Si l’on versait dans le cynisme, on dirait que Gideon Mendel ne manquera jamais de boulot. Le Sud-Africain aux six World Press s’intéresse depuis 2007 aux conséquences humaines des dérèglements climatiques que connaît notre planète. « Drown world », solide travail sur les populations victimes d’inondation, lui a valu une renommée internationale et une présentation aux Rencontres d’Arles 2017. « Portraits in ashes » prolonge le geste en montrant notre vulnérabilité face aux incendies. Voir ces victimes poser parmi les décombres de leur habitation soulève pas mal de questions, éthiques notamment. Ce à quoi Gideon Mendel répond en substance : « Je ne suis pas là pour exploiter des traumatismes, je veux montrer comment ces gens se réapproprient les lieux. Je ne veux pas qu’ils passent pour des victimes impuissantes. »

POUR QUE VIVENT LES COULEURS

En janvier 2025, Magnum a entamé la numérisation de ses archives couleur, soit quelque 650 000 diapositives datant des années 1950 aux années 2000, afin de garantir leur préservation. Une opération exigeant rigueur et délicatesse, comme on peut s’en rendre compte dans la série de vidéos mises en ligne par l’agence : l’histoire des archives couleur Magnum (retracée par Pierre Mohamed-Petit) ; la numérisation des diapositives (réalisée à l’aide d’un Fujifilm GFX100 !) ; la conservation et la préservation des archives (où Naïma Kaddour décrypte le code d’identification des dias pratiqué chez Magnum) ; le nettoyage et la retouche (étape sensible qui dépasse le simple dépoussiérage).

ICONOS PHOTO 2.0

Deux ans après son lancement, le portail Iconos Photo, dont l’ambition est de répertorier les fonds et les collections photographiques françaises, évolue. La page d’accueil donne maintenant accès à une cartographie élargie des institutions présentes sur Iconos Photo. La chronologie de l’histoire de la photographie est désormais téléchargeable en pdf. Et un nouveau moteur de recherche permet d’interroger la liste des travaux de recherche universitaire sur la photographie

pho•pho•photus

Sur le principe de feu Motus, saurez-vous trouver ce mot de 8 lettres en lien avec la photographie ?

En bref et en vrac

L’abcdr du son, webzine dédié au rap, a demandé à ses photographes de commenter une des images qu’ils et elles ont réalisées durant l’année 2025.
Dans Petites histoires de science, Étienne Ghys nous conduit sur les terres enneigées du Vermont, à la rencontre de Wilson Bentley, qui, à la fin du XIXᵉ siècle, montra par ses images la diversité et la complexité des cristaux de neige.
Pour optimiser vos chances de succès à la prochaine édition du concours, les Abbey Road Music Photography Awards ont mis en ligne trois tutoriels sur la gestion d’une séance de prise de vue dans le milieu de la musique, de la préparation de la séance à la post-production des images, en passant évidemment par le shooting.
Rankin et Philippe Toledano utilisent tous les deux l’IA dans leurs pratiques respectives, mais ils n’ont pas le même avis sur la question. D’où l’intérêt de la discussion organisée par Euronews. Pour un résumé en français de leur échange, voir ici.
Dans le canton de Neuchâtel, l’installation de pièges photographiques sera désormais soumise à autorisation. Qu’en est-il en France ? Le Club Biotope fait le point.
Dans sa chronique « Bazaar Légendes », Jérôme Gauthier relate les grandes heures du magazine Harper’s Bazaar. À commencer par l’histoire de Dovima et les éléphants, grande photo de Richard Avedon (mais pas la plus chère du monde, comme l’affirme à deux reprises le journaliste).
Outil de médiation développé par le pôle de photographie Stimultania, Les Mots du Clic s’offre un site dédié. Vous y trouverez une présentation complète du projet, l’ensemble des supports existants, des retours d’expériences et des ressources pédagogiques.
Les lumières plates de l’hiver n’incitent pas à sortir l’appareil photo. « À tort », nous dit Arnaud Pecquerie dans cette vidéo tournée en lisière de forêt. 
Beware ! nous fait découvrir Sarah Fuchs, photographe norvégienne dont les séries jouent avec le flou et l’abstraction tout en restant intelligibles.
Photographe attitré du SoHo Weekly News dans les années 70, Allan Tannenbaum se souvient des soirées organisées par Elton John.

verbatim

Cela ne m’intéresse pas du tout de faire des images avec l’IA, c’est en contradiction avec ce que j’ai fait jusqu’à maintenant. Je photographie des gens qui se transforment en image. Si tout d’un coup c’est moi qui fais l’image et non pas les gens, plus rien n’existe, il n’y a plus de dualité ni d’enjeu. Il y a toujours quelque chose qui cloche dans mes images, car le vivant persiste. S’il n’y a plus de vivant, il n’y aura plus de paradoxe.

Valérie BELIN

Je suis attiré par le décalage, quelque chose qui surgit, ce qu’il y a derrière. Quand je vois quelque chose d’un peu bizarre, j’ai envie de le garder. J’ai fait de la mode, j’ai travaillé autour de gens très connus, et pourtant, ce qui me touche, c’est souvent ce qui ne sert à rien commercialement, des images qui ne vendent rien, qui existent telles quelles.
Jerry SCHATZBERG

la petite musique de fin

Né en 1989 à Chelsea, Québec, James Samimi Farr a attendu d’avoir 36 ans pour sortir son premier véritable album. Et l’a fait sous le nom de Daguerreotypes. Interrogé sur ce choix, l’artiste fait un parallèle entre le procédé photographique et sa propre façon de composer : « On veut aboutir à quelque chose qui prétend représenter la réalité avec une précision parfaite, mais en même temps on sait que c’est impossible. » Comme on n’arrive pas à choisir entre les deux « clips » (c’est peut-être un grand mot !) que Daguerreotypes a sortis, on vous met les deux.

« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile
à travers quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.