On a appris la semaine dernière le décès de Marie-Jo Lafontaine, artiste belge aux pratiques multiples. Formée à l’École nationale supérieure d’architecture et des arts visuels de Bruxelles, Marie-Jo Lafontaine a exploré les possibilités de la peinture monochrome avant de s’affirmer, à partir des années 1980, comme l’une des premières à combiner image, son et espace. Avec un certain goût pour le monumental. En 2006, par exemple, sa vidéo « I love the world » a été projetée sur 10 000 m2 d’écrans pour l’ouverture de la coupe du monde de football en Allemagne. De même, elle n’envisageait la photographie qu’en très très grand format : de « Liquid cristals » à « Babylon babies », ses portraits d’adolescents ont affiché leur démesure sur les murs des galeries. Si vous habitez du côté de Lille, ne manquez pas l’exposition que le Musée de Flandre (Cassel) consacre actuellement à l’artiste. « Tout ange est terrible » (titre inspiré d’un poème de Rainer Maria Rilke) présente, entre autres, une série de quadriptyques inédite conjuguant la passion de Marie-Jo Lafontaine pour la photographie et la peinture monochrome. « Pour accompagner cette expérience, nous apprend Élise Favara dans son compte-rendu de visite, le musée a fait appel à Carole Calvet afin de créer une odeur sur mesure en lien avec les œuvres : une véritable expérience olfactive. » De quoi piquer la curiosité…

L’ART DE LA TRANSGRESSION

Il y a cinquante ans Pierre Molinier se tirait une balle dans la tête, laissant derrière lui des tableaux érotiques et des photomontages illustrant ses passions fétichistes et son goût pour le travestissement. D’aucuns voient d’ailleurs en lui un précurseur du body-art. Ce petit homme à l’accent chantant (on peut l’entendre ici) était un personnage sulfureux, comme le confirme son biographe Pierre Petit, invité récemment par la librairie Mollat. Il faut attendre le dernier quart d’heure de l’entretien pour comprendre comment il procédait techniquement pour fabriquer ses photomontages et dans quelles circonstances fut réalisé son grand œuvre, Le chaman et ses créatures. Sur ce sujet précis, on peut aussi écouter cette archive sonore de 1995 qui raconte la genèse de l’ouvrage – ouvrage composé par Pierre Molinier de son vivant mais finalement édité vingt ans après sa mort. Parmi ses héritiers, on peut citer Camille Vivier, dont une rétrospective s’ouvre ces jours-ci à la MEP, mais aussi, plus étonnant, l’humoriste et acteur Jonathan Lambert dont le roman-photo Qui a volé mes jambes ? cite explicitement Molinier.

PASSION GRATTE-CIEL

Diplômé d’une école d’architecture, Chris Hytha s’est longtemps servi de la photographie pour nourrir ses recherches. Et puis, comme souvent, d’hobby utilitaire la prise de vue est devenue passion. Après s’être formé au pilotage de drone, le Philadelphien a parcouru les États-Unis pour en immortaliser les gratte-ciel (plus précisément, les sommets de ces buildings). Son inventaire, nommé Highrises, montre l’inattendue variété stylistique de ces bâtiments vieux pour certains de 150 ans. Un système de filtres permet de trier les ouvrages selon l’école à laquelle ils appartiennent (art-déco, gothique, néoclassique, renaissance, etc.). Aujourd’hui achevé, le projet Highrises compte 200 photos. Et si l’on en croit sa page YouTube, Chris Hytha est retourné à ses amours pour l’architecture et la rénovation.

PHO•pho•phoTUS !

Sur le principe de feu Motus, saurez-vous trouver ce mot de quatre lettres en lien avec la photographie ?

LA LOI DES NOMBRES

-26%
C’est la baisse du chiffre d’affaires de GoPro au premier trimestre 2026. L’entreprise américaine est plus que jamais au bord de la faillite.
3

C’est l’âge qu’avait Kenza Le Bas quand elle a fait ses premières photos. Et c’est aussi le nombre de question posées à Jérémie Monnier, lauréat de la dotation Filippo Roversi au Prix Picto de la photographie de mode 2026 (pour le reste du palmarès, voir ici).

3,30
C’est, en minutes et en secondes, le temps qu’il faut à Bob Gruen pour raconter deux de ses portraits les plus célèbres, impliquant Johna Lennon et Sid Vicious.
4
C’est, en années, la période sur laquelle Jeanne Lucas a suivi la jeunesse niortaise.
6
C’est, en 1957, le nombre de mois passés par Lee Miller au Cordon Bleu (Paris) pour y suivre des cours de cuisine, passion de la fin de sa vie.
7
C’est le nombre d’heures qu’a été retenu Talal Salah, photographe officiel de la sélection irakienne de football, aux douanes américaines… avant de se voir finalement refuser l’entrée.
18
C’est le nombre de photos vignettes soumises par L’Équipe au vote du public pour désigner la plus belle image de Roland-Garros 2026.
21
C’est le nombre de photos « à couper le souffle » figurant dans cette sélection de National Geographic.
25
C’est le nombre de cases du « Liminal Bingo », un projet par lequel Pat Perry invite chacun à poster sur Instagram des photos correspondant aux indications illustrées de sa grille. Rien à gagner à part le plaisir du partage.
59
C’est le nombre d’altotypes* exposés à la citadelle d’Ajaccio (*du nom de l’inventeur du procédé, Alfons Alt). 
85
C’est (à peu près) le nombre de jours qu’il vous reste pour voter pour les Zooms du Salon de la Photo
220
C’est le nombre de reportages produits par Pierre Gleizes pour Greenpeace entre 1980 et 2018. Un travail de fond dont la pérennité est désormais assurée.
249
C’est, en grammes, le poids du HoverAir Aqua, premier drone étanche « grand public » (1300 € quand même).
600
C’est le nombre d’espèce de coraux qu’abrite le Triangle de corail, dans l’ouest du Pacifique. Une région du globe que connaît parfaitement la photographe sous-marine Maryline Renault.
1065
C’est le nombre de fois où ce documentaire de Reporters sans frontières a été visionné. Un compteur qui mériterait de grimper, ne serait-ce que pour rendre hommage à celles et ceux qui, comme Anas Alkharboutli, ont payé de leur vie la couverture journalistique du régime de Bachar el-Assad.
1901
C’est l’année où, pour la première fois, les autorités marocaines ont autorisé la photographie de l’Aïd al-Adha (dans une logique de mise en scène du pouvoir mais aussi par intérêt du sultan pour cette technique en plein essor).
1997
C’est l’année où Philippe Kahn devint le papa de la petite Sophie… et du procédé permettant le transfert d’images instantané.
2672
C’est le nombre de photos prises par Yolande et Fernand pendant leurs deux semaines passées à Cancun. Ça mérite bien une petite soirée diapo !
11000
C’est, en mètres carrés, la surface agraire exploitée par Almudena Romero pour réaliser, du côté de Toulouse, une oeuvre photographique hors-norme.
127000
C’est le nombre de candidatures reçues suite à l’appel d’Iceland Air pour le recrutement d’un « très mauvais photographe ». Et l’heureuse élue est une Française. Cocorico ! (ou pas)

Depuis plusieurs années, je photographie presque quotidiennement ce que je vois et j’appelle ce geste “Domestic Photography” ; il rassemble des images du quotidien, des autoportraits, des images faites lorsque j’ai l’occasion d’être seule. C’est un corpus en mouvement, qui évolue et qui peut être divisé en différents chapitres. Je ne travaille pas vraiment par série ; j’accumule des images puis je les assemble, je les confronte ; je crée des conversations, des correspondances.

Marie DÉHÉ

La photographie est le médium artistique le plus facile pour atteindre un bon niveau de compétence, mais le plus difficile pour élaborer une vision vraiment personnelle. C’est un peu comme parler : tout le monde peut parler, mais peu ont quelque chose d’original à dire.

Ilan WITTENBERG

la petite Musique de fin

Dans leur dernier album en date, le bien nommé « Souvenances »,  Pierre Van Vlaenderen et Nathan Mondez (alias Endless Dive) explorent la nostalgie de l’enfance. Et c’est en toute logique que le duo belge a demandé à ses fans des images d’eux enfants afin d’illustrer le clip du morceau « Petit Bain » : « Au total, nous avons reçu plus de 500 photos, et avec tout ce matériel, nous avons rapidement réalisé que nous partagions tous des souvenirs communs: vacances à la plage, photos de famille, photos d’école, déguisements, etc. Nous les avons triées pour créer une histoire. Les photos défilent très rapidement afin de représenter la nature fugace des souvenirs et le passage du temps. »

« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile
à travers quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.