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Clique Clac #270

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« La Bulgarie de Vladimir Vasilev, un rapport intime à l’exil ». Sous ce titre pas vraiment engageant se cache un des portfolios les plus attrayants qu’on ait eu l’occasion de voir ces dernières semaines. Les photos datent de 2007, mais ce qu’elles montrent est intemporel. Et ne vous arrêtez pas à la prétendue absurdité des situations présentées, lisez les commentaires de Cécile Canut et Alain Hobé. À leur suite, vous vous demanderez « qui sont les plus fous ? les Bulgares d’hier qui ont construit des maisons posées comme un Spoutnik sur une végétation morne ? ou bien ceux d’aujourd’hui qui rehaussent leur demeure d’une Trabant trônant au-dessus de la porte d’entrée ? » Si le travail de Vladimir Vasilev vous plaît, prolongez le plaisir en visitant son site.


Le tribunal d’arrondissement de Luxembourg a rejeté l’accusation de plagiat portée par la photographe singapourienne Jingna Zhang à l’encontre du peintre Jeff Dieschburg. Une décision pour le moins surprenante.


Sèche et aride, la réserve de Shompole Conservancy semble désertique à celles et ceux qui ne font qu’y passer. Mais pour les associations installées de longue date sur ce territoire de la Vallée du Rift, la présence de vie sauvage ne fait aucun doute. L’une d’elles, SORALO, œuvre ainsi à la coexistence de la faune locale et des tribus masaïs en surveillant l’activité autour des points d’eau grâce à des pièges photo. C’est en voyant ces images que Will Burrard-Lucas se rapprocha des membres de l’association et leur proposa de construire une mare artificielle au bord de laquelle serait enterrée une cabine-affût. Très vite, les hyènes, les zèbres, les gnous et les lions s’approprièrent cette drinkstation d’un genre nouveau. Au grand plaisir de Will Burrard-Lucas et des photographes de passage, puisque la « Shompole Hide » leur est aussi ouverte.
Pour originale qu’elle semble, la technique d’affût employée par Will Burrard-Lucas n’est pas très éloignée de celle décrite par Anne-Marie Étienne pour photographier les éléphants en contre-plongée. On vous renvoie au n°444 de Chasseur d’Images pour découvrir son travail.


En 2019, on comptait pas moins de 14500 artistes résidant en Occitanie. Pour mieux les connaître, le réseau d’art contemporain Air de Midi lance une enquête sur les activités des plasticiens et plasticiennes de la région. Si vous êtes concerné, hâtez-vous, car le questionnaire est en ligne jusqu’au 30 décembre 2022.


Ericka Weidmann gravite dans le monde de la photo depuis 1999, année où elle a rejoint le site photographie.com. Après un passage à l’éphémère Journal de la photographie, elle a cofondé en septembre 2013 L’Œil de la Photographie avant de créer, trois ans plus tard, 9 Lives Magazine, site précieux où elle partage ses coups de cœur et donne chaque semaine carte blanche à des invités triés sur le volet (cette semaine, José Nicolas). Ses vingt-trois années d’expérience font de la journaliste un témoin privilégié des évolutions de la photographie (moins sur le plan de la technique que sur celui de sa diffusion). Au micro de Marine Lefort, elle a retracé son parcours, entre désir d’indépendance et difficultés à faire vivre un site en libre accès et sans pub.


Fondateurs de la galerie Lumière des Roses (Montreuil), Marion et Philippe Jacquier ont fait de la photographie vernaculaire leur champ d’exploration privilégié. Pour compléter leur offre, ils ont confié à Cédric de Veigy, historien de la photographie, la mission de concevoir un jeu à partir de leur fonds. Ainsi est né « L’œil en coin », un jeu de cartes qui fait appel au sens de l’observation et à l’imagination des participants.


Nouvel épisode dans l’histoire des photos de panthère des neiges réalisées par Kittiya Pawlowski (cf. Clique Clac #266). Il y a trois semaines, Jocelyn Chavy et Ulysse Lefebvre démontraient que les images étaient en réalité des montages. Suite à ces révélations, l’Américaine se défendit (paragraphe « Disclaimer ») en arguant qu’elle n’était pas photojournaliste et qu’elle s’autorisait donc à manipuler ses photos. Là où le bât blesse, c’est que ces photos ne sont pas les siennes. Par l’intermédiaire d’un de ses lecteurs, Alpine Mag a en effet retrouvé la panthère originale qui a servi au montage… et elle est l’œuvre d’un septuagénaire breton, Sylvain Cordier.


Avis aux Parisiens et aux Parisiennes, la Galerie XII vous convie ce samedi 17 décembre, de 15h à 18h, à une rencontre-signature avec la portraitiste Carole Bellaïche, autour de son livre 25 boulevard Beaumarchais


LE SAVIEZ-VOUS ?

• La mission « dearMoon » du milliardaire japonais Yusaku Maezawa comptera parmi ses passagers une photographe, l’Irlandaise Rhiannon Adam.
• Gabriel Lippmann est le seul physicien de l’histoire à avoir reçu le prix Nobel pour un procédé photographique.
• C’est une photographie historique qui a inspiré à Jérémy Tran sa nouvelle chorégraphie.
• 50 photographes de Getty Images sont affectés à la coupe du monde de foot, et à chaque match 3000 à 4000 images sont envoyées aux clients de l’agence.
• Le drôle de logo (un oiseau sur le flanc) avec lequel Randy Johnson signe ses photos est directement lié à son passé de lanceur professionnel en ligue majeure de baseball.
• Peu convaincu par les premières productions de Kendrick Lamar, Fifou a refusé de signer la pochette d’un de ses albums.
• Il y a cent ans, Marie al-Khazen posait un regard à la fois détaché et moderne sur la toute jeune nation libanaise.
• David Bailey a joué dans une pub pour Olympus.
• L’École nationale supérieure de photographie d’Arles n’est pas qu’un lieu d’apprentissage, elle est aussi un lieu d’expérimentations autour de l’image.
• Le travail photographique de François Brunelle a permis de conduire une étude sur les traits génétiques communs des « super-sosies ».
• Le faux sang utilisé par Stanley Kubrick pour la scène de l’ascenseur de Shining s’est écoulé dans les rues jouxtant le studio, provoquant l’effroi des riverains.
• Un biomarqueur permet de prédire la mort naturelle des mouches… à quand la même chose pour les humains ?
 

Flashy-flash ! Watch the birdy !
Trashy-trash ! Wash the dirty…
 
*Le terme d’argot américain shutterbug désigne l’amateur passionné de photo (tendance déclenchite aiguë). 
 

« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images. Visuel d’ouverture : © Vladimir Vasilev