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Clique Clac #268

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Aujourd’hui, en Argentine, il revient moins cher de tapisser son mur de billets de 10 pesos que d’acheter un rouleau de tapisserie. Ce simple exemple vous donne une idée du taux d’inflation dantesque qui touche le pays (nos 5,6% pèsent bien peu face à leurs… 83% !). Diplômée en économie et en sociologie, Irina Werning a décidé d’illustrer les effets de ce phénomène sur le quotidien de ses compatriotes dans une série d’images astucieuses et instructives qui doivent autant au registre documentaire qu’à la mise en scène.

Beaucoup d’ouvriers étrangers ont perdu la vie au Qatar dans le cadre des chantiers entourant la coupe du monde de football, d’autres sont revenus au pays estropiés. C’est le cas de Rajesh Kumar Dhami, un Népalais de 47 ans qui a été renvoyé à son domicile après avoir vu un mur s’effondrer sur lui. Pour le quotidien québécois Le Devoir, Adil Boukind s’est rendu au chevet de Rajesh et a rencontré son épouse, Babur, qui tient désormais seule le foyer à bout de bras.  


Disparu il y a 110 ans, August Strindberg n’était pas qu’un dramaturge en avance sur son temps. Il touchait à la peinture et à la photographie, avec là aussi un goût certain pour l’expérimentation, comme le prouvent ses « célestographies« , des images réalisées dans les années 1890 « sans appareil ni lentille » (en français dans le texte). Le chimigramme avant l’heure !


Graphiste dans une première vie, Béatrice Prève s’est convertie à la photographie en 2009. Depuis, la Lyonnaise partage son temps entre les reportages et le corporate, mais ne se prive pas de vendre ses photos à des banques d’images. « C’est sécurisant financièrement, explique-t-elle au micro de Mathieu Vitrat, et ça permet ensuite de prendre plus de risques dans les travaux photojournalistiques. » Dans la suite de l’interview, Béatrice Prève tempère quand même son enthousiasme pour les banques d’images en pointant l’opacité de leur fonctionnement et la robotisation des validations d’images. Les artistes Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon vont plus loin, en affirmant carrément que Shutterstock et consort opèrent un effacement du réel.


Plasticien esthète, Nicolas Floc’h s’applique à enregistrer les fonds marins au large de nos côtes pour produire des images monochromes dont on oublierait presque qu’elles ont été faites sous la surface.


Reporter autodidacte, Russell Frederick a couvert les dégâts causés par l’ouragan Katrina, les manifestations qui ont suivi le meurtre de George Floyd ou la vie quotidienne dans son quartier de Bedford-Stuyvesant (Brooklyn), mais un glaucome a stoppé net son ascension. Le photographe aurait pu abandonner sa passion de toujours. Au lieu de ça, il a appris le braille et aiguisé ses autres sens pour rendre compte du monde différemment. « J’ai perdu la vue, a-t-il confié à BKReader, mais je n’ai pas perdu la vision ! »


Décerné par la National Portrait Gallery de Londres, le Prix Taylor Wessing salue depuis 2003 les meilleurs portraitistes de l’année écoulée. La lauréate 2022, Clémentine Schneiderman, photographe française expatriée au Pays de Galles, a remporté le prix grâce à un portrait de sa voisine confinée.


De René Coty à Emmanuel Macron, les présidents de la République ont peu à peu compris l’importance de construire une image valorisante de leur personne. Ils se sont donc entourés de communicants qui, d’un mandat à l’autre, ont fini par saper le travail des photojournalistes. Ceux-ci ont néanmoins joué un rôle important dans la fabrication des images présidentielles, comme l’évoque, exemples à l’appui, le documentaire de Ghislain Delaval et Aurelia Braud récemment diffusé sur LCP. Un documentaire éclairant, mais au casting 100% masculin, du côté des présidents, évidemment, mais aussi des intervenants : Alain Genestar, Marc Brincourt, Jean-Claude Coutausse, Sébastien Calvet, Jacques-Henri Lartigues, Diego Goldberg et Philippe Warrin. Bettina Rheims, Gwenaëlle de Kerros et Soazig de La Moissonnière n’étaient pas disponibles ?


LES CHIFFRES DE LA SEMAINE

3 : c’est par ce chiffre que vont être multipliés les effectifs de l’usine Cewe de Fabrègues à l’approche des fêtes.
3,5 : c’est, en kilos, le poids dont les plongeurs de la Marine royale canadienne ont lesté leurs poches pour leur portrait de classe.
5 : c’est le numéro du dernier épisode de « Question d’images », consacré à Émilie Delugeau, photographe niortaise de retour à la maison.
7 : c’est le nombre de jours qu’il vous reste pour soumettre votre candidature à l’Académie des beaux-arts.
15 : c’est le nombre de jours qu’il vous reste pour postuler à la 3e édition des Mesnographies (thème : « Le genre »).
16 : c’est l’âge qu’avait Kate Moss quand elle est passée pour la première fois devant l’objectif d’Ellen von Unwerth.
30 : c’est le nombre de fausses photos de profil que vous promet PhotoAI contre 19 $.
50 : c’est, en minutes, la durée du podcast « L’œil écoute » consacré à Arnaud Baumann, qui évoque sa collaboration avec la rédaction d’Hara-Kiri et, bien sûr, sa couverture des fêtes au Palace.
522 : c’est le nombre de photos prises par Orsolya Haarberg dans la forêt primaire de Madère… plus dur fut le choix pour l’icono de National Geographic.
1400 : c’est le nombre d’appareils photo que compte la collection de Donald Poirier, garantie « sans doublon ».
1947 : c’est l’année où a commencé la collaboration de Sarah Moon avec la maison Dior.
1958 : c’est l’année où l’équipe de foot du Pays de Galles a commencé à faire n’importe quoi sur les photos de groupe.
10000 : c’est le nombre d’abonnés visé par la chaîne YouTube de Nation Photo pour débloquer le gros lot de son concours : un Pentax 6×7.
 

Quand elle ne photographie pas The Cure pour le NME ou Childish Gambino pour MixmagCarolina Faruolo rejoint son compère Danny Lee Blackwell au sein d’Abraxas, leur groupe commun. Sur leur premier album, Monte Carlo, paru le 28 octobre dernier, on trouve en plage 10 un titre essentiellement instrumental intitulé « Fuji ». On ne croit pas au hasard… d’autant moins que la photographe a utilisé et utilise encore un Instax et un X100.

 
 
« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.
Visuel d’ouverture : En 2001, 1 dollar valait 1 peso. En juillet 2022, 1 dollar vaut 335 pesos. © Irina Werning