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Clique Clac #255

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Aujourd’hui tombées en désuétude, les salles d’arcade ont connu leur âge d’or au début des années 1980. A San Francisco comme ailleurs, l’émergence de ces lieux réservés aux jeux vidéo a suscité une vague d’enthousiasme chez les teenagers et un scepticisme certain chez leurs aînés, poussant même certains districts à promulguer des lois « anti-arcades ». Images à l’appui, le San Francisco Chronicle se souvient de cette drôle de période.


Initiée fin 2021 par le ministère de la Culture et la BnF, la grande commande publique « Radioscopie de la France » soutient financièrement les projets de 200 photojournalistes un peu partout dans l’Hexagone. Comment ont-ils été désignés ? Héloïse Conésa, responsable de la collection de photographie contemporaine à la BnF, est revenue sur le processus de sélection. Pour mener à bien son reportage, chacun des heureux élus a reçu 22000 € (certains tiennent d’ailleurs le journal de bord de leur projet). En ces temps où prévalent le système D et la bidouille, Éric Bouvet aurait apprécié de recevoir cette jolie somme d’argent. Hélas, il a été recalé. Mais le photographe prend sur lui : « Ne pas faire partie des deux cents photojournalistes sélectionnés a été un crève-cœur. Mais si j’ai réussi à m’enlever de la tête les images de torture de mes reportages, je devrais pouvoir gérer une blessure d’ego. » 


Les paparazzis ont-ils causé la mort de Lady Di ? 25 ans après les faits, Sonia Devillers a posé la question à Jacques Langevin, photographe de l’agence Sygma présent sur les lieux la nuit du drame. Et qui fut arrêté, avec cinq de ses pairs et un motard de presse, par la police, comme le montre cette photo anthropométrique exhumée par L’Illustré. Paparazzis : les suspects habituels…


Icone du tennis et du sport en général, Serena Williams va bientôt tirer sa révérence. Pour l’occasion, On Her Turf a interrogé plusieurs photographes qui ont documenté les victoires de l’athlète mais aussi quelques faits moins glorieux, comme sa prise de bec avec l’arbitre de chaise en finale de l’US Open 2018.


De la passion à la professionnalisation, il y a un pas qui peut se transformer en fossé si on est atteint de phobie administrative. Et pourtant il faut en passer par là : apprendre à rédiger un contrat, connaître les barèmes de rémunération, distinguer droits moraux et droits patrimoniaux, etc. Autant de notions que maîtrise sur le bout des doigts Pauline Penneret, avocate spécialisée en propriété intellectuelle interviewée par Eloa Landais pour le podcast Fotostudio.


A-t-on déjà vu meilleure accroche d’article que celle ci : « J’ai vendu des photos de mes pieds sur Internet, et c’était loin d’être de l’argent facile. »


Sameer Al-Doumy se destinait à devenir dentiste, mais la guerre en Syrie en a décidé autrement. Réfugié en France depuis 2018, il suit désormais les exilés qui tentent de traverser la Manche à Calais.


Arrivée dans les monts Ozark en 2009, Terra Fondriest s’est assez vite rendue à l’évidence que les habitants de cette région rurale de l’Arkansas ne correspondaient pas au profil buté et rugueux que les médias dressaient d’eux. Depuis 2017, la native de Chicago s’efforce donc de raconter le quotidien de sa famille et de ses voisins, « loin des stéréotypes ». Matthew Genitempo, pour sa part, a décidé de se frotter aux stéréotypes habituellement accolés aux gens des Ozark, mais en insufflant à ses images une poésie qui élève ses sujets (ermites pour la plupart) au lieu de les tirer vers le bas.


Il a fallu 27 ans à Allison Lippy pour comprendre qu’elle était née dans le mauvais corps, un ou deux mois pour accomplir sa transition physique, mais seulement quelques instants pour sentir l’importance de documenter cette transition. Pour elle et pour les autres.


L’Islande est une destination prisée par les photographes, mais il faut faire la distinction entre ceux qui y vont pour la « coche » (Jökulsárlón ✓, renard polaire ✓, aurore boréale ✓…) et ceux qui sont véritablement entrés en résonance avec les lieux. À l’écouter parler du Réttir, ce grand mouvement de transhumance des moutons, à l’entendre raconter sa rencontre avec l’auteur-compositeur Ásgeir Trausti Einarsson, on soupçonne Olivier Joly d’appartenir à la seconde catégorie.


Une de vos cartes mémoire ne répond plus et les programmes de récupération d’images ne donnent rien ? Il reste une solution : le Spider-board.


Capitale administrative de la province irakienne de Maysan, Amarah compte parmi ses 420000 habitants une célébrité locale, Samira Mazaal, photographe qui, à 77 ans passés, continue de diriger le studio qui porte son prénom. De la succession difficile de son père à ses démêlés avec les autorités, son parcours inspire le respect.


À quelque chose malheur est bon. Quand en 2020 la Fondation Carmignac a décerné sa bourse à Finbarr O’Reilly pour son projet photojournalistique sur la République démocratique du Congo, elle ne se doutait pas qu’une pandémie mondiale empêcherait le photographe gallois d’entrer dans le pays. Ainsi est née l’idée de confier à dix photographes congolais le soin de documenter leur pays. Autant de regards intérieurs qui, comme le dit Mark Sealy, rompent avec la « méthode Léopold ». Finbarr O’Reilly ayant pu entre-temps se rendre en RDC, on se retrouve aujourd’hui avec deux livres distincts et complémentaires, Congo in conversation et Congo, une lutte sublime. Ce qui n’est pas de trop vu les problématiques embrassées et la complexité du territoire. 
Comme tous les autres lauréats avant lui, Finbarr O’Reilly a participé au jury de la 12e édition du Prix Carmignac du photojournalisme, dont la gagnante a été révélée aujourd’hui même à Perpignan. Il s’agit de Fabiola Ferrero, reporter née à Caracas il y a 31 ans qui, à travers images d’archives, vidéos et photos, explore la disparition de la classe moyenne vénézuélienne. Son travail est présentée en avant-première à Visa pour l’Image.
Pour boucler ce paragraphe sur le Prix Carmignac, signalons que les participations à la 13e édition, consacrée au Ghana, sont ouvertes jusqu’au 17 octobre.

Et si vous voulez savoir qui se cache derrière la Fondation Carmignac, c’est ici que ça se passe.


 

« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Visuel d’ouverture : capture issue du webdoc « When the 1980’s video game craze invaded the San Francisco Bay Area » (© Eric Luse/The Chronicle)