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Clique Clac #267

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A-t-on besoin d’un appareil de prise de vue pour se dire photographe ? Pour Katrien de Blauwer, adepte du photomontage qui puise sa matière première dans des magazines des années 1960 et 1970, la réponse va de soi : « Mon cut est comme le déclenchement de l’appareil photo ». Pour leur part, Françoise et Daniel Cartier utilisent des papiers photosensibles qu’ils font réagir à la lumière et à la chaleur. Et comme le duo se passe de fixateur, ses œuvres sont en constante évolution. « Une manière, disent-ils, de questionner le flux d’images photographiques produites à l’ère numérique. » Fidèle au rayogramme et à la scotchographie, Patrick Bailly-Maître-Grand se décrit, quant à lui, comme un alchimiste, capable de transformer la lumière en image sans l’entremise de l’appareil. Terminons ce tour d’horizon (non exhaustif) avec un autre iconoclaste, Arie van ‘t Riet, qui met à profit sa formation de physicien et utilise les rayons X pour radiographier la faune et la flore.

En ouverture du précédent numéro de Clique Clac, nous nous emballions pour les photos de panthère de neige réalisées par Kittiya Pawlowski. L’histoire était trop belle. Comme le démontre cet article précis et documenté de Jocelyn Chavy et Ulysse Lefebvre, ces images relèvent du photomontage,
Nous vous présentons nos excuses pour avoir relayé cette fausse information.


Seul établissement public parisien à préparer au bac pro photographie, le lycée Brassaï pourrait fermer ses portes à la fin de l’année scolaire 2022-2023 en raison du projet de réforme de l’enseignement professionnel. Vous pouvez soutenir le personnel éducatif du lycée en signant la pétition qu’il a mise en ligne.


Art Brewer, Californien présenté par certains comme le « GOAT » de la photographie de surf, s’est éteint à l’âge de 71 ans.


Rio Bravo pour les uns, Rio Grande pour les autres, le fleuve qui sépare le Mexique et les États-Unis charrie une longue et lourde histoire que traduisent ses paysages domestiqués par l’homme. Armé de son appareil argentique et d’un 35 mm, Zoe Leonard a longé durant cinq ans (de 2016 à 2021) cette frontière fluviale afin de dresser le portrait « des populations qu’il traverse ou qui le traversent ».  


Actu oblige, Associated Press a puisé dans ses archives la matière d’une rétrospective photo des 21 dernières éditions de la coupe du monde de football.
De son propre aveu, Robert Beck ne connaît pas grand-chose au « soccer ». On lui doit pourtant l’emblématique image de Brandi Chastain après son tir au but victorieux en finale de la coupe du monde 1999.


Sur ses réseaux, le groupe Placebo a demandé à celles et ceux qui viennent à ses concerts d’arrêter de prendre des photos et de profiter du moment. Une autre façon de leur dire « You don’t care about us » ?


Deux passionnés d’urbex pénètrent dans un bâtiment abandonné et tombent sur un cadavre en décomposition… Ce pourrait être la scène d’introduction d’un épisode des Experts, mais c’est ce qui est réellement arrivé à Michael et Aaron lors de leur « visite » d’un immeuble délabré de Kansas City.


AU TABLEAU D’HONNEUR…

• Il y a des chances que vous trouviez le palmarès 2022 des Natural Landscape Photography Awards un peu fade. Mais le refus du clinquant est justement dans l’ADN du concours, celui-ci se voulant le fidèle reflet de la beauté des paysages terrestres (le recours aux logiciels de retouche est admis, mais le jury veille à ce que les effets ne soient pas exagérés). 
 
• Lauréat du Pink Ribbon Photo Award, concours visant à mettre en lumière des histoires de femmes (ou d’hommes) atteintes par un cancer du sein, Jean-Pierre Stagnetto a choisi de faire le portrait de sa fille Fanny : « Nous avons tout de suite voulu parler du cancer du sein par le prisme de l’aréole manquante. Car c’est une question primordiale dans le processus postopératoire. J’ai choisi de l’illustrer par une métaphore, celle d’un bouton décousu que l’on pourrait recoudre, contrairement à l’aréole dont on doit faire le deuil. »
 
• Tant sur le plan des images lauréates que des participants, l’Europe est totalement absente du concours photo créé par Leo Thom. Et pour cause : il a pour thématique la mangrove et ses habitants. Au-delà du palmarès, le concours a pour but de mettre sous les projecteurs un écosystème méconnu et menacé de disparition. Félicitations quand même à la courageuse Tanya Houppermans qui a remporté le titre de Mangrove Photographer of the Year grâce à une photo mi-air mi-eau qu’on vous laisse découvrir.
 
• Le monde du tout petit recèle des trésors insoupçonnés, que révèle chaque année le Nikon’s Small World, concours célébrant la microphotographie. Des doigts d’un embryon de gecko aux myocites cardiaques en passant par une tête d’asperge, les 20 photos qui composent le palmarès 2022 sont un défi à l’entendement.
 
• Le Grand Prix de la 6e édition d’Africa in Focus, concours photo organisé par Wilderness Safaris, célèbre la venue au monde d’un gorille des montagnes, cajolé du bout du doigt par un de ses aînés. La photo, douce et forte à la fois, a été prise par le Polonais Tomasz Szpila dans la forêt de Bwindi, en Ouganda.
 
• Nouveaux venus dans la longue liste des concours photo, les « Black and white photo awards » ont récompensé le Belge Johan Willems pour un cliché à la beauté simple et sereine montrant une femelle guépard et ses quatre petits. 

Vous doutez de l’intérêt du roman-photo en 2022 ? Regardez cette interview de Thomas Dupuis (alias Otto T.), le cofondateur de Flblb, maison d’éditions poitevine qui depuis une dizaine d’années dépoussière ce genre mal-aimé parce que mal connu. Saviez-vous, par exemple, que des auteurs aussi estimables que Gébé ou Jean Teulé avaient produit des ouvrages relevant du roman-photo ? Quant à la scène actuelle, elle brille par sa diversité de tons, du psychédélisme débridé de Julie Chapallaz (chronique dans C.I. n°439) à l’autobiographie romancée d’Ype Driessen (cf. C.I. n°444).
Ultime preuve du retour de hype du roman-photo, Flavien Berger a recouru à ce moyen pour illustrer son tout nouveau titre, « D’ici là ».

 

« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Visuel d’ouverture : Prothea & python © Arie van ‘t Riet