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Clique Clac #242

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C’est en promenant son chien Polok sur les plages landaises qu’Eddy de Azevedo a commencé à collecter les déchets dans le sable (bouchons, pailles, briquets, bouteilles, etc.). Par souci écologique d’une part, mais aussi pour utiliser cette matière première dans ses projets photographiques. Avec les tableaux de Rothko pour modèles, il crée des compositions colorées qu’il éclaire d’une lumière plate puis photographie en vue zénithale. Le résultat s’apprécie en deux temps : l’harmonie chromatique d’abord, le geste militant ensuite. Depuis cette première série, logiquement nommée « Walking my dog », Eddy de Azevedo a conçu un projet plus large, « Dear Ocean », dont il a parlé à l’association The Sea Cleaners qui, comme son nom l’indique, lutte contre la pollution plastique.

À lire sa biographie, on comprend mieux pourquoi Ron Galella, « parrain des paparazzi » disparu le 30 avril dernier, portait un casque lorsqu’il shootait Marlon Brando.


Dans la série des pionnières, Jennie Ross Cobb passe pour être la première Amérindienne à avoir photographié sa communauté de l’Oklahoma. Cette arrière-petite-fille du chef cherokee Koowescoowe n’a pratiqué la photo que quelques années (selon les sources, de 1896 à 1903 ou de 1902 à 1905) et n’a laissé à la postérité qu’une vingtaine de plaques de verre, mais ce qu’elles montrent en dit long sur nos a priori. On s’attendait à voir des tipis et des hommes vêtues de peaux de bête (comme dans les photos de son contemporain, Edward S. Curtis), au lieu de quoi on découvre des maisons cossues et des élégantes en belle toilette. La méprise est permise puisque même certains descendants de Cherokees se disent étonnés à la vue de ces images, comme l’explique Jennifer Frazee, guide au musée qui accueillit l’an passé une exposition consacrée à Jennie Ross Cobb.


Osamu Yokonami cite Daidō Moriyama, Araki, Erwin Wurm et Charles Fréger parmi ses influences… mais pas Jill Greenberg. À une pomme près, ses portraits d’enfants rappellent pourtant furieusement les chérubins en larmes de « End times » qui, en 2005, avaient suscité la controverse.


Auteur d’un livre référence sur le sujet (Le tirage à mains nues, éditions Lamaindonne), Guillaume Geneste est l’un des derniers tireurs-filtreurs en activité. Parce qu’il sait que son métier est en voie de disparition, il profite de chaque occasion qui lui est donnée pour transmettre sa passion. Et c’est un plaisir de l’écouter parler, sans nostalgie mal placée, de son rôle d’interprète/accompagnateur des photographies des autres : « On dit du numérique qu’il est virtuel, mais au fond l’argentique l’est bien plus, en tout cas au laboratoire. On projette quelque chose d’après un négatif en se disant : il faut que j’obtienne telle couleur pour satisfaire le photographe. » (le documentaire Don’t blink sur Robert Frank que Guillaume Geneste évoque vers la trentième minute est visible ici)


Tant qu’à poster des images de son animal de compagnie, autant chiader le rendu et assumer ses excès ! Un exemple avec les portraits polychromes et scintillants de Bảo Ngô.


AVIS AUX…

…Nancéiens et aux Nancéiennes : la salle Poirel accueille ce samedi 7 mai un concert inédit autour des images de Vincent Munier.
…Montpelliérains et aux Montpelliéraines : ce week-end marque le coup d’envoi des 22e Boutographies.
…Budapestois et aux Budapestoises : le Centre Robert Capa vous propose de revisiter l’histoire récente de votre pays en photos.
…Alésiens et aux Alésiennes : un rallye photo du patrimoine est organisé le 14 mai à Saint-Privat-des-Vieux.
…Saint-Germanois et aux Saint-Germanoises : des portraits de vous sont exposés au Pavillon de la Muette jusqu’au 30 juin.
…Roskovites : les quatre lurons que vous avez peut-être croisés l’hiver dernier sur le port ne travaillent pas pour TF1.
…Siciliens et aux Siciliennes : Emanuele Occhipinti sismographie votre quotidien au pied de l’Etna.
…Lillois et aux Lilloises : Light Motiv et les éditions de Juillet vous invitent à découvrir leurs nouveautés ce vendredi 6 mai à la librairie Le Bateau Livre.
…Strasbourgeois et aux Strasbourgeoises : Olivier Hannauer vous présente les cinq meilleurs spots pour photographier la capitale alsacienne depuis les toits.
…Arlésiens et aux Arlésiennes : après deux années d’absence le Festival européen de la photographe de nu est de retour.
…Martiens et aux Martiennes : les éditions Weber Verlag viennent de sortir un livre photo qui vous aidera à préparer vos prochaines vacances.


La pétillante Anaïs Demoutier prête sa voix à un documentaire de France 5 sur les non moins effervescentes années 1920. À une époque où Paris accueillait les avant-gardes artistiques de tous bords, « Un regard à soi » s’intéresse aux pionnières qui firent bouger les lignes. Parmi elles, bien sûr, Suzanne Valadon, Joséphine Baker ou Charlotte Perriand, mais aussi de nombreuses photographes, telles Ilse Bing, Laure Albin-Guillot, Berenice Abbott, Germaine Krull, Claude Cahun, etc. Au gré des citations et des images, les noms d’artistes se succèdent au bas de l’écran dans un foisonnement de couleurs et de mots qui donne un peu le vertige mais pique la curiosité. (si seule la photo vous intéresse, sautez directement à la 30e minute)


Photographe spécialisé dans l’outdoor, Jérémy Bernard est à l’initiative d’Andrea, un projet qui contribue a redonner de la confiance à des réfugiés ou des jeunes en situation précaires par l’intermédiaire de l’escalade. De Dallas (Roumanie) au camp de Corinthe (Grèce), reportage en haut du mur, auprès de filles et de garçons qui « ne courent après rien d’autre qu’un semblant de vie normale. »


Sorti initialement en 1988, l’album En=Trance, où figure ce titre de Klaus Schulze, a été réédité en 2005, soit un an avant le lancement de la gamme α (Alpha) de Sony. Coïncidence ? Euh, oui… mais c’est un bon prétexte pour rendre hommage à ce pionnier de la musique électronique, disparu la semaine dernière.
 
« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Photo d’ouverture : Blue Yellow © Eddy de Azevedo