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Clique Clac #227

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Des installations d’Erik Kessels aux livres et expos de The Anonymous Project, le succès de la photographie vernaculaire ne se dément pas. Collectionneuse dans l’âme, Emmanuelle Fructus a choisi d’en faire son fonds de commerce. Ainsi a-t-elle créé en 2006 « Un livre – une image », une structure sise dans le 19e arrondissement de Paris qui lui permet de promouvoir la pratique amateur. Invitée du podcast Les Voix de la Photo, la galeriste a raconté comment est né son goût (pour ne pas dire son obsession) pour les brocantes et a expliqué l’intérêt grandissant du marché de l’art pour la photo de famille. Une pratique familiale à laquelle, personnellement, Emmanuelle Fructus contribue assez peu : « Je ne fais que des photos floues qui ne ressemblent pas à grand-chose. J’ai pourtant reçu une formation technique. (…) Je ne sais pas si un jour je me mettrai à la photographie, mais pour l’instant j’ai tellement à faire avec la photo des autres que je n’arrive pas à en sortir. »

Le 23 mars prochain sortira un coffret Blu-Ray 4K Ultra HD de la trilogie du Parrain de Francis Ford Coppola. Cette édition « définitive » (jusqu’à la prochaine) contiendra parmi ses boni les commentaires du photographe de plateau Steve Schapiro (exercice du commentaire auquel l’intéressé s’était déjà prêté en 2016 pour Arte). Il s’agit sans doute ici de la dernière fois où Shapiro aura porté un regard rétrospectif sur son travail puisqu’on a appris sa mort cette semaine à l’âge de 87 ans. C’est sur les plateaux de tournage mais aussi lors de la marche des droits civiques que le photographe a écrit sa légende, proposant à Life un reportage dans lequel il voyagerait aux côtés de l’essayiste James Baldwin, de New York au Mississippi, pour documenter le mouvement. Et puis il y eut les portraits des célébrités emblématiques de son temps : Mohammed Ali, Robert Kennedy, Andy Warhol ou Barbra Streisand, pour n’en citer que quelques-unes. Si vous voulez en voir plus, sachez que Clara et Julia Kuperberg ont réalisé un documentaire sur le photographe, Steve Schapiro et les icônes américaines, dont on peut apprécier un extrait ici et que l’on peut visionner en intégralité (moyennant abonnement) sur le site de Canal+.


L’équipe de la galerie Confluence est à l’initiative de la création d’un nouveau centre photographique à Nantes auquel elle a donné le nom de Claude Cahun. Pourquoi Claude Cahun ? Parce que la photographe est née dans la cité des ducs, comme le rappelle ce podcast joliment mis en son.


Difficile de faire le portrait d’un politicien qui tient plus que tout à maîtriser son image et qui ne vous accorde que trois minutes pour faire votre travail. Photographe pour Libé, Boris Allin, alias « Odieux Boby », est revenu sur ses différentes expériences avec Jean-Luc Mélenchon et les commentaires qui accompagnent invariablement ses portraits. L’occasion de revoir cette chronique de 2018 du sémiologue André Gunthert sur l’éditorialisation des portraits politiques. 


ANTI CLIQUE CLAC (tu perds ton sang froid)

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Mondialement connu pour ses paysages monochromes à la frontière de l’onirisme, Michael Kenna a mené de la fin des années 1980 au mitan des années 2000 un travail autour des camps de concentration nazis. Vous ne le saviez pas ? nous non plus. Normal, seuls ses proches étaient au courant. Mais le moment est venu pour le Britannique de montrer ces images dont il a fait don au Musée de la Résistance nationale. L’institution campinoise expose d’ailleurs jusqu’au 22 avril ce corpus photographique sous le titre « La lumière de l’ombre ». Interviewé par Bruno Dubreuil, Michael Kenna a expliqué pourquoi il a décidé de confier ses images à une institution française. Il est aussi revenu sur ce qui l’a poussé à confronter son œil de photographe à des sites aussi lourds d’histoire que Birkenau, Buchenwald ou Auschwitz.
Auschwitz, Patrick Zachmann, lui, ne voulait pas s’y rendre : « J’avais toujours pensé pouvoir éviter d’aller à Auschwitz. C’était pour moi le lieu de mémoire par excellence. Il existait, je le savais. C’était essentiel et cela me suffisait. » Mais, comme il l’expliquait récemment au micro de « Par les temps qui courent », les circonstances de la vie l’ont finalement conduit à s’y rendre. Les clichés que le photographe de Magnum y a réalisés se sont ajoutés à ses travaux sur la communauté juive, et le tout fait aujourd’hui l’objet d’une exposition au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, « Voyages de mémoire ».


L’article « Flare & dynamique, effets de la lumière parasite diffuse » publié dans le n°434 de Chasseur d’Images (novembre 2021) vous a laissé un goût de trop peu ? Pascal Miele, son auteur, approfondit le sujet ici.


Quel est le sport le plus photogénique ? À la vue des résultats des Mark Gunter Photography Awards, on vote pour le cyclisme. Pour info, ce prix a été créé en 2016 en hommage à Mark Gunter, photographe australien amoureux de la petite reine, disparu en 2015.


One thing I’ve noticed as I get older
Common sense, like art, is in the eye of the beholder
(J’ai remarqué une chose en vieillissant
Le bon sens, comme l’art, est dans l’œil de celui qui regarde)
 
« Clique clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.
Photo d’ouverture : Pigeons, vers 1950-1960 (photo anonyme en vente sur le site « Un livre – une image »)