Lancée en 1986, la revue québecoise Ciel variable propose trois fois par an un tour de la scène photographique contemporaine, tout en s’intéressant de près à l’histoire de la photographie et à ses différents usages. Chaque numéro est construit autour d’une thématique. Le dernier en date, tout juste paru, explore les relations entre mise en scène, cadrage et narration dans la photographie contemporaine (avec quelques pointures au programme, dont Jeff Wall et Luc Delahaye). Celui publié cet hiver avait pour fil rouge la collection. Au sommaire, on trouvait, entre autres, le nom de Michel Campeau, Montréalais de 68 ans dont le dernier ouvrage, formidable travail d’archiviste, met à l’honneur les gestes et rituels associés à la pratique de la chambre noire. La version papier de Ciel variable coûte 14,95 €… à multiplier par deux une fois les frais de port ajoutés. Heureusement, il existe une version numérique (10,95 €). Et puis, à intervalles réguliers, la revue met en libre accès ses archives. C’est le cas, par exemple, de ce numéro de l’automne 2021 dont le dossier central montre comment les expositions photographiques peuvent façonner notre vision du monde.

DE LA CALIFORNIE À L’ARCTIQUE

L’histoire de Louise Arner Boyd, c’est d’abord l’histoire d’une émancipation. Héritière d’une famille fortunée, la Californienne aurait pu s’adonner aux joies de la haute-société, allant de mondanités en mondanités. Mais à l’occasion d’une croisière en Norvège en 1924, elle se prend de passion pour le Grand Nord et décide, à l’âge de 37 ans, de devenir exploratrice. De 1926 à 1941, elle organisera sept expéditions en Arctique, qu’elle documentera grâce à la photographie, médium qu’elle apprend sur le terrain. Et qu’elle maîtrise rapidement, comme le montre cette carte dynamique illustrée par ses photos. Dans l’épisode qui lui est consacré, le podcast Nicéphore dit très bien le rôle de pionnière qu’a joué Louise Arner Boyd dans la cause des femmes, mais il ne passe pas sous silence le regard colonial qui était le sien quand elle photographiait la banquise comme s’il s’agissait d’un territoire inhabité. De la prise de vue à la prise de pouvoir, il n’y a qu’un pas…

DANS L’OMBRE DU MAÎTRE

Stefan Rappo a travaillé pendant huit ans en tant que premier assistant de Peter Lindbergh. Autant dire qu’il a beaucoup d’anecdotes à raconter sur les coulisses des sessions du maître avec les plus grands mannequins du monde. C’est dans cette brèche que s’engouffre le podcast Empara. Le ton de l’interview est très people (comment se comportait untel/unetelle…), mais Stefan Rappo réussit à glisser quelques infos photographiquement intéressantes – ne serait-ce que sur les marottes de Lindbergh ou sur le rôle d’un assistant lors des shootings. Si vous voulez en savoir plus sur le parcours du photographe suisse et sur sa production personnelle, on vous renvoie au portfolio publié en mai 2025 dans le n°466 de Chasseur d’Images.

pho•pho•photus

Sur le principe de feu Motus, saurez-vous trouver ce mot de 5 lettres en lien avec la photographie ?

En bref et en vrac...

Rescapé du génocide arménien, Kegham Djeghalian trouva refuge à Gaza où il fonda en 1944 le premier studio de la ville. Le Centre photographique de Marseille fait revivre sa mémoire.
Vous aimez les procédés anciens ? Rendez-vous à Sablé-sur-Sarthe ce week-end.
Délicieuse archive de la BBC datant de 1990, dans laquelle les animateurs de « Tomorrow’s World » font le point sur les dernières évolutions technologiques liées à la photo et se demandent à quoi ressemblera l’appareil du futur. 
Primé lors du dernier Wildlife Photographer of the Year, le jeune Lubin Godin va bénéficier du soutien du Festival de Montier et du compagnonnage de Jean-Michel Lenoir pour concevoir sa première expo
Si vous passez par Hambourg d’ici novembre, ne ratez pas la rétrospective consacrée à Hans Hansen, maître de la photographie publicitaire.
Le toujours pertinent Étienne Dumont se demande s’il est judicieux de décerner un prix richement doté (en l’occurrence le Prix Roswitha Haftmann) à un photographe déjà bien installé (en l’occurrence Wolfgang Tillmans).
Le nu comme contre-pouvoir, petite histoire de l’école de Kharkiv.
Accrédité le 6 mai dernier au concert donné par Bruce Springsteen au Madison Square Garden, Mark V. Krajnak nous fait revivre cette soirée sur son site. Une belle expérience, même s’il est difficile d’obtenir des clichés sortant de l’ordinaire tant les premières minutes du spectacle (seul moment où les photos sont autorisées) sont particulièrement cadrées par le Boss et son groupe.
Sur les 29 scientifiques présents sur cette photo, prise en 1927 par Benjamin Couprie, 17 recevront un Prix Nobel. D’où son surnom : « The most intelligent photo ever taken ».
Motié du duo Photoingame, Maxence va sortir Émotions virtuellesdeuxième livre au monde dédié à la photographie dans les jeux vidéo.
Le célèbre comics Batman : The killing joke va connaître une nouvelle édition « prestige », qui se présentera sous la forme d’un appareil photo géant dans son écrin de cuir. Prix de l’objet : 15000 €.
Vérifiez vos connaissances avec ce quiz sur les grands noms de l’histoire de la photographie.
La plus déjantée des courses (on ne l’appelle pas pour rien la « brise-tibia ») a eu lieu lundi dernier à Cooper’s Hill. Adrian Dennis et ses confrères y étaient.
Scandale à Rome : le prêtre sexy qui a fait le succès d’un fameux calendrier était en fait… steward.

verbatim

Historiquement, les pochettes de jazz français, elles étaient éclatées au sol. Il y a même eu un compte Instagram qui s’en moquait. Mais aujourd’hui, les musiciens ont pris conscience du fait qu’il faut avoir de belles photos, que le package soit soigné et réfléchi. Pas juste le leader du trio devant avec une chemise colorée et les deux autres derrière légèrement flous.
Anne PACEO

C’est comme dans les films américains – la première fois qu’un personnage roule à l’écran, sa voiture vous dit déjà quelque chose sur le personnage. Ce que j’ai remarqué, c’est que la voiture fonctionne souvent comme une sorte d’extension de soi, en particulier dans les endroits où il n’y a pas beaucoup d’autres façons de se démarquer. Les choix sont rarement aléatoires.
Jussi PUIKKONEN

la petite musique de fin

Même si son album de 2007 se nomme Pictures, Katie Melua a longtemps cultivé une relation amour-haine à la photo. En 2020, alors qu’elle venait de finir l’enregistrement de son huitième LP, elle a dû pourtant s’y mettre. Confinement oblige, elle a réalisé elle-même la photo de pochette. Cet autoportrait au miroir a été pris avec un Mamiya RZ67 qu’elle a emprunté pour la circonstance à la photographe professionnelle Rosie Matheson. Via Zoom, celle-ci lui a expliqué le fonctionnement de l’appareil et l’a guidée dans ses réglages. Une expérience qui a changé la vision que la chanteuse avait de la pratique photo, comme elle l’a confié au site 35mmc. Dans le clip de « Your longing is gone », on la voit même manipuler un reflex bi-objectif.

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