Pas une semaine ne passe sans qu’on découvre les résultats d’un concours photo nature. Ces derniers jours sont tombés les palmarès du Close-up Photographer of the Year, de l’Ecology Photo Contest, de l’Ocean Art Contest et du SINWP Bird Photographer of the Year. Les images sont belles, certaines sont même impressionnantes, mais pas de quoi détrôner le Wildlife Photographer of the Year. L’institution britannique a révélé le palmarès de sa 61e édition l’automne dernier (à voir en ce moment à Bourges), mais elle en remet une couche ces jours-ci en présentant la sélection du People’s choice award, soit 24 photos qui ne figuraient pas parmi les 100 finalistes et qui ont été « repêchées » par le Natural History Museum de Londres pour être soumises au vote du public. Ça vous donne une idée du niveau moyen…

CHAUDS, LES JO !

Comme d’habitude, les Jeux olympiques produisent leur lot d’images spectaculaires (saviez-vous qu’un chien-loup s’était invité sur la piste de ski de fond ?). Par souci  de nouveauté, Getty Images a eu l’idée de confier à trois de ses photographes, Pauline Ballet, Ryan Pierse et Hector Vivas, des caméras thermiques compactes. En résultent des images où l’on est bien en peine de reconnaître les athlètes, mais où les corps rougeoyants contrastent à merveille avec le bleu de la glace et de la neige. « C’est un peu comme apprendre la photographie à nouveau, raconte Pauline Ballet. La principale différence réside dans le langage visuel. Dans la photographie classique, nous travaillons avec la lumière, la composition et les vitesses d’obturation rapides ou lentes; dans l’imagerie thermique, nous travaillons avec la température, la dissipation d’énergie, la couleur et les traces thermiques du mouvement. » Dans le même ordre d’idée, Getty a aussi mis à disposition de ses photographes des appareils modifiés pour capter la lumière infrarouge et, en clin d’œil aux JO organisés en 1956 à Cortina, des chambres Graflex.
FEMMES D’INTÉRIEUR
D’aucuns seraient tentés de voir dans la série “Anonymous women” de Patty Carroll un commentaire sur la condition des femmes au foyer, ces héroïnes anonymes à qui incomberaient les tâches ménagères et culinaires. Sans rejeter cette interprétation, la photographe américaine préfère souligner la part d’absurde des situations qu’elle met en scène dans son studio de Kansas City. Une vue d’ensemble de la série permet aussi de pointer ce qu’elle doit au mouvement Pop-Art (Patty Carroll cite également les comédies musicales des années 1950 parmi ses influences).
La série des « Anonymous women » est exposée actuellement à la Galerie XII (Paris 4e).

pho•pho•photus

Sur le principe de feu Motus, saurez-vous trouver ce mot de 11 lettres en lien avec la photographie ?

(indice : québécisme)

En bref et en vrac

3000 images ont été envoyées aux Virtual Photography Awards, concours célébrant la photographie « in-game ». Et les lauréats 2025 sont… 
Intimes mais à portée universelle, les images d’Aimée Hoving sont actuellement exposées à la galerie Focale de Nyon. Layla Shlonsky est allée à sa rencontre.
Photographe septuagénaire, John Biever a connu l’époque où le Super Bowl n’attirait pas les foules (et où d’ailleurs il ne s’appelait pas Super Bowl).
À Jette, près de Bruxelles, une photo grand format affichée sur un mur du centre culturel Atelier34zero Muzeum attire les regards… et les commentaires.
En Chine, des librairies chiadent leur architecture intérieure pour attirer les amateurs de selfies. 
“Récit d’une agriculture d’aujourd’hui – un regard neuf, une image forte”, tel était le thème du Prix « Nouveaux regards ». Toute entière rivée sur les bâches en plastique couvrant les cultures, la série « Période Paysage » de Salomé Gaëta saura-t-elle vous surprendre comme elle a surpris le jury ?
Dans le canton de Neuchâtel, face aux dérives de certains photographes animaliers, des mesures ont été prises pour restreindre l’usage des pièges photographiques (cf. CC#412) et une association s’est créée pour établir une charte des bonnes pratiques.
Les indices de présence des animaux n’ont pas de secrets pour Ananda Joinet. Démonstration en images pour une séquence du JT de France 3 Limousin.
La famille est une affaire de liens que les images de Pam Connolly s’appliquent à retisser.
Max Bonhomme et James Horton ont été convoqués « Au poste » pendant près de deux heures pour un riche échange autour de l’exposition « Couper, coller, imprimer ». Restez jusqu’au bout pour écouter les deux experts commenter des photomontages actuels.
« Je sais que mon travail ne plaît pas à tout le monde », dit Pat Brassington, mais les collages de l’Australienne ont au moins le mérite de ne pas laisser indifférent.
Le Musée d’art de la Province du Hainaut met à l’honneur Chantal Maes, artiste visuelle qui a fait de son bégaiement une force créatrice.

verbatim

Aujourd’hui, malheureusement, dans les arts visuels, les conditions requises pour exercer ce métier exigent souvent d’avoir un environnement capable de soutenir sa carrière : un·e conjoint·e, un entourage, une aide matérielle familiale… Tous ces enjeux sont, à mon sens, directement liés à la justice économique. Et lorsqu’on parle de justice économique, il ne s’agit pas seulement de la précarité bien connue de l’autorat : s’y ajoute désormais l’arrivée de l’intelligence artificielle, notamment générative, qui rend ce combat, cette ambition, quasiment impossible.

Églantine De BOISSIEU

J’allais aux concerts. J’achetais les photos. En 1975, un collègue m’a dit que j’étais bête de mettre tout mon argent dans les photos. Il m’a suggéré de les faire moi-même. Il m’a vendu un appareil photo que j’ai gardé pendant 20 ans. J’ai appris tout seul à faire des photos de concerts. J’ai fait des photos des groupes punk de l’époque.
Daniel AIMÉ

la petite musique de fin

Au milieu des années 1990, le duo finlandais de musique électronique Panasonic avait dû ôter une lettre à son nom suite aux pressions de la firme japonaise. Jonas Gewald et Marius Lesemann ont sans doute pensé à la mésaventure de leurs collègues avant d’entériner le nom de leur projet : Pølaroit. Nom polysémique puisqu’il mélange leurs origines nordiques (polar) et la ville-mère de la techno (Detroit) tout en donnant une idée de leur orientation musicale : « a snapshot of time and music »

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