Géant du photojournalisme, Raghu Rai est mort le 26 avril à l’âge de 83 ans. À l’annonce de la nouvelle, Rahul Gandhi, chef de l’opposition en Inde, a déclaré : « Il ne faisait pas que prendre des photos, il préservait la mémoire de notre nation ». Raghu Rai fut en effet l’un des premiers à immortaliser les conséquences de la fuite de gaz survenue à l’usine de pesticides d’Union Carbide à Bhopal, en 1984. Il y a quelques années, The Telegraph avait eu la rare opportunité d‘interviewer le photographe. Le premier lauréat du Prix de l’Académie des Beaux-arts – William Klein y disait l’intérêt qu’il avait trouvé à passer au numérique, mais ne mâchait pas ses mots quand il s’agissait d’évoquer Instagram ou le selfie (des « maladies »). Il y racontait aussi sa toute première photo (un âne qui finira quelques jours plus tard dans le Times britannique) et parlait des photographes qui l’avaient influencé (HCB, bien sûr, mais aussi le trop méconnu Jerry Uelsmann). L’interview est en anglais (il y a même quelques passages en hindi), mais elle mérite l’effort.
DÉRIVES DE L’ETHNOPHOTOGRAPHIE
À sa mort en 1959, Robert Lohmeyer était tombé dans l’anonymat. Réalisées cinquante ans plus tôt, ses photographies couleur (procédé dont il fut l’un des pionniers) ont pourtant contribué à façonner une certaine image de l’Afrique. Une iconographie coloniale teintée de racisme dont se sont emparés les Nazis pour défendre leurs thèses et qui, aujourd’hui encore, ne peut être appréhendée qu’en prenant des pincettes. Dans Photographie, les couleurs du racisme, le documentariste Michael Mueller revient sur la fabrication et la diffusion de ces portraits.
Pour prolonger, sur un tout autre terrain, le sujet, on vous conseille d’écouter l’émission du 11 avril d' »Allons-y voir », dans laquelle Patrick Boucheron accueillait le professeur d’histoire Bertrand Tillier et l’historienne de l’art Anaïs Mauvarin, autrice d’À l’épreuve des images. Photographie et ethnologie en France (1930-1950).
Pour prolonger, sur un tout autre terrain, le sujet, on vous conseille d’écouter l’émission du 11 avril d' »Allons-y voir », dans laquelle Patrick Boucheron accueillait le professeur d’histoire Bertrand Tillier et l’historienne de l’art Anaïs Mauvarin, autrice d’À l’épreuve des images. Photographie et ethnologie en France (1930-1950).
CLAIRE (W)AHO(U)
Dans la série on en apprend tous les jours, Amateur Photographer porte à notre connaissance le travail de Claire Aho, photographe finlandaise disparue il y a une dizaine d’années et considérée par nos collègues britanniques comme « the Grand Old Lady of Finnish Photography ». Au vu de ses images et de son parcours (elle fut la seule femme photographe aux JO d’Helsinki en 1952), on ne les démentira pas. Sa science de la couleur et sa relation ludique à la mise en scène commerciale font d’elle la cousine nordique d’Erwin Blumenfeld. Pour l’anecdote, le travail pionnier de Claire Aho en matière de photographie publicitaire a conduit l’association des World Food Photography Awards à créer un prix à son nom.
pho•pho•photus
Sur le principe de feu Motus, saurez-vous trouver ce mot de 8 lettres en lien avec la photographie ?
EN BREF ET EN VRAC...
Les posemètres d’antan sont à l’honneur dans le dernier numéro de Chasseur d’Images. Et si vous voulez savoir comment fonctionne le Mastersix de Gossen, remerciez Jean-Louis Llech qui a traduit en français les 112 pages du mode d’emploi (partie 1 et partie 2).
Le parcours artistique d’Annette Messager aurait-il été le même si elle n’avait remporté à 18 ans un concours organisé par Kodak avec en premier lot un voyage autour du monde ?
Grandes oubliées de la photographie de mode, les petites mains ont droit à leur quart d’heure de célébrité grâce à Lola Raban.
Annoncée pour le 6 mai dans le dernier numéro de Chasseur d’Images, la date de la vente aux enchères d’un Nikon F2 manipulé par Gainsbourg a été décalée au 3 juin par la maison Aguttes. Toutes les informations sont ici.
Pour célébrer le succès de la mission Artemis II, la NASA met en libre téléchargement des fonds d’écran pour smartphone. Cette épopée spatiale a produit des images d’exception en l’air mais aussi au sol, comme le montre la vidéo du lancement de la fusée produite au 600 mm par Jared Sanders (toutes les explications ici).
Longtemps portées disparues, les photos d’Albert Scopin documentant les va-et-vient des artistes au Chelsea Hotel du temps de sa splendeur font désormais l’objet d’un livre.
Sur les 200 catcheurs de Ciudad Juarez, 15 sont des femmes. Et Jana Margarete Schuler les a rencontrées.
ICI Besançon fait revivre Agathe Coutemoine, photographe jurassienne qui a laissé à ses descendants 4000 clichés documentant la vie dans le Jura au tournant du XXe siècle.
Entre 2022 et 2025, Miranda Barnes s’est rendu à Detroit pour photographier le Black cotillions, le bal des débutantes de la communauté noire locale.
Photographe vétéran de National Geographic, Bob Krist consacre un documentaire à la Route 1, qui fête cette année son centenaire.
« Un ancien photographe de presse tombé en disgrâce se lance en tant que détective privé dans le milieu criminel haut en couleur du sud de la Floride », tel est le pitch de R.J. Decker, nouvelle série diffusée par la chaîne ABC.
Jay-Z, Aaliyah, Nas, Snoop Dogg, le Wu-Tang… toutes les figures du rap US des années 1990-2000 ont défilé devant l’objectif d’Eddie Otchere.
Qu’est-ce qui sépare un objet technique d’un objet d’art ? Pas grand-chose si ce n’est le regard qu’on leur porte.
verbatim
Dans mes images, le portrait est central. Je suis attentive aux attitudes, aux gestes, à la manière dont chaque personne habite l’espace. J’essaie de donner une voix à celles qui sont marginalisées, trop souvent réduites à des stéréotypes. Issue d’une formation de photojournaliste, j’oriente de plus en plus ma pratique vers une photographie documentaire incarnée, sensible, et profondément liée à la personne photographiée.
Je suis autant photographe que rédacteur, et souvent il y a cette question qui se pose : est-ce que mes images sont là pour illustrer le propos que je vais porter à l’écrit ou bien est-ce qu’elles sont là pour le compléter ? En tant que photojournaliste, on doit aussi se poser la question de la représentation : comment je montre les personnes dont je raconte l’histoire ou la situation. Souvent il y a une tentation misérabiliste quand on photographie la vie sur les campements, surtout quand il fait froid, qu’il pleut, qu’il y a du vent. Mais ne montrer que ça, ce serait trahir la situation.
la petite musique de fin
Dans une récente interview à l’Abcdr du son, Yvnnis (prononcez Yannis si vous ne voulez pas vous taper la honte) est revenu sur la réalisation de la pochette de DND, son dernier album : « Le shooting était préparé, Léa avait prévu tout un set dans un appartement de plusieurs pièces. À un moment, on a vu une chambre aux murs verts et on a voulu tenter, ça a pris dix minutes pour faire les photos. Au final, ce sont celles qu’on a choisies ! » Léa, c’est Léa Esmaili, une photographe que tout le rap français s’arrache, nous apprend Konbini. « C’est la boss-lady du clip », renchérit Tracks. Cet « Emoticone » vous en convaincra-t-il ?
« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile
à travers quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.








