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Clique Clac #248

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En attendant la sortie du prochain numéro de Chasseur d’Images (d’ici une semaine), prolongez votre lecture du n°440 :
– en écoutant cette interview de Tangui Perron, l’auteur de notre « Livre du mois » ;
– en vous baladant sur Blind, magazine en ligne créé par Jonas Cuenin (mis à l’honneur dans la rubrique « Portrait ») ;
– en explorant les séries légères et colorées de Michèle Py (portfolio du mois) ou en vous abonnant au Patreon de Xavier Renaud (l’autre portfolio du numéro) ;
– en regardant ce sujet de France 3 Provence-Alpes sur Stéphanie & David Allemand (dont nous suivons chaque mois l’élaboration du prochain livre) ;
– en ergotant sur les mérites du Lumix GH6 (en test) ;
– en remontant aux origines du chimigramme, procédé inventé par Pierre Cordier et mis au goût du jour par Ronan Golhen ;
– en passant en revue, enfin, les différents reportages d’Amber Bracken, lauréate du World Press Photo 2022, sur les peuples premiers d’Amérique du Nord.


Il y a 50 ans presque jour pour jour, Nick Ut prenait à Tran Bang une photo qui marqua l’opinion publique. Ce cliché et quelques autres ont-ils infléchi le cours de la guerre au Vietnam ? Le photographe, aujourd’hui âgé de 71 ans, veut y croire. Tout comme il espère qu’une image réalisée sur le théâtre de guerre ukrainien aura les mêmes effets. Après leur terrible première rencontre, Nick Ut et Kim Phuc sont toujours restés en contact, mais cela n’enlève rien à l’émotion que l’on ressent quand on les voit poser ensemble dans le cadre du projet « Time travelers » de Petra Gerwers.


Nan Goldin a des talents cachés. La photographe a joué les actrices dans un film de 1984 de Bette Gordon, Variety, qui ressort en salles ces jours-ci. Mieux, elle est depuis peu habilitée à célébrer les mariages et a d’ailleurs officié lors de la Biennale de Venise pour unir India Ennenga (alias AntiGonna) et Nikita Kadan, deux artistes ukrainiens.
N.B. : deux projections de The Ballad of sexual dependency, œuvre phare de Nan Goldin, sont prévues le jeudi 7 juillet à l’auditorium de la MEP (réservations ici).


Où étiez-vous dans la nuit du 29 au 30 mai 2022 ? Camille Niel, pour sa part, se se trouvait à Tombelaine, dans la baie du Mont Saint-Michel, où il croisait les doigts pour que les conditions lui permettent de photographier le Mont sous la Voie lactée. Mission réussie !


En 2016, Blair Bunting a tenté de recréer une des scènes mythiques de Top Gun : celle où Goose, à l’envers depuis son cockpit, prend en photo ses opposants en leur lançant « Watch the birdie ». Six ans plus tard, le photographe raconte à Peta Pixel les difficultés qu’il a rencontrées lors de cette reconstitution : « Utiliser un appareil aussi lourd que le Canon EOS-1DX Mark II quand on doit encaisser presque 9G n’était pas une bonne idée ». Son épaule s’en souvient…


Pour illustrer l’épisode caniculaire que l’on traverse, certains médias persistent à montrer des images de vacanciers qui bullent, minimisant de fait la gravité de la crise climatique. C’est d’autant plus regrettable, rappelle Anne-Sophie Novel, qu’il existe des bases photographiques proposant des visuels sourcés et correspondant à la situation.


L’ÉTÉ SERA CHAUD, L’ÉTÉ SERA CHAUD…

• Steph Wilson joue avec les codes de la nudité, quitte à se mettre en scène dans des poses aussi loufoques qu’acrobatiques.
• Ronds, en cœur, plats, carrés… toutes les formes de fessiers ont droit de cité dans le projet « 1001 fesses », lancé en 2015 par les Montréalaises Emilie Mercier et Frédérique Marseille.
« Fire Island est tellement intensément gay que tout le monde se balade en jockstraps. » Matthew Leifheit raconte ses reportages passés dans un (c)haut lieu de la communauté homosexuelle newyorkaise.
• Lorsque les corps caverneux sont irrigués, le cerveau l’est un peu moins. Serait-ce la raison pour laquelle la photographie érotique est généralement considérée comme un art mineur ?
• Yushi Li met les applis de rencontres au service de ses fantasmes… d’images.
• Dans les dernières minutes de cette interview, Cha Gonzalez nous apprend qu’elle a réalisé plusieurs sujets dans des orgies… mais qu’il faudra patienter pour voir les images.
• Bien avant que Lucien Clergue n’en fasse une de ses marques de fabrique, Fernand Fonssagrives magnifiait les corps féminins par le jeu des ombres portées.
• Les photographies érotiques d’hommes existent, mais elles restent souvent « cachées dans les tiroirs ou les imaginaires ». L’association Lusted Men a décidé de les en sortir.
• De Londres à l’Amérique profonde, les coulisses des strips clubs vues par Bronwen Parker-Rhodes, Stevie & Mada et Susan Meiselas.
• Délurée et dénudée, la jeunesse chinoise se livre à l’objectif de Lin Zhipeng, photographe qui, à 40 ans passés, continue de chercher le « Grand amour ».

Avis aux collectionneurs et aux amateurs de photographie patrimoniale : The Classic, magazine fondée en 2018 par Bruno Tartarin et Michael Diemar, vient de sortir son numéro de printemps. Et comme les précédents, il est en accès libre. Au sommaire, vous trouverez notamment une interview de l’arrière-petit-fils d’August Sander, une autre du collectionneur Peter Voigt autour de son attrait pour l’imagerie spatiale et nucléaire ou encore un entretien avec Christine Barthe, dans lequel la responsable des collections photographiques du Musée du quai Branly donne la raison de l’arrêt brutal de la biennale « Photoquai » (spoiler : ça coûtait trop cher). Seul bémol, les textes sont en anglais.


Vu le pedigree de l’objet, il était écrit que le Leica 0 n°105 mis aux enchères samedi dernier à Wetzlar battrait tous les records. Non seulement il appartient à une série de prototypes qui ne compte qu’une vingtaine d’exemplaires, mais en plus il était la propriété d’Oskar Barnack. Néanmoins, on n’imaginait pas qu’il puisse atteindre une telle somme : 14,4 millions d’euros, soit cinq fois plus que l’estimation de départ.
Ces hauteurs épiques nous en rappellent d’autres : celles de Epik High, groupe de hip-hop sud-coréen qui début 2021 faisait l’éloge désenchanté de Leica (« J’ai plus de regrets que de souvenirs dans mon album photo »).

 

« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Photo d’ouverture : © Steph Wilson