accueil Vie culturelle Clique Clac #244

Clique Clac #244

838

Hasard ou effet collatéral de la pénurie de papier, plusieurs sites se sont fait l’écho ces dernières semaines de pratiques photographiques utilisant un support inattendu : la feuille (d’arbre ou de plante). Comme elle l’a raconté à Lens/cratch, c’est durant le confinement de 2020 que Megan Bent a développé son goût pour le tirage à la chlorophylle. Un moyen pour elle d’exorciser ses peurs et de mettre sur pause la maladie auto-immune dont elle est atteinte. Patrice Dion, quant à lui, a fait de ses photos par essence éphémères un livre (PAN, éd. Lightmotiv) qui fait actuellement l’objet d’une campagne de financement et d’une exposition. Mais c’est sans nul doute Almudena Romero qui a poussé le plus loin sa réflexion sur le végétal comme support photo. L’Hispano-britannique ne se contente pas en effet d’utiliser les feuilles des arbres, elle projette également ses négatifs sur des toiles de cresson (sur le même principe qu’un agrandisseur) et laisse la photosynthèse faire le reste.


Les chiffres mirobolants atteints par la vente du « Shot Sage Blue Marilyn » d’Andy Warhol ont quelque peu éclipsé les 12,4 millions de dollars obtenus par « Le violon d’Ingres » de Man Ray. Dix minutes d’enchères et un record à la clé… qui a le don de défriser Étienne Dumont.

Le rejet se niche parfois dans des endroits insoupçonnés. C’est en travaillant au sein d’une association féministe que Nora Noor fut témoin de propos blessants à l’encontre de personnes venues d’Afrique du Nord. Constatant qu’il y avait encore du chemin à faire pour l’intersectionnalité des luttes, la photographe a entrepris une série de portraits célébrant les personnes racisées de la communauté LGBTQIA+. Son titre ? « Queer Nass ».


Son prestige, son cadre, ses champions, sa lumière printanière et sa terre ocre font de Roland-Garros l’un des tournois préférés des photographes. Sur le site officiel de l’événement, cinq d’entre eux commentent leur image de victoire préférée et se prêtent au jeu des pronostics pour l’édition à venir (grosses cotes pour Maria Sakkari et Hugo Gaston, mais pourquoi pas). Loin des exploits des joueuses et des joueurs, l’histoire d’amour entre les petites balles et les longues focales continue de s’écrire grâce à la FFT et Polka qui ont demandé à Édouard Elias et au duo Yves Marchand & Romain Meffre de poser un regard différent sur « Roland ». Le premier a suivi la fabrication de la terre battue depuis les briqueteries du Nord jusqu’à sa dépose sur les courts ; les seconds ont posé leur chambre photographique dans les gradins vides pour restituer les spécificités architecturales des lieux. Leurs travaux respectifs sont actuellement exposés à la galerie Polka, à la tour Saint-Jacques et, bien évidemment, au sein de Roland-Garros.


Le boxeur mexicain Jan Salvatierra peut remercier le photographe qui se trouvait au bord du ring lorsqu’il a été mis K.O. samedi dernier lors du combat l’opposant à l’Américain John Ramirez.


La télé grand public fait peu de place à la photographie, mais au hasard du zapping on trouve encore quelques îlots : dans Télématin (visite de l’expo William Klein à la galerie lyonnaise Le Réverbère), Quotidien (compte-rendu de lecture d’On est bien arrivés de Renaud Epstein), C à vous (Nikos, YAB, JM Perrier et Sonia Sieff à la table des invités), Culturebox (présentation du festival « Circulation(s) » à partir de 19’30), France TV La 1ère (portrait de l’infatigable baroudeur Werner Bringold par son épouse Savelina) ou encore le JT d’Arte (balade dans le Perche pour l’événement « Le Champ des impossibles »).


Rien ne ressemble plus à un trou noir qu’un autre trou noir, comme le montrent la récente photo de Sagittarius A et celle de Messier 87 dévoilé en 2019… et, non, elles ne sont pas floues


LA FOIRE AUX QUESTIONS

• Qui a remporté le prix 2022 du courage en photojournalisme ?
• Quels procédés et supports choisir pour vos premières ventes de tirages ?
• Quel animal a inspiré le personnage de Pikachu ?
• Que se passe-t-il si vous exposez les deux côtés de votre pellicule ? 
• Pourquoi la photographie est-elle importante en temps de guerre ?
• Comment adopter une approche minimaliste en photo de paysage ?
• À quoi ressemblera le monde de demain ?
• Qu’a-t-il phallus pour en arriver là ?

Californien pur jus, Edward Colver a vécu l’émergence de la scène punk hardcore de Los Angeles aux premières loges. Mais, comme l’écrit Randy Bookasta, il « ne se contentait pas de capturer les concerts, il en faisait partie. Il était dans la fosse, sur la scène ou écrasé contre des barrières, son appareil souvent à quelques centimètres de l’action. » Aujourd’hui âgé de 72 ans, Colver se rappelle : « À l’époque tout le monde haïssait le punk rock. Moi, je trouvais ça incroyable. (…) Si j’avais su que ça deviendrait un tel phénomène, j’aurais pris deux fois plus de photos ! » Cet adepte du 50 mm se moque aussi gentiment de ceux qui venaient aux concerts avec trépied et téléobjectif (« c’est pratique pour photographier les poils de nez d’Iggy ») ou ceux qui avaient cédé à la mode du fisheye (« le groupe a l’air d’être à dix mètres et ça fait des gros nez »). Au cours d’une carrière qu’il n’a jamais envisagée comme telle, Colver aura vu passer devant son objectif Henry Rollins, DEVO, R.E.M. ou Ice Cube, mais il garde un souvenir ému de Circle Jerks, le groupe qui lui a offert sa première pochette d’album. Sorti en 1980, Group Sex, ledit album, est en écoute intégrale ci-dessous. 14 titres en 15 minutes, punk quoi.

 

« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Photo d’ouverture : extrait de « Pan » © Patrice Dion