Sur la plateforme d’Arte, on trouve actuellement deux documentaires traitant du pouvoir des images en temps de guerre. Ils méritent d’être vus tous les deux, car ils ont une approche de leur sujet complètement différente : immersive pour l’un, réflexive pour l’autre. « Dans Gaza », tout d’abord, témoigne du travail des journalistes palestiniens sous le chaos des bombes. La parole est notamment donnée à Mohammed Abed, photographe de l’AFP chevronné (il a couvert les conflits au Soudan, en Libye ou en Égypte) qui s’est vu accuser, à tort, de falsifier certaines de ses photos. « C’est pour ça, répond-il, qu’il faut autoriser l’entrée des journalistes étrangers dans Gaza, pour que personne ne puisse mettre en doute la vérité du terrain. » De son côté, la série documentaire « 42 – La réponse à presque tout » se demande quelle est la force des images. Vaste question que tentent d’éclairer des historiens de l’art, une psychologue et un historien en se référant à des photos d’événements historiques (la Shoah, la guerre du Vietnam, le 11 septembre, l’attentat manqué contre Donald Trump, etc.). L’idée étant de savoir si l’image fait l’histoire ou si elle la suit. Intéressant, même si très américano-centré.
Sur ce même sujet, si vous habitez du côté de Lens, ne manquez pas la 2e édition du festival « Images de guerre, guerre des images ». L’événement, gratuit, propose du 7 au 11 novembre des projections, des expos et des rencontres. Une programmation à visée pédagogique sur notre perception des conflits d’hier et d’aujourd’hui.

ASTRONOMIE VINTAGE

Qu’ont à nous dire les plaques de verre sur lesquelles les astronomes photographiaient le ciel à la fin du XIXe siècle ? Pas grand-chose, a priori. Détrompez-vous. Une vidéo récemment mise en ligne par le CNRS montre qu’elles peuvent livrer de précieuses informations sur le mouvement des étoiles, des lunes ou des galaxies. Inscrite dans le cadre du projet Naroo, la numérisation de ces plaques a même mis en évidence des objets stellaires dont l’existence n’a été avérée que bien des années plus tard. Une vidéo à compléter par cette série de photos montrant la mise en œuvre du scanner sub-micrométrique et cette visite-reportage de Sciences & Avenir où l’on en apprend un peu plus sur les pionnières de l’observation astronomique.

MIMMO JODICE, 1934-1925 

Photographe napolitain connu pour ses images montrant les ravages du temps sur les sculptures grecques et romaines, Mimmo Jodice s’en est allé aussi discrètement qu’il est arrivé. Finestre sull’Arte détaille, en dix points, ce qui faisait la singularité de l’œuvre de ce poète du noir et blanc : « Ses photographies ne recherchent pas une beauté idéalisée, mais une mémoire sédimentée. Il y a en elles une tension vers l’éternité, une évocation de la permanence de certaines émotions humaines au-delà des siècles. » 

PHO•pho•phoTUS !

Sur le principe de feu Motus, saurez-vous trouver ces trois mots (1, 2 et 3) sans aucun lien avec la photographie, mais qui, une fois mis dans le bon ordre, forme le nom d’un ou d’une photographe ?

En bref et en vrac...

Nous vous parlions il y a deux semaines des 40 ans du département photo de Reuters. Après la période 1985-1995, le diaporama anniversaire est désormais complet avec les décennies 1996-2005, 2006-2015 et 2016-2025.
La société SilverBridges, codétenue par Jeff Bridges (oui, oui, le Dude), vient de dévoiler le premier prototype du WideluxX, appareil panoramique dans la droite lignée du Widelux de Panon.
Après les articles feuilletonnant dans Le Monde et le livre aux éditions du Seuil, l’histoire du photographe inconnu de l’Occupation est déclinée en podcast.
Un petit sujet sympa du JT de France 2 sur des photographes amateurs partis observer le brame du cerf en Écosse.
Grâce à Katia Mériot, le JAM FC, club de foot amateur vendéen, est désormais connu dans le monde entier.
Pour retaper le toit de leur église, les artisans et commerçants d’Aubais (Gard), pas frileux, ont reproduit la Cène sous l’œil du photographe Patrick Frilet.
Bienvenue dans la maison de Jeanne Devos, pionnière de la photo de reportage et adepte de la stéréoscopie.
Parce que les concessions ne sont pas éternelles, la communauté Geneanet arpente les cimetières pour photographier les tombes.
Comment préserver la dignité des personnes photographiées sur les terrains de guerre ? Simon Toffaletti de la société Fairpicture présente une solution pour obtenir sur place le consentement des personnes concernées avant publication des images.
Les conférences données dans le cadre du Salon de la Photo sont disponibles sur sa chaîne YouTube (mais pas les « Grandes rencontres », dommage).
« 28 minutes » a accueilli le toujours très alerte Martin Parr à l’occasion de la parution de son autobiographie illustrée, Complètement paresseux et étourdi.
Le jury des Abbey Road Music Photography Awards 2025 a livré son verdict et attribué un prix spécial (Icon award) à Anton Corbijn
Les photos finalistes du concours de Montier 2025 ont été dévoilées. À vous de contribuer au Prix du public en désignant votre photo préférée parmi la sélection.
De Jane Fonda à Bob Dylan, en passant par Mama Cass, Jerry Schatzberg (98 ans) commente quelques-uns des portraits qui ont marqué son immense parcours.
Reporter de guerre multiprimé, Wojciech Grzędziński trouve son équilibre en photographiant les participantes et participants du concours international Frédéric Chopin.

verbatim

Les corps trans sont toujours représentés d’une certaine façon, en tout cas dans les médias mainstream. Ils sont toujours montrés d’une façon la plus esthétique possible. Une femme trans est forcément belle, un homme trans forcément musclé. Mais très rarement on va voir monsieur ou madame tout-le-monde. Mes photos, c’est un peu un pied-de-nez à l’expression « contre-nature ». Je les prends en pleine nature parce que c’est là que naît l’esthétisme le plus pur de la personne trans.

Iris MARDÉMOUTOU

Lorsque j’ai vu pour la première fois les photographies de Hilla et Bernd Becher, je les ai trouvées assez ennuyeuses. Leur approche n’avait rien à voir avec ce que l’on considère souvent comme une bonne photographie. Ce n’est qu’avec le temps que j’ai compris que les fondateurs de l’École de photographie de Düsseldorf, par leur représentation extrêmement objective et précise, souhaitaient attirer le regard du spectateur non pas sur l’image, mais sur ce qui était montré.

Matthias ROESCH

la petite musique de fin

Ah, les mystères d’Internet et de nos connexions neuronales… En scrollant dans cet article d’Another Mag (ne nous demandez pas comment on est arrivé là !), on tombe sur une photo de Rut Blees Luxemburg qui, instantanément, nous ramène 23 ans en arrière, à l’époque du deuxième album de The Streets. Ni une, ni deux, nous voici sur YouTube à mater les clips du groupe de Mike Skinner. Et parmi eux, celui de « Fit but you know it », qui démarre par une scène où le jeune rappeur va chercher ses photos de vacances au labo de développement…

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à travers quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.