À une semaine de Noël, peut-être cherchez-vous encore LE livre qui saura séduire votre belle-sœur, votre neveu ou grand-papa. Pour vous aider dans cette impossible quête du cadeau parfait, on vous conseille (séquence autopromo) la lecture du dossier « Livres » du numéro de Chasseur d’Images actuellement en kiosques. Vous y retrouverez les chroniques de 44 ouvrages, classés par thème. Et si vous êtes du genre à faire vos achats à la toute dernière minute, le nouveau numéro de CI (à paraître ce week-end) vous proposera une vingtaine de références supplémentaires. Parce qu’on n’a pas la prétention d’être exhaustifs, jetez aussi un œil aux sélections de France Info, Vogue, Le Temps ou 24 Heures. Enfin, rien ne vous interdit de jouer la carte sécurité en offrant un livre ayant reçu un prix ces dernières semaines : par exemple, Aux Ombres de Simon Vansteenwinckel (Prix Nadar-Gens d’Images), One Millimeter of Black Dirt and a Veil of Dead Cows de Vincent Jendly (Prix des libraires), ou encore le catalogue Résistance Visuelle Généralisée, A Study on Waitressing d’Eleonora Agostini ou The Classroom d’Hicham Benohoud, trois recueils récompensés aux Aperture Awards.

LES ORS ET DÉSORDRES DE KAREN KNORR

Karen Knorr est née à Francfort-sur-le-Main, a grandi à Porto Rico, a fait ses études dans le New Hampshire, les a poursuivies à Paris, avant de s’établir à Londres à la fin des années 70. Là, elle réalise ses premières séries, notamment « Belgravia », défilé de portraits de la grande bourgeoisie britannique à l’heure du thatcherisme. Aujourd’hui septuagénaire, la photographe regarde ce travail de jeunesse comme une critique du milieu dans lequel elle vivait : « L’œuvre utilise l’humour pour remettre en question les classes sociales et leurs préjugés. Elle se concentre sur les inégalités entre les hommes et les femmes ainsi que sur les valeurs aspirationnelles associées aux notions de goût. » Le propos est issu d’une longue (partie 1, partie 2) et passionnante interview donnée à Talking Picture, dans laquelle Karen Knorr évoque son cheminement artistique, du documentaire ironique des débuts aux mises en scène symboliques qui lui valent aujourd’hui une renommée internationale. Terminée mais toujours visible en ligne, l’exposition « Fables et autres contes » donne un bon aperçu de cette partie de son travail.

DEUX MINUTES, BIEN DES PENSÉES

Site incontournable pour qui s’intéresse à l’actualité de la photo (au sens large : des menaces pesant sur le papier baryté au travail collaboratif d’Arno Rafael Minkkinen et Veronica Mecchia), 9 Lives a ajouté une corde à son arc en proposant un podcast au nom programmatique : “Vous avez 2 minutes ?” Chaque semaine, au rythme d’un épisode par jour, un ou une photographe se dévoile en répondant aux questions de Brigitte Patient (à l’initiative du projet avec Patrick Delat). Les séquences ont été enregistrées lors des dernières Rencontres d’Arles. Et depuis le lancement de la pastille, quelques jolies pointures se sont succédé au micro : Corinne Mercadier, Dana Cojbuc, Chloé Sharrock, Ed Alcock, Clément Chapillon, Fabien Fourcaud ou encore Mélanie Wenger. Une bonne porte d’entrée pour découvrir celles et ceux qui font la scène contemporaine française (et, accessoirement, savoir quelle photo sert de fond d’écran à leur téléphone portable).

En bref et en vrac...

L’Humanité, Le Figaro, Libération, Le Monde, Le Parisien, La Croix, L’Équipe, France Inter, RFI, RTS, LFM, Arte, France 5, TF1, BFM, La Salamandre, Demain Vendée… le plan média du Chant des forêts, nouveau film de Vincent Munier, fonctionne à plein régime en cette semaine de sortie.
Il ne fait pas bon enquêter sur les droits humains en Chine quand on est photojournaliste. Nouvelle preuve avec le sort réservé à Du Bin.

DPReview a livré son palmarès annuel du matériel photo (et défendu ses choix). Comme tous les classements, celui-ci est à prendre avec des pincettes, mais il a le mérite de donner une vision globale des produits qui ont marqué l’année.
Même si on ne saisit pas la dimension contestataire du travail de Nicolas Lebeau, son mode opératoire (pirater les images, les scanner encore et encore jusqu’à les épuiser) pique la curiosité.
Dans la chaîne de l’information, les éditeurs photo exercent un métier dont il ne faudrait pas sous-estimer la dangerosité.
Parfois sanguinolent, souvent poétique, le palmarès du Nature Photographer of the Year offre le plein d’évasions sauvages.
 Avec sa série « Le voleur d’îles », Richard Pak a pris au mot Daniel Arasse, historien de l’art qui écrivait : « De la fascination, le spectateur peut passer au désir, finalement, de découper l’œuvre ».
Belle analyse du travail d’Anaïs Tondeur, photographe dont les expérimentations dépassent le simple geste artistique pour toucher le politique et l’écologique.
Les lauréats et lauréates des 14e Pink Ribbon Photo Awards ont été dévoilés. Au-delà des images, une précieuse mise en lumière d’anonymes confrontées au cancer du sein.
Bon centième anniversaire Mr Van Dyke !
Confronté à des photographes à l’éthique élastique, le harfang des neiges paie cher sa popularité.
Styliste de métier, Camille Bidault-Waddington a coutume de prendre des notes photographiques lors des shootings pour se rappeler d’un look, d’un set, d’un modèle… De ces images anecdotiques, elle a fait un livre qui montre les photographes de mode au travail et pointe la variété de leurs approches.
Pour une autre approche, on peut aller voir du côté de Barbibul et Barbouille.
C’est Julie Jones, docteure en histoire de l’art et commissaire de nombreuses expositions, qui remplacera Simon Baker à la direction de la MEP.
Comment les galeries promeuvent-elles la carrière des artistes qu’elles soutiennent ? Professeure en Sciences économiques, Nathalie Moureau livre les résultats de son enquête.

verbatim

La vie n’est pas parfaite, la vie n’est pas en haute définition. Loin de là. Elle est instable et très chargée en émotions. Je pense qu’il est intéressant de transmettre cela à travers la photographie.

Syân DAVEY

On dit que, sur un bateau, il faut une main pour toi, une main pour le bateau. Mais nous, on a besoin d’une main pour déclencher et une pour faire la mise au point. Alors, on doit réussir à se caler sans risquer d’être emporté. Quand tu regardes dans le viseur pour chercher ta photo, si ton bateau prend une vague de travers, tu peux être éjecté.
Bernard LE BARS

la petite musique de fin

Cofondateur de Ladytron, quatuor de synth-pop originaire de Liverpool, Reuben Wu tenait un journal photo lors des tournées du groupe à travers l’Europe. Ce qui n’était alors qu’un hobby a vite tourné à l’obsession et, au fil des ans, le Britannique a trouvé une voie singulière unissant drones et pose lente. Un mariage entre lumière et magie qui n’est pas sans rappeler un des titres de Ladytron…

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