En 1999, Isabel Muñoz était récompensée au World Press Photo pour un reportage en noir et blanc sur des moines de Shaolin pratiquant l’art du wushu. Sous son objectif, les acrobates défiaient la gravité. Cette même suspension du temps traverse “Somos agua”, série conçue sur dix années de plongées à travers les océans de la planète, en collaboration avec des apnéistes et… des chevaux. Étranges et envoûtants, ses tableaux se veulent aussi un cri d’alarme. “La mer nous donne tellement, sans jamais rien demander en retour, dit la photographe. Nous donnons le sentiment que ses richesses sont inépuisables, qu’elle peut s’accommoder de notre manque d’attention, de notre manque de prévisions et de nos excès. Que va-t-on laisser à nos enfants si nous ne sommes pas capables de prendre soin de ces trésors ?” Ce travail est exposé à la galerie Daltra (Biarritz) jusqu’au 1er novembre.
DOCUMENTER, COLLECTIONNER, CONSERVER
La patrimonialisation de la photographie s’est écrite sur plusieurs décennies et sous de multiples formes. En trois émissions complémentaires, Le cours de l’histoire (France Culture) raconte comment le statut du médium a progressivement changé. Dès le milieu du XIXe, les institutions ont perçu l’intérêt de ce nouvel outil pour documenter le bâti sur tout le territoire. Pour autant, la partie n’était pas gagnée et, comme l’explique Éléonore Challine dans le second volet, il fallut attendre les années 1960-70 pour que sortent de terre des musées entièrement dédiés à la photographie. Le troisième épisode boucle la boucle en montrant comment la photographie est à son tour devenue un patrimoine que des initiatives publiques ou associatives s’évertuent aujourd’hui à conserver.
CREEPY SELFIE
Gonzaï s’énerve, à raison sans doute, contre cette manie qu’ont certains de poster, à l’annonce de la mort d’une célébrité, une photo d’eux en compagnie du défunt. Un petit passage de l’article pour vous donner envie de le lire : « L’important n’est plus d’annoncer (en premier, si possible) la mort de Prince ou de Brian Wilson, mais de témoigner de notre lien même fragile à l’artiste en question. Un bout de vidéo, une photo prise à l’arrache sur un quai ou la copie d’un SMS ; tout est permis pour justifier ce syndrome consistant à prouver que « moi aussi, je le connaissais ». Un véritable problème à la fois narcissique et osons poser le mot, sociétal. »
pho•pho•photus
Sur le principe de feu Motus, saurez-vous trouve ce mot de 7 lettres en lien avec la photographie ?
À part ça...
Loin des feux de l’actualité, des êtres humains continuent de mourir en tentant de traverser la Manche.
On ne réagit pas toutes et tous de la même façon à l’injection d’un vaccin. Linda Alterwitz a utilisé une caméra thermique pour rendre visibles ces différences.
Le jury du Bowness Photography Prize, le mieux doté des prix photo australiens, a désigné Tamara Dean comme lauréate de l’édition 2026. Son autoportrait aquatique renverse les sens.
Lee Miler surestimée ?
Les années grunge vues par une de ses principales actrices, Melissa Auf der Maur, notamment bassiste de Hole et The Smashing Pumpkins.
De l’original à la pochette d’album, il y a parfois du chemin. Démonstration avec une expo de Linda McCartney actuellement présentée à Los Angeles.
Oasis, Yungblud, Kartel, My Chemical Romance, Fontaines DC… autant de groupes mis à l’honneur, directement ou indirectement, par le palmarès des Abbey Road Photography Awards 2026.
Sami Uçan, Hussein Haddad, Robert Bahou et Caro Mirzoyan ont en commun de vivre au Moyen-Orient et d’avoir mis la gente féline au centre de leurs projets photographiques.
Le saviez-vous ? Une collaboration entre Contax et Porsche a donné lieu, en 1974 puis en 1984, à la production d’un reflex (Contax RTS) et d’un compact (Contax T).
L’habit vert et l’épée vous vont bien ? Pourquoi ne pas postuler à l’Académie des Beaux-arts ?
façon puzzle
Question : À qui doit-on cette photo réalisée en 1992 à Anvers ? Prénom et nom svp.
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verbatim
J’étais curieuse de voir à quoi ressemblait la vie d’une jeune fille dans l’Ohio. Je voulais aussi savoir ce que c’était que de grandir en Floride. Mais au final je ne donne pas les lieux de prise de vue. Je ne pense pas que cela compte, et je ne veux pas que les gens s’en servent pour jouer sur les stéréotypes liés à certains États.
Le public s’impatiente ou se sent frustré lorsqu’une œuvre semble hermétique ; l’humour fait alors office de tapis de bienvenue. Les gens acceptent l’ambiguïté, tant qu’ils ont le sentiment d’avoir saisi la blague. J’essaie de réaliser des portraits où un pied est fermement ancré dans la réalité et l’autre s’aventure dans un monde irréel. Pour parvenir à cette dichotomie, il faut souvent amener la personnalité à faire quelque chose de surprenant.
la petite musique de fin
Pris par le bouclage de Chasseur d’Images, on a oublié la semaine dernière de vous signaler la journée internationale du cyanotype qui, comme tous les ans, s’est déroulée le dernier samedi de septembre. On se rattrape avec quelques tips et une sélection d’expos autour du procédé à voir en ce moment :
• « Fragiles alchimies » de Laurent Pouget à Salaise-sur-Sanne (38) ;
• Sow Cyan à la bibliothèque Jacqueline de Romilly (Paris 18e) ;
• « Fragiles alchimies » de Laurent Pouget à Salaise-sur-Sanne (38) ;
• Sow Cyan à la bibliothèque Jacqueline de Romilly (Paris 18e) ;
• « Paysages intérieurs – Paysage sensible » de Fanette Bruel à Toulouse (31) ;
• Pascale Nicolas au musée Eugène-Aulnette du Sel-de-Bretagne (35).
Et on conclut, comme il se doit, en musique avec Hinako Omori.
Et on conclut, comme il se doit, en musique avec Hinako Omori.
« Clique Clac », c’est chaque jeudi le résumé d’une semaine sur la Toile
à travers quelques liens sélectionnés par la rédaction de Chasseur d’Images.










