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Clique Clac #260

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Rien que pour cette photo pétaradante d’Ann-Margret sur son chopper, Douglas Kirkland, dont on a appris la disparition cette semaine, mérite sa place dans le Hall of Fame de la photographie. L’image a été réalisée un petit matin de 1971 sur la route reliant Las Vegas à Los Angeles. Le photographe était posté à l’arrière d’un camion que sa femme, Françoise, conduisait. Quand il a pensé avoir les images qu’il lui lui fallait, il a dit « C’est bon ! » à Ann-Margret, qui en réponse à crier de joie en tendant les jambes. Et c’est cette réaction de l’actrice qui a donné LA photo. À Buzzfeed qui l’interrogeait en 2017, Douglas Kirkland avait livré les coulisses de dix autres de ses images iconiques. Vous pouvez prolonger le voyage dans ses archives en vous baladant sur son site officiel ou en visionnant la bande-annonce de That Click, documentaire de 2019 consacré à sa carrière.

Avec le mois d’octobre reviennent les actions de sensibilisation au dépistage du cancer du sein. À cette occasion, de nombreuses expos-ventes de photos au profit de la cause sont organisées en France, par exemple à Saint-Dié-des-Vosges, à Sucé-sur-Erdre (Loire-Atlantique) ou à Retournac (Haute-Loire). À Kintzheim, dans le Bas-Rhin, Didier Patrat accueille dans son studio des femmes atteintes d’un cancer du sein. Avant leur éventuel accrochage, ses portraits sont diffusés sur les réseaux sociaux afin de faire passer le message du dépistage auprès du plus grand nombre. L’association Ruban Rose, quant à elle, organise depuis 11 ans un concours photo autour du sujet. L’édition 2022 est close (vous pouvez retrouver les 40 images finalistes ici), mais il est toujours possible de se procurer l’ouvrage récapitulant les dix premières années des Pink Ribbon Awards sur le site de l’Atelier EXB (bénéfices reversés à Ruban Rose). Les éditions Contrejour marquent aussi leur engagement en publiant Boobies Art, un beau livre réalisé en collaboration avec l’association Keep a breast, à laquelle, là encore, les bénéfices des ventes sont reversés. On ne pouvait clore ce paragraphe sans vous parler de Bob Carey, photographe américain qui, lorsqu’il apprit que sa femme Linda était atteinte d’un cancer, se lança dans un drôle de projet tenant autant de la performance que de la photographie : le Projet Tutu.


Saurez-vous aider la Bibliothèque du Congrès à mettre des noms sur ces 17 photos anonymes issues d’un ensemble d’images liées aux mondes du cinéma et de la musique ?


À l’opposé du cliché qui fait des reporters de guerre des êtres endurcis que plus rien ne touche, Lynsey Addario, 25 ans de carrière, avoue sans problème qu’elle pleure régulièrement quand elle photographie des personnes en détresse, comme ce fut le cas récemment à Kyiv.
L’Ukraine est aussi au programme de cette interview vidéo de Ron Haviv, où le cofondateur de l’Agence VII évoque quelques-uns de ses reportages (notamment en ex-Yougoslavie) et rappelle le rôle de preuves qu’acquièrent a posteriori les photos prises en temps de guerre.


« Nous pouvons faire tellement de choses. Rester assis et ne rien faire est le pire choix possible. » Ce cri du cœur nous vient d’Ami Vitale, photographe animalière qui aurait pourtant de quoi être pessimiste, étant donné qu’elle a vu mourir sous ses yeux  Sudan, le dernier rhinocéros blanc du Nord du Kenya.


Après une pause due au Covid, les impressionnants concours de tours humaines ont repris de plus belle à Tarragone, comme ont pu le constater les envoyés spéciaux de l’AFP, Getty et Reuters.


Le jury du Prix Vivian Esders, dont la particularité est de récompenser un ou une photographe professionnel(le) indépendant(e) de plus de 60 ans et toujours en activité, vient de désigner Mario Carnicelli comme lauréat de sa première édition. Peu connu de ce côté-ci des Alpes, Mario Carnicelli est né en 1937 à Atri, petite ville des Abruzzes où sa famille tenait un magasin de travaux photographiques. Très vite attiré par la rue et les foules, il embrassa la carrière de photojournaliste indépendant et couvrit les manifestations politiques et syndicales pour le compte d’Espresso, Panorama, Corriere della Sera ou Il Giorno. Si son approche est documentaire, on sent aussi dans son travail une attention aux regards et aux gestes qui le rapproche de l’école humaniste. Merci au Prix Vivian Esders pour cette belle découverte.


Si certains se font duper par une simple rondelle de chorizo (souvenez-vous), combien serons-nous à tomber dans le panneau quand Kevin Matagne postera ses nébuleuses criantes de réalisme sur les réseaux ?


FIFTY FIFTY…

50 : c’est, en années, la longévité de François Huguier (invitée d’honneur du Salon de la Photo) sur les terrains du reportage.
50 : c’est le nombre de mariages qu’a couverts Vincent Bourrut avant de s’estimer compétent en la matière.
50 : c’est le nombre de photos de Michael Kenna présentées au Château de Rambouillet jusqu’au 10 décembre.
50 : c’est l’âge d’Elina Brotherus, photographe finlandaise installée près d’Auxerre qui doit une partie de sa renommée à son mépris des normes.
50 : c’est le nombre d’années que compte la carrière de Gilles Perrin, portraitiste bienveillant des femmes du monde.
50 : c’est, en minutes (et hors générique), la durée de La Corée du Nord et l’art, drôle de documentaire qui suit le photographe chinois Quentin Shih et quelques artistes européens dans leur découverte de la Corée du Nord.
50 : c’est, en euros, la somme à débourser pour obtenir un badge à l’effigie d’Alfred Dreyfus (+un livre) et ainsi aider le Musée de Bretagne à acquérir des ensembles de photographies inédites sur l’affaire Dreyfus.
50 : c’est le pourcentage (minimum) de résidences secondaires dans les vingt communes bretonnes arpentées par Maxime Voidy pour sa série « Les maisons endormies ».
50 : c’est, en millimètres, la distance focale de l’objectif qui vient de rejoindre le Zeiss Museum of Optics. Sa particularité ? Il a été utilisé par Stanley Kubrick pour le film Barry Lyndon, dont les scènes en intérieur, éclairées à la bougie, nécessitaient une très grande ouverture (f/0,7 en l’occurrence).
 

Au revoir Loretta Lynn

 
 
« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Visuel d’ouverture : Ann-Margret, 1971 © Douglas Kirkland