On a appris en fin de semaine dernière le retour du Point de vue du Gras en France. La « plus ancienne photographie encore existante réalisée à l’aide d’une camera obscura » sera exposée au printemps prochain à Chalon-sur-Saône dans le musée qui porte le nom de son inventeur : Nicéphore Niépce. L’annonce de ce retour coïncide avec le lancement des festivités du bicentenaire de la photographie. Parmi les mille événements programmés dans ce cadre (expos, publications, documentaires, etc.), une initiative pique particulièrement notre curiosité. Il s’agit de la « malle des bicentenaires ». Lancée par l’association HiP, l’opération consiste à collecter des tirages photographiques et des textes relatifs à la photographie réalisés en 2026, puis à les déposer dans une malle ancienne qui sera entreposée douze ans au musée Niépce jusqu’à sa réouverture en 2039, année où l’on commémorera le don au monde entier du brevet de la photographie par la France. L’appel à contributions est lancé depuis le 1er septembre, mais la malle sera officiellement ouverte lors du Salon Photo & Vidéo de Paris, précisément le jeudi 8 octobre à 11h30. La capsule temporelle empruntera ensuite le chemin des festivals (Photaumnales, Planches-Contact, PhotoDays, Montier…) avant de rejoindre Chalon-sur-Saône début 2027.

CERCLE VERTUEUX

Le Inge Morath Award 2026, prix récompensant une femme photographe de moins de 30 ans, a été remis à l’Ukrainienne Dara Petrova. Les 7500 € qu’elle remporte sont destinés à la poursuite et à la finalisation de « Circle », projet dans lequel elle envisage le quotidien de ses compatriotes à travers le regard d’une femme qui, « comme toutes les autres, se sent coupable d’être vivante, coupable de ne pas avoir suffisamment contribué, coupable de ne pas avoir gagné, coupable d’être une femme et d’échapper à la conscription si facilement. » Née en 1997, Dara Petrova a suivi des études de droit à l’université d’Odessa avant de quitter son pays suite à l’invasion des troupes russes. C’est à Paris, où elle a atterri en 2022, qu’elle s’est mise à la photo*, découvrant à la fois l’histoire du médium et ses possibilités. À son retour en Ukraine quelques mois plus tard, elle a décidé de documenter la vie malgré la guerre : les raves techno de Kiev entre les couvre-feux, les anciens combattants estropiés, les fêtes d’anniversaire comme les cérémonies funéraires.
* La photographe n’a d’ailleurs pas manqué de remercier Ozwalt (dont le travail vaut aussi le détour) de lui avoir mis un appareil entre les mains à Belleville en 2022.

UNE BOUTIQUE D’ENFER

Vous aimez la photo ? Vous aimez les jeux vidéo ? Vous aimez le genre horrifique ? Photomaly est fait pour vous. Sorti fin juillet, ce jeu conçu par les studio Revira Interactive vous met dans la peau d’un photographe de quartier qui doit répondre aux demandes des clients qui se présentent à sa boutique. Un peu comme dans Photographer life simulator, jeu dont on vous a parlé en début d’année ? Oui, sauf qu’ici les clients et l’ambiance générale sont du genre creepy. Le geek paresseux l’a testé et ne lui a trouvé qu’un point négatif : sa durée trop courte, 2h30. SuperBrioche, habité par le rôle, a mis une demi-heure de plus pour en venir à bout. Évidemment, on vous déconseille de regarder sa vidéo si vous voulez garder un brin de suspense. 

pho•pho•photus

Sur le principe de feu Motus, saurez-vous trouve ce mot de 8 lettres en lien avec la photographie ?

À part ça...

Dans sa dernière vidéo, Riflessioni Fotografiche rend hommage à Franco Fontana, maître coloriste disparu fin août à l’âge de 92 ans. Un visionnage à compléter impérativement par une visite du site officiel du photographe.
Le Visa d’Or News, plus haute distinction de Visa pour l’Image, a été remis au photographe espagnol Luis Tato pour son travail sur Madagascar.
Usimages, c’est fini. L’Agglomération Creil Sud Oise a décidé, par la voix de son nouveau président, le maire LFI de Creil, de supprimer la biennale consacrée à la photographie industrielle et ouvrière. Et ce sans même en discuter avec l’autre acteur du festival, le centre d’art photographique Diaphane.
La Ragazza con la Leica, biopic d’Alina Marazzi racontant la vie de Gerda Taro, a été projeté en avant-première à Venise. De Variety à Abus de Ciné, les premiers échos sont plutôt positifs
De Jessie Tarbox Beals à Zanele Muholi, en passant par Yvette Troispoux, L’Humanité a consacré sa série d’été aux pionnières de la photographie (20 épisodes au total, réservés aux abonnés). 
On connaissait Pierre & Gilles, il faudra désormais compter avec Gerard & Marc, leurs lointains cousins australiens.
Pour leur 7e édition, les Mesnographies lancent un appel à candidatures autour du bonheur. Vous avez jusqu’au 15 octobre pour soumettre votre proposition.
La photographie s’est invitée plus souvent qu’à son tour sur L’Île aux enfants. Casimir a rivalisé avec M. DuSnob sur le terrain du gros plan, il a aussi posé un lapin à Zoé, la photographe de mode, qui, pas rancunière, lui a donné un nouveau rendez-vous et lui a même demandé de devenir son assistant. Enfin, le « monstre » a été traqué par un photographe de presse – mais tout s’est bien terminé (et en chanson évidemment !).
Pas facile de photographier les musées sans tomber dans la facilité. Karla Voleau et Louis Lepron ont relevé le défi.
OM System a lancé le Pen, mais cette annonce ne doit pas éclipser la vraie nouveauté de la marque en cette rentrée.

façon puzzle

Question : Saurez-vous reconnaître cette photo et surtout son auteur ? Nous vous demandons ses prénom et nom. 

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verbatim

Il m’arrive parfois de décrire ce que je fais comme du « hacking ».  Je détourne ces supports analogiques et je les exploite d’une manière qui n’était pas prévue à l’origine. Au final, cela provoque beaucoup de surprises. Et aussi pas mal de déchets ! Parfois ce que j’essaie de faire n’a aucun sens ou ne marche pas. C’est imprévisible et c’est pourquoi je m’appuie sans cesse sur ma connaissance de ces matériaux. Je m’interroge, tant sur moi-même que sur les supports, pour  adopter une approche innovante.
Joanne DUGAN

Le Quadricérasténope permet de renouveler notre rapport au réel. En produisant des perceptions inhabituelles, il rend à la réalité la plus banale tout son potentiel poétique. Prenez le minuscule trou percé sur la toiture du véhicule : il projette sur le sol les nuages qui défilent dans le ciel. N’est-ce pas extraordinaire de les voir évoluer littéralement à nos pieds ?
Maxence RIFFLET

la petite musique de fin

La photographe canadienne Susan Moss est décédée le 4 septembre des suites d’un cancer. En dépit de son talent, sa réputation n’a pas franchi l’Atlantique, mais celles et ceux qui l’ont croisée à Montréal ne tarissent pas d’éloges à son sujet. Le multi-instrumentiste Richard Reed Parry (membre fondateur d’Arcade Fire et Bell Orchestre) s’est lui aussi fendu d’un hommage, saluant en Susan Moss une « légende locale ». Les deux s’étaient côtoyés le temps d’une séance photo dont le résultat s’est retrouvé sur la pochette et dans le livret de Were the watchtowers, dernier album en date de Parry, paru cet été. Un disque déjà placé sous le sceau du deuil car fruit d’une collaboration avec Dallas Good, chanteur-guitariste disparu en février 2022. Malgré les circonstances, la musique produite n’a rien de mortifère, comme vous pouvez en juger par cet extrait.

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