Parce que les enfants apprennent à voir avant d’apprendre à lire, il est important de mettre entre leurs mains des albums qui affûtent leur sens de l’observation et nourrissent leur imaginaire. En matière d’illustration jeunesse, l’offre ne manque pas. Et dans ce secteur éditorial, une niche est même réservée au livre photo. Le genre a attiré et attire encore de grandes signatures, comme le montrent deux expositions présentées cet été à à Arles et Moulins, « R comme regarder » et « Clic. Photographier pour raconter ». Pêle-mêle, on peut citer Le petit lion d’Ylla et Jacques Prévert, I comme image, merveille d’abécédaire composé par Marc Riboud et Catherine Chaine, Parade, les éléphants peints de Jaipur, leporello réalisé par Charles Fréger et Carole Saturno, ou encore le très coloré Qui suis-je ? de Claire Dé (et tous ses autres livres). Dans ce panel non exhaustif, il importe aussi de citer Facile ou difficile ?, succès d’édition cosigné par Mary McBurney Green et Len Gittleman. Dernier mot : si vous doutez de la profondeur des albums photo pour enfants, on vous conseille la lecture de cette analyse poussée du Petit chaperon rouge illustré par Sarah Moon.
LES GOÛTS ET LES COULEURS DE GRUYAERT
À 85 ans, Harry Gruyaert vient de signer son tout premier livre jeunesse aux éditions Helium : Je vois rouge. Toujours vert, le maître coloriste ne manque pas de projets. Il est à l’affiche des Rencontres d’Arles ; et à Géraldine Sarratia, venue l’interviewer pour Le goût de M, il a confié être en train de préparer une monographie sur Paris (dans le même esprit que son récent recueil sur New York). Depuis son atelier du 11e arrondissement, le photographe a aussi livré quelques clés de compréhension de son œuvre : un père employé d’Agfa-Gevaert qui refuse que son fils s’oriente vers la photographie, des rencontres décisives avec William Klein ou Jeanloup Sieff (« j’ai alors compris que la photographie était moins une question de technique que de personnalité ») ou son entrée difficile à Magnum, certains sociétaires lui reprochant d’être « trop artiste, pas assez journaliste ». Henri Cartier-Bresson étaient-ils de ceux-là ? sans doute pas. Conquis par son sens de la couleur, il avait même proposé au photographe belge de colorier ses propres clichés !
MISE AU POINT SUR LE FLOU
Phénomène au croisement de la perception visuelle, des considérations esthétiques et de la technique de prise de vue, le flou a fait débat dès les débuts de la photographie. Certains le considéraient comme un obstacle à la représentation du monde (obstacle dont ils ont cherché, mécaniquement, à minimiser les effets en écourtant le temps de pose), d’autres lui ont trouvé une utilité. On pense aux photographes spirites, qui invitaient des fantômes dans leurs images, ou bien aux pictorialistes qui voyaient dans le flou “un moyen de masquer la dureté de la technique mécanique”. En toute logique, c’est par une figure de ce mouvement que commence la série de podcasts que Nicéphore a consacrée au flou. Non pas Edward Steichen, mais Céline Laguarde, photographe redécouverte il y a deux ans à l’occasion d’une exposition au musée d’Orsay. Adossés à la thèse de Pauline Martin parue en 2023, les six épisodes de la série envisagent le flou dans toutes ses acceptions et dessinent en creux une histoire alternative de la photographie.
pho•pho•photus
Sur le principe de feu Motus, saurez-vous trouver ce mot de 9 lettres en lien avec la photographie ?
CE MONDE EST FOOT !
La FIFA interdit les reflex et hybrides dans les enceintes de la Coupe du monde, mais pas les smartphones. À Toronto, Ted Kritsonis a donc testé la combinaison Vivo X300 Ultra + complément optique durant le match opposant le Canada à la Bosnie.
Depuis quelques années, chaque rassemblement des Bleus à Clairefontaine ressemble à un défilé de mode. Ce qui suscite un supplément d’excitation chez Stéphane Manthey et les autres photographes accrédités.
À la finale de 2006, John MacDougall, photographe de l’AFP, avait pour mission de « faire ce qu’il voulait sauf suivre le ballon ». Résultat : il est le seul à avoir saisi le coup de boule de Zidane sur Materazzi.
Photographe officiel de l’équipe du Sénégal, Sidy Talla s’est vu refuser son visa pour le Canada et n’a pas pu assister au match face à l’Irak, à Toronto. Il a donc photographié la rencontre depuis… sa chambre d’hôtel dans le New Jersey.
Images d’archives à l’appui, Sud Ouest se souvient de la Coupe du monde 1954, une édition prolifique en buts, remportée par l’Allemagne de l’Ouest (grâce aux chaussures à crampons vissées d’un certain Adi Dassler et aussi, sans doute, grâce à la pervitine).
Pour son traditionnel « Film Friday », Peta Pixel rend hommage au football du dimanche à travers une série d’images réalisées à la Kodak Tri-X par Jovanni Lopez.
Photographe officielle du PSG, Laurène Valroff détaille sa routine au micro de Faut pas pousser les ISO.
Annie Leibovitz est accusée de contribuer aux clichés sur le Mexique par son utilisation abusive du filtre jaune.
Il y a une vie après le sport de haut niveau. Depuis sa retraite, le running back Marshawn Lynch multiplie les activités et s’est même fait accréditer pour couvrir la coupe de monde.
Shaun Botterill, qui a réalisé il y a quatre ans LA photo de Messi soulevant le trophée des champions du monde, dévoile les coulisses de cette image mais se souvient aussi de la finale de 1994 où il avait dû développer ses films dans les toilettes du stade.
Au musée de Bastia, les 7e rencontres photographiques « Sguardi » proposent une exposition sur le football comme « fait social, populaire et culturel ».
Le jour du match France-Sénégal, SPOT a suivi Luchino Gatti au Playground ZZ de Saint-Denis. Lifestyle, ambiance et liesse populaire.
La veste d’Hosni Manoubi est lestée du poids des pin’s collectés au fil des coupes du monde et du souvenir de son père, lui aussi photographe de la sélection tunisienne.
De Sao Vicente à Rio de Janeiro, les photographes d’Associated Press captent le stress et la joie des supporters.
verbatim
Set nou reshersh dan levé d’soley c’est avoir le plus de lumièr possib. Pou vraiman toush les gens. C’est pas seulman set mwin la vu mais set mwin la ressenti.
Beaucoup d’accessoires et de meubles ont été trouvés dans les sous-sols de nos parents ou empruntés à la famille et aux amis. Nous voulions maintenir un haut niveau d’authenticité. Dans un monde aujourd’hui dominé par l’IA, on se sent un peu détaché des images que l’on génère. En traquant les bons moniteurs, les bonnes affiches et en construisant les décors à la main, nous avons injecté un peu de nous-mêmes.
la petite musique de fin
Adoubée par Billie Eilish (dont elle a assuré la première partie) et Bad Bunny (qu’elle a accompagné sur la scène du Super-Bowl), Young Miko est présentée comme l’étoile montante du reggaeton. Paru l’automne dernier, le deuxième album de la Portoricaine, Do not disturb, vient d’être réédité dans une version augmentée où l’on trouve ce « BIAF <3 », chanson muy caliente dont le refrain dit ceci :
Baby, I’m a freak, tómame foto’ así (Mmm) Tómame foto’ así (Mmm), poso, poso para ti Baby-Baby, I’m a freak, tómame foto’ así (Mmm) Tómame foto’ así, poso, poso para ti
(traduction possible :
Bébé, je suis une dévergondée, prends-moi en photo comme ça (Mmm) Prends-moi en photo comme ça (Mmm), je pose, je pose pour toi Bébé-Bébé, je suis une dévergondée, prends-moi en photo comme ça (Mmm) Prends-moi en photo comme ça, je pose, je pose pour toi)
Baby, I’m a freak, tómame foto’ así (Mmm) Tómame foto’ así (Mmm), poso, poso para ti Baby-Baby, I’m a freak, tómame foto’ así (Mmm) Tómame foto’ así, poso, poso para ti
(traduction possible :
Bébé, je suis une dévergondée, prends-moi en photo comme ça (Mmm) Prends-moi en photo comme ça (Mmm), je pose, je pose pour toi Bébé-Bébé, je suis une dévergondée, prends-moi en photo comme ça (Mmm) Prends-moi en photo comme ça, je pose, je pose pour toi)
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