Dans le château du Val de Loire où elle a grandi, Madeleine de Sinéty n’avait pas le droit de s’approcher des écuries. Alors elle les observait de loin. L’idée fit quand même son chemin et, après des études à l’École des arts décoratifs de Paris, elle se tourna vers la photographie, parfait outil, parfait prétexte pour documenter la vie des gens au travail. Elle fera ses armes auprès des cheminots, puis des ouvriers des abattoirs, avant de trouver son sujet : Poilley. Dans ce village d’Ille-et-Vilaine d’à peine cinq-cents âmes où elle se rend pour la première fois en 1972, elle s’attache à photographier les rituels agricoles (le travail avec les bêtes, les récoltes, l’abattage du cochon), puis les fêtes de village et bientôt les mariages, les sorties scolaires, les remises de diplôme. Les locaux l’adoptent, si bien qu’elle devient la photographe attitrée de Poilley. Disparue en 2011, Madeleine de Sinéty est restée dans le coeur des Poillénnais et des Poillénnaises, comme on le voit dans Le village de Madeleine, merveille de documentaire réalisée par Julie Bertuccelli où la voix de la photographe, par l’entremise de sa correspondance, cohabite avec les témoignages des personnes qu’elle a croisées.
Si vous êtes du côté de Paris, hâtez vous de vous rendre au Jeu de Paume où une rétrospective est présentée jusqu’au 24 septembre.
Si vous êtes du côté de Paris, hâtez vous de vous rendre au Jeu de Paume où une rétrospective est présentée jusqu’au 24 septembre.
LES JEP AU FORT DE SAINT-CYR… ET AILLEURS
Être journaliste présente des avantages indéniables. Pour France Culture, Éric Chaverou a eu la chance de visiter les coulisses du fort de Saint-Cyr (Montigny-le-Bretonneux, Yvelines), place forte de la conservation photographique en France qui abrite, au sein de la Médiathèque du patrimoine et de la photographie, 25 à 30 millions de pièces (négatifs, tirages, diapositives, planches-contacts, autochromes, etc.). Si son reportage titille votre curiosité, sachez que des visites commentées sont organisées le week-end prochain dans le cadre des Journées européennes du Patrimoine (la réservation est conseillée… la petite laine aussi vu la fraîcheur ambiante). Vous habitez loin de Paris ? Ne pestez pas, d’autres lieux, d’autres événements vous attendent un peu partout en France. La photographie est en effet l’un des deux thèmes au cœur des JEP 2026. Utilisez la carte dynamique pour trouver votre bonheur.
POUR L’HISTOIRE
Un quart de siècle après les attentats du 11-septembre, les images n’ont rien perdu de leur force, comme le montre ce diaporama de Courrier International. Les témoignages des photographes présents sur place ce jour-là non plus. « En tant que journaliste, dit par exemple Amy Sancetta, je suis contente d’avoir été là. En tant qu’être humain, j’aurais aimé être ailleurs. » Gulnara Samoilova qui, davantage par instinct que par choix, prit une centaine de photos avec son Canon T90, tient le même discours : « L’un des policiers me criait dessus : « Comment pouvez-vous photographier cela ? » Et je lui ai dit: «C’est pour l’histoire.» Et j’ai continué à shooter. (…) Mais plus tard, quand j’ai vu mes photos primées les unes à côté des autres, je ne me souvenais plus les avoir prises. »
pho•pho•photus
Sur le principe de feu Motus, saurez-vous trouve ce mot de 9 lettres en lien avec la photographie ?
À part ça...
Sorti en salles cette semaine, La vie en relief ressuscite les photos en 3D de Jacques Henri Lartigue. Et la critique est enthousiaste.
Visite audio du Studio Frank Horvat, maison d’artiste que sa fille Fiametta a voulue ouverte à d’autres voix de la photographie, comme Valérie Belin, Jennifer Douzenel et bientôt Sylvie Bonnot.
En 2018, James Akena, photojournaliste pour l’agence Reuters, se faisait molester par les forces de l’ordre alors qu’il couvrait une manifestation. Une expérience suffisamment traumatisante pour qu’il mette un terme à sa carrière, comme il le raconte dans ce documentaire sur les difficultés de la presse ougandaise à accomplir sa mission d’information.
L’Irak d’aujourd’hui et d’hier s’entremêlent dans ce bel article de National Geographic autour d’une conversation entre le photographe Abdullah Dhiaa al-Deen et son grand-père Abdulredha, âgé de 93 ans.
Excellent retour aux affaires d’Allons-y voir ! avec une émission centrée sur l’exposition « Ghana ! Rêver l’indépendance » en compagnie de sa curatrice, Damarice Amao.
En Australie comme ailleurs, les amateurs de vieilles voitures sont légion, mais la terre ocre de l’Outback ajoute un cachet supplémentaire aux photos de Joe Kennedy.
Vogue a lancé une édition numérique consacrée aux animaux de compagnie des célébrités. Et celle-ci s’appelle… Dogue, évidemment !
Mathieu Forget, dont vous avez pu découvrir les images en lévitation dans CI n°476, livre ses goûts musicaux à Libé.
Maksym Breus, 17 ans, a remporté le concours du Norfolk Wildlife Trust grâce à une photo de faucon en chasse que peuvent lui envier ses aînés.
Utiliser un dirigeable pour saisir les oiseaux au plus près, quelle idée risquée ! Heureusement, Mojo et Bo sont là pour secourir Preston. La prochaine fois, pour mettre toutes les chances de son côté, on conseille à l’apprenti photographe de suivre la chaîne YouTube de Daniel Dupont. Il y trouvera plein d’astuces pour réussir ses images d’oiseaux.
En octobre 1960, les paparazzis ont appris à leurs dépens qu’il ne fallait pas plaisanter avec Anita Ekberg.
façon puzzle
Question : Quelle est l'artiste photographiée ici en triple exemplaire ? Prénom et nom, svp.
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verbatim
Manger du fugu avec un yakuza était une véritable épreuve de courage. Je pense qu’il m’a testée pour savoir qui j’étais, quelles étaient mes intentions, ma patience et ma persévérance. Petit à petit, il m’a ouvert les portes. J’ai rencontré sa femme, ses filles et, à travers elles, j’ai eu accès à d’autres femmes de yakuza.
Chaque été à Missolonghi et à Stamna était une manière de retrouver une terre qui m’avait précédé et qui, étrangement, m’accompagnait en mon for intérieur comme une boussole. C’est là, enfant, dans la maison familiale de Stamna, que je contemplais les anciennes photographies en noir et blanc des ancêtres accrochées aux murs. Des visages graves, venus d’un monde disparu. Je découvrais que ces jeunes inconnus avaient été mes grands-parents. Peut-être ai-je pressenti à cet instant, sans pouvoir encore le formuler, que toute photographie portait en elle l’expérience de l’épreuve du temps.
la petite musique de fin
Artiste et journaliste, Caroline Coon a vécu la naissance du mouvement punk en direct. Selon John Lydon, c’est même elle qui, la première (dans un article pour le Melody Maker), aurait utilisé l’adjectif « punk » pour décrire cette nouvelle musique qui envahissait la Grande Bretagne en 1976. Elle avait 21 ans seulement mais ne voulait pas laisser le soin à d’autres de raconter cette histoire : « Je savais l’importance d’enregistrer les débuts de cette scène. Des années auparavant, j’avais vu comment les jeunes du mouvement hippie avaient été condamnés dans les médias et emprisonnés par la police. » En plus de ça, Caroline Coon avait du nez (ou de l’oreille). C’est à elle que l’on doit la photo qui orne la pochette de « White riot », tout premier 45 tours de The Clash, groupe dont elle deviendra ensuite la manageuse.
Pour la petite histoire (merci Wikipédia), la photo a été prise le 5 novembre 1976 dans le studio de répétition du groupe, à Camden Town. Elle s’inspire d’événements réels au cours desquels des jeunes étaient interpellés et fouillés au hasard par la police dans la rue. Sur la photo originale, on pouvait lire l’inscription « Hate and War » au dos de la combinaison de Joe Strummer ; celle-ci a été retouchée à l’aérographe pour la version commercialisée et remplacée par « 1977 ».
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