de la chronique de La Panthère des neige (le livre), on vous invite à regarder la bande-annonce du documentaire éponyme, dont la sortie en salles est prévue le 15 décembre. Vous pouvez aussi écouter l’interview donnée par Vincent Munier à l’émission « Boomerang » (France Inter).
Page 30, Alexis Rosenfeld évoque en long et en large son projet « 1 Ocean », réalisé en partenariat avec l’Unesco, mais rien de mieux qu’une visite du site pour comprendre véritablement de quoi il retourne (et accessoirement en prendre plein les yeux).
Page 43, Vincent Migrenne cite le Glasgow de Raymond Depardon parmi ses inspirations. Ne résistons pas au feuilletage virtuel de ce livre « d’une tristesse infinie ».
Page 50, le Défi du mois, sur le thème du cinéma, entre en résonance avec la redécouverte d’Henri Caruel, pionnier français de l’image 3D qui usa de la stéréoscopie pour photographier les tournages d’une trentaine de films, dont Les Enfants du Paradis.
Page 62, dans son article sur la numérisation des vieux films, Ghislain Simard cite Forever, petite entreprise de Chalon-sur-Saône qui, sans le soutien de ses clients, n’aurait pas survécu au « grand confinement » du printemps 2020. Et si la question de la sauvegarde vous intéresse, vous gagnerez à lire cet article du Monde.
Page 66, la très bonne note obtenue par l’EOS R3 à notre banc-test devrait déclencher quelques ventes… encore faut-il que l’offre suive la demande.
Page 90, le Sony Xperia 1 III n’enthousiasme guère plus que son prédécesseur. Ce smartphone n’a, semble-t-il, pas convaincu non plus nos confrères de DPReview puisqu’il n’est même pas cité parmi les finalistes des « awards » de la catégorie.
Page 98, Lomig Perrotin nous ouvre les portes de l’atelier de fabrication qu’il a installé en Bretagne. S’y élabore le film Washi, un support particulier qu’a tout de suite adopté Véronique Evrard, photographe dont le travail « cherche à développer un réalisme poétique teinté à la fois de nostalgie et d’optimisme » (d’autres photos ici). 
Page 114, le Festival international de la photo culinaire présente les finalistes des « Lentilles d’or », dont on connaît depuis quelques jours les lauréats.
Page 115, enfin, le palmarès du Festival de Montier nous conduit à cet article de Reporterre qui soulève les problèmes posés par la démocratisation de la photo nature.


De ses lectures des classiques de la littérature Gauthier d’Ydewalle a tiré une série d’images plasticiennes mettant en scène les livres en question. Pour chacune des images, l’érudit photographe fournit un texte expliquant son cheminement créatif (cliquez sur les photos pour y accéder), mais ses compositions géométriques et colorées peuvent aussi s’apprécier pour ce qu’elles sont : un exercice brillant autour de l’objet-livre. À l’occasion de l’exposition de ce travail au Musée de la photographie de Charleroi, Gautier d’Ydevalle a répondu à quelques questions de la RTBF


Pour le plaisir des yeux encore, quelques palmarès de concours photo à côté desquels vous êtes peut-être passés : les Street Photography Awards, l‘International Wedding Photographer of the year, les Natural Landscape Photography Awards, les Architectural Photography Awards et le Red Bull Illume Image Quest 2021.


 


« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.

Photo d’ouverture : Tsuneko Sasamoto