On n’avait pas prévu de parler à nouveau de Visa pour l’Image cette semaine, mais l’actualité nous a rattrapés. Triste actualité puisqu’on a appris lundi la mort de Jean-François Leroy des suites d’un cancer. Il avait 69 ans, dont 37 passés à la tête de Visa, le festival international de photojournalisme qu’il cofonda à Perpignan en 1989 (avec Alberto Korda pour invité d’honneur). Et qu’il défendit avec ardeur tout au long de sa vie, comme le montrent ce diaporama préparé par L’Indépendant et cet article de Libé où sont évoquées ses « colères sincères ». « Entier, rétif aux modes comme aux prudences, il assumait ses choix au nom d’un humanisme revendiqué, résume un communiqué de l’Élysée. Ajoutant : Il choisissait le camp de celles et ceux que les guerres, les dictatures, la misère ou l’exil condamnent trop souvent à disparaître deux fois : du monde, puis de nos regards. » Plusieurs fois exposé à Perpignan, Samuel Bollendorff salue « une des grandes et peut-être des dernières incarnations du photojournalisme du XXe siècle, de son éthique et de son engagement », quand son collègue Louis Witter souligne l’indéfectible soutien de Jean-François Leroy aux photojournalistes. Le portrait au doigt d’honneur qui illustre ses mots (et le site de Visa) est l’œuvre de Stephan Vanfleteren. Dans son billet hommage, le photographe belge évoque un message envoyé à Leroy en février dernier : « Tu peux utiliser mon portrait sur ta nécrologie, à une condition : que tu vives encore dix ans. » Il insiste surtout sur le rôle moteur de Visa pour l’Image, lieu de partage et de rencontres, dans la vie des photoreporters.
Diminué par la maladie, Jean-François Leroy a accordé (vraisemblablement juste avant l’été) un entretien au Relais Photo, nouveau podcast créé par Lorenzo Virgili. Il y dévoile, entre autres, son panthéon personnel (David Douglas Duncan, Eugene Richards, Stephanie Sinclair…) et revient sur son parcours et ses choix de programmation. Sans langue de bois. Qui s’en étonnera ?
BANDE DE NUIT
L’insomnie réserve parfois d’heureuses surprises. Entre deux sommeils, on passe le temps en écoutant la radio et, pour peu que la chance s’en mêle, on tombe sur une conversation entre deux photographes spécialistes de la lune, une évocation des curés photographes de la région de Salers ou, mieux encore, sur la fameuse interview où Henri Cartier-Bresson prononça une phrase restée dans les mémoires et entrée dans les manuels : « Photographier, c’est mettre dans la même ligne de mire le cœur, la tête, l’œil et une façon de vivre ».
LA COLLECTIONNEUSE
Depuis les années 80, Viviane Esders, galeriste et experte en photographie, a consacré sa carrière à défendre, soutenir et révéler les photographes du monde entier. Elle a, par exemple, donné son nom à un prix singulier récompensant les photographes âgés de plus de 60 ans. En début d’année, après quatre éditions, elle en a annoncé la fin. Mais c’était pour mieux se consacrer au partage de sa collection. Forte de plus de 2 500 tirages des XXe et XXIe siècles, celle-ci est dévoilée pour partie au grand public via le site Internet et les recueils thématiques consultables en ligne.
pho•pho•photus
Sur le principe de feu Motus, saurez-vous trouver ce mot de 9 lettres en lien avec la photographie ?
À part ça...
Les Échos ont ressorti de leurs archives un article sur l’état du marché photo en 1976. Faut-il y voir un clin d’œil aux 50 ans de CI ?
La photographe australienne Callie Soden est la grande gagnante des International Pet Photography Awards 2026, concours dédié aux animaux de compagnie.
À la mi-août, la municipalité de Deauville décidait de retirer une photo de Gaza exposée dans le cadre du festival Deauville Sport Images (voir CC#433). Saisi par l’Observatoire de la liberté de création, le juge des référés a suspendu cette décision.
Une carte Rasperry Pi Zero, un module Pi Camera 3, un écran ePaper Spectra 6 : il n’en faut pas plus pour fabriquer son propre appareil photo.
À défaut de changer le monde, certaines photos peuvent améliorer la condition de certaines franges de la population. À l’image de « Big eyes », photo de Xie Hailong qui illustra à elle seule la lutte contre le décrochage scolaire dans la Chine rurale. Et dont le premier effet concret fut de permettre à Su Mingjuan, la petite fille de la photo, de poursuivre ses études.
Braquer son objectif vers le soleil, quel danger pour le capteur ? Un petit bout de carton et voilà la réponse.
The Economic Times reviennent sur l’immense chantier de reforestation mené par Sebastiao et Lélia Wanick Salgado dans l’État du Minas Gerais, au Brésil. Une terre de nouveau prospère où les cendres du photographe ont été dispersées.
Six mois avant sa disparition, Marilyn Monroe posait pour une série de photos inoubliables. Une « danse magique » chorégraphiée par Douglas Kirkland et racontée par sa veuve Françoise.
National Geographic fait un point d’étape dans le projet fou de Joel Sartore de tirer le portrait de toutes les espèces animales terrestres. Le compteur en affiche pour l’instant 18000… tant et si peu à la fois.
Avis aux procrastinateurs et procrastinatrices, la date limite de participation au Pink Ribbon Photo Award a été repoussée au 20 septembre. Plus d’excuses !
La photographie de deuil est un commerce, et pour le faire tourner Édouard Buguet n’hésitait pas à ressusciter les morts.
façon puzzle
Question : Saurez-vous reconnaître cette photo historique et nous donner les prénom et nom de son auteur ?
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verbatim
Les photographies peuvent être énigmatiques. Elles fonctionnent parfois à cause de ce qui est inclus dans le cadre ; et parfois à cause de ce qui ne l’est pas. Il n’y a pas de formule pour prendre des photos. C’est un processus mystérieux, un défi sans fin. Les idées de projets fleurissent constamment et se révèlent à chaque coin de rue. L’astuce est d’être assez ouvert pour les reconnaître au moment où elles apparaissent.
Il y a une chose dont j’ai horreur, c’est le pouvoir. Un jour, je me rends dans une mairie pour photographier le maire. En voyant son assistante assise à son bureau, je me mets à la photographier et elle me dit : « Pourquoi vous me photographiez ? Je ne suis pas importante. » J’y ai beaucoup réfléchi après. Si je photographie les gens pas importants, c’est parce qu’ils sont beaucoup plus importants que les gens qui prétendent l’être.
la petite musique de fin
Vendredi dernier, Saul Williams a sorti Leap life, son dixième album en carrière et le premier depuis sept ans. Autant dire qu’il était attendu par ses fans. Dans le listing, un titre attire inévitablement notre attention : « Une photographie ». Pour ce morceau presque entièrement en français, le musicien-poète a laissé le micro à son épouse, l’actrice et réalisatrice franco-rwandaise Anisia Uzeyman. « Ce jour-là, a-t-il raconté à The Line of best fit, j’étais chez moi dans mon petit studio et elle était en bas. Je l’ai appelée, je lui ai mis un casque sur les oreilles avec une musique que j’avais enregistrée et je lui ai demandé de raconter une histoire ». Cette totale improvisation aurait pu ne jamais parvenir jusqu’à nous, puisque Saul Williams a hésité jusqu’au dernier moment à l’intégrer à l’album. Cela aurait été dommage.










