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Clique Clac #318

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© Paul Rousteau / FFT 2024

Biberonné aux Grandes Vacances de Robert Doisneau, Paul Rousteau a tenté d’en retrouver l’esprit (la couleur en plus) pendant la résidence photographique qu’il a effectuée pour la Villa Noailles. Durant cinq étés successifs, il s’est rendu sur la côte varoise et a convié de jeunes peintres avec lui. De ce travail collaboratif est née l’exposition « Paul, la plage et les peintres », visible à Hyères jusqu’au 10 mars. Mais c’est pour une autre forme de collaboration que le photographe a fait parler lui ces derniers temps. Il est en effet l’auteur de l’affiche du prochain tournoi de Roland-Garros… ou doit-on écrire co-auteur ? Pour réaliser l’illustration qu’il avait en tête, Paul Rousteau a fait appel à Midjourney. L’image a, comme on s’en doute, suscité des commentaires outrés. L’artiste voit plutôt dans l’IA un nouvel outil à ajouter à sa palette : « Ça fait 12 ans que je suis photographe, pourquoi s’interdire de découvrir des choses ? Je n’ai pas d’idées préconçues. J’aime bien les débats. Beaucoup voient un problème avec ça, mais quand la photographie est apparue, elle a aussi créé des débats. Je préfère embrasser les choses plutôt que de dire c’est nul, je ne veux pas le faire. C’est un prétexte d’expérimentation. »

 
PETER MAGUBANE (1932-2024)
Premier homme noir sud-africain à obtenir (en 1958) une récompense photographique, Peter Magubane a chroniqué durant la première partie de sa vie les violences liées au régime d’apartheid, couvrant notamment en 1964 le procès de Nelson Mandela, dont il deviendra, 26 ans plus tard à sa sortie de prison, le photographe officiel. « Travailler en tant que photographe noir durant l’apartheid était difficile, confiait-il au Guardian en 2015. Je devais improviser : cacher mon appareil dans une miche de pain, une demi-pinte de lait ou même une bible. » Peter Magubane est mort le 1er janvier à l’âge de 91 ans.
 

VOUS REPRENDREZ BIEN UN PEU DE 2023 ? (ou pas)

• L’actualité française, l’internationale, les portraits et les reportages au long cours : l’agence Myop fait son récap’.
• D’une guerre à l’autre, une année en enfer dans l’œil de Libé.
« La joie, l’angoisse et tout ce qui se trouve entre les deux » : 2023 vu par les photographes d’Associated Press.
• Un tour du monde en 100 regards proposé par Women Photograph.
• Rien que pour le robot mobile utilisé par Jen Guyton pour observer la vie des hyènes, la rétrospective de National Geographic vaut le détour.
• Un lynx dans la cour d’une école primaire, des inondations, des feux de forêt, des travaux à rallonge sur le pont Laviolette… nos cousins québécois ont connu une année mouvementée.
• Slate propose un diaporama à vif, reflet d’une année de manifs.
• Cristina de Middel, la présidente de Magnum, a fait sa sélection parmi les reportages de l’agence.
• Du Chili à La Réunion, de l’Islande à la Papouasie Nouvelle-Guinée, retour sur une année volcanique.
• Le diaporama de Reuters comprend 100 photos, c’est beaucoup et peu à la fois quand on sait que les photographes de l’agence en ont produit 1,3 million durant l’année écoulée.
• Le monde anglo-saxon se taille la part du lion dans la rétro de Time Magazine.
• L’Europe est mieux représentée dans celle de l’agence EPA.
• Et quid des antipodes ?
• 2023 en toute sensualité à travers les visions barrémoustillantes de Lin Zhipeng, Shae Detar et consorts.
• Concluons avec quelques notes joyeuses signées par les photographes de l’AFP.
 
HISTOIRES D’EXILS
Pour The Conversation, Marie-Christine Michaud, professeure à l’Université Bretagne Sud, s’est prêtée au jeu du commentaire photographique en analysant l’image d’une femme et de ses deux enfants réalisée à Ellis Island il y a 130 ans par Lewis Hine. Même si l’article date du 5 décembre, on aime y voir un clin d’œil au projet de loi récemment et indécemment votée par l’Assemblée nationale. Lointains héritiers de Hine, Édith Roux et Bruno Fert proposent leur vision des exilés d’aujourd’hui dans deux expositions à voir à Lyon et à Assérac. La première dépeint le quotidien de réfugiés ouïghours contraints, même loin de Chine, à cacher leur identité – ce qui a conduit la photographe à faire des choix radicaux pour les représenter. Le second s’intéresse aux lieux de vie des personnes en exil, installations précaires qui racontent, en creux, la difficulté de leur parcours ainsi que leur résilience.
 
DERRIÈRE LES IMAGES
Dans le cadre de son vingtième anniversaire, la Fondation Henri Cartier-Bresson poste, la dernière semaine de chaque mois, une courte vidéo (cinq minutes environ) dans laquelle un ou une expert(e) est invité(e) à décrypter une photo de Martine Franck ou Henri Cartier-Bresson. Quatre sont déjà disponibles : Derrière la gare Saint-Lazare (HCB) par Clément Chéroux, Hospice d’Ivry-sur-Seine (MF) par Shirley Jordan, Camp de réfugiés, Kurukshetra (HCB) par Rahaab Allana et Téhéran (MF) par Taous Dahmani.
 

VOUS AVEZ DIT BIZARRE ?

• Alessandro Gandolfi nous fait découvrir les silent parties, des fêtes où chacun danse sur le style musical de son choix.
• Nick Sherlock a mis au point un drôle d’objectif dédié à la stéréoscopie.
• Quand les 18 Mpix inscrits sur la boîte et la promesse d’un zoom optique x8 se révèlent tout simplement faux
• John Yuyi a fait de sa rhinoplastie, ou plus exactement de son nez tout neuf, le sujet de In memory of…, un livre pour le souvenir puisque, deux semaines après l’opération, elle a décidé de revenir à son nez d’origine !
• Pour sa prochaine exposition, l’Espace Images Vevey cherche des photos de Père Noël décalées.
• Un chamois a été vu dans un champ de Gironde.
• Coiffé d’un couvre-chef de circonstance, Feng Li présente son nouveau livre, consacré à son animal de compagnie (quelques images ici).
• Adepte des Sony Alpha mais pas convaincu par le design des boîtiers, Andrea Pizzini a décidé de les redessiner avec l’aide d’une IA.
• Douchynois, Douchynoises, il ne vous reste plus que quelques jours pour découvrir les images de Robin Lopvet.
• Une habitante de Tampa poursuit en justice la compagnie Reese’s parce que la photo des confiseries sur les emballages ne correspond pas à la réalité.
 
MUSIQUE
Le collodion humide a le vent en poupe en ce début d’année. Le 1er janvier, le procédé a eu les honneurs du JT de TF1, avec un sujet sur l’atelier d’Aude Boissaye, Studio Cui Cui, qui donne envie de se faire tirer le portrait. Ça tombe bien, Monsieur Vintage vous donne quelques conseils pratiques et ses bonnes adresses (dont Sudio Cui Cui). Et qu’est-ce qu’on s’écoute avec ça ? Eh bien, un titre issu du dernier album d’Anthony Wilson.
 
 
 
« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile en dix entrées et quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.