[ Forum MATERIEL ] > Forum LEICA

Pixii, un télémétrique français "radical et contemporain" en monture Leica M

(1/127) > >>

Mistral75:
Il y a quelques jours est apparue sur Internet une nouvelle campagne de teasing, montrant un bout d'appareil photo et une accroche tapageuse :


--- Citation de: Pixii ---RADICAL, CONTEMPORARY, RANGEFINDER CAMERA

Meet Pixii, our radical take on what a modern camera should be.
--- Fin de citation ---

https://pixii.fr/   https://www.instagram.com/pixiicamera/   https://twitter.com/PixiiCamera

Qui se cache donc derrière Pixii ? Une société française, créée en février 2015, dont l'activité est la programmation informatique et le siège social à Besançon, peut-être nommée d'après Nicolas Constant et Hippolyte Pixii qui ont construit à la demande et sur les indications d'André-Marie Ampère la première génératrice électromagnétique (1832).

Son actionnaire unique et président s'appelle David Barth. Né en 1970, se partageant entre Paris et Besançon, c'est un spécialiste de Linux, passé notamment par OpenTrust, Mandriva, LaCie et Canonical. La marque Pixii lui appartient en nom propre.

Tout ceci est bien gentil, allez-vous me dire, mais quel rapport avec la section Leica ?

Patience. Une image officielle fortement retouchée pour vous donner une première réponse -regardez bien l'objectif ou plutôt ce qu'il en reste après retouche.

Mistral75:
Internet est notre ami. Quelques minutes de recherche ramènent un joli poisson :

http://reciprocus.com/sites/default/files/Teaser-LTC-PIXII.pdf

Reciprocus est une petite banque d’affaires ("M&A boutique") singapourienne avec des bureaux à New-York et Zurich. Elle a laissé traîner en ligne (drôle d’idée ! :o) un document de 20 pages que, dans le cadre d’une levée de fonds de Pixii, elle a probablement adressé à des investisseurs potentiels à l’été ou à la rentrée 2017, il y a donc un an.

On trouve successivement dans ce document :


* Un court CV de David Barth
   
* Un résumé de ce qui s’est passé jusqu’au 3ème trimestre 2017 (conception, prototype, enregistrement de la marque et des modèles)
   
* Le blabla marketing d’usage sur le marché photographique, l’essor des smartphones, les mirrorless, la croissance du segment haut-de-gamme, etc.
   
* Des photos (cf. ci-dessous), de qualité suffisamment mauvaise pour ne pas pouvoir dire si ce sont celles d’un prototype ou des rendus infographiques [elles ont notamment le mérite de lever le voile sur l’objectif-mystère : c’est un Elmarit-M 28 mm f/2,8 Asph. de 2014].
   
* Des détails sur l’appareil

* Appareil photo numérique doté d’un viseur optique et d’un télémètre
* Monture Leica M
* Contrôles manuels et format RAW
* Destiné à être utilisé avec un smartphone sur lequel s’affichent les photos -le Pixii n’a pas d’écran arrière.
   
* Des détails sur la cible marketing

* Des photographes équipés en Leica ou qui voudraient l’être
* A la recherche d’un premier ou d’un second appareil photo numérique
* Qui ont du mal à trouver chaussure à leur pied en-dessous de 7.000 $
   
* Des détails sur le business model

* Un positionnement-prix entre 1.500 et 4.000 $, avec des marchés potentiels respectifs de 200.000 et 55.000 unités
* Un objectif de marge de 50% sur la version premium (celle à 4.000+ $), avec une contribution positive à partir de 20 unités et un objectif de vente supérieur à 200 unités
* Une combinaison de vente directe en ligne et de vente indirecte via des boutiques dans des grandes villes
* L’attrait du "Designed & made in France"
* Gagner de l’argent avec la vente des appareils photos, les mises à jour, les accessoires et d’éventuels services en ligne (non détaillés) [on voit la trace de l’expérience Linux de David Barth :)]
* Réduire les coûts en utilisant des sous-ensembles et des processus de fabrication propres aux smartphones
* Vente indirecte via des boutiques prenant de faibles marges (15-20%) [???] et des réseaux de franchisés tels que YellowKorner [photographies d’art en édition limitée]
* A l’arrivée, concurrencer Leica sur les prix.
   
* Des détails sur l’équipe avec comme "Principal Engineer" un certain Melric Artus, un jeune (env. 25 ans) ingénieur bisontin passé par l'université de technologie de Belfort Montbéliard.
   
* Un business plan sur 3 ans, déjà obsolète un an après puisqu’il prévoyait

* une levée de fonds de 500.000 $ en 2017 [celle pour laquelle Reciprocus avait été mandatée]
* suivie d’une deuxième en 2018
* un début de production et une campagne de teasing au 4ème trimestre 2017 [on y arrive, mais un an après]
* des premières livraisons au 1er trimestre 2018
* un 2ème modèle d’appareil photo au 4ème trimestre 2018
* le tout avec des objectifs précis de chiffre d’affaires et de marges sur 2018-2020.
   
* Une accroche : "Créer l’iPod de la photographie numérique"

* en repensant l’appareil photo avec une vision d’aujourd’hui
* pour inciter les enthousiastes à aller au-delà de l’Instagram de leurs débuts
* et conquérir le large marché de ceux qui sont venus à la photo avec leur smartphone.

Mistral75:
Cette initiative est sympathique et on ne peut que souhaiter le plus grand succès à David Barth et à son équipe mais ce positionnement "mieux qu'un Leica pour moins cher" me fait hélas penser au projet Konost, apparu sur les écrans en février 2015 et qui semble aujourd’hui en coma dépassé (plus de nouvelles depuis fin 2016).

En particulier, si leur nombre élevé rend de prime abord logique l’idée de s’adresser en priorité aux photographes smartphonistes et instagrammiens, le faire avec un télémétrique risque d’en dérouter plus d’un…

Quant à l’absence d’écran arrière et au passage obligé par le smartphone, elle me semble relever plus du gimmick que de la vraie bonne idée, compte tenu notamment de la cible visée.

Et je m'abstiendrai de tout commentaire sur le positionnement du déclencheur...

A suivre, sur le site de Pixii et probablement bientôt sur Kickstarter ou équivalent.

Col Hanzaplast:
Il est rigolo de voir qu'ils en sont restés au focus manuel à télémètre. Quitte à repartir de zéro pourquoi pas un boitier baïonnette M avec autofocus intégré ?

Mistral75:
Oui, c'est un des paradoxes de ce projet de boîtier.

Un boîtier à baïonnette M avec autofocus intégré ne serait peut-être pas très utile puisque la totalité du parc d'objectifs est à mise au point manuelle (et pour cause) mais un télémètre électronique (avec des collimateurs à détection de phase sur le capteur comme pour l'autofocus de certains mirrorless) avec confirmation du point dans le viseur serait probablement plus facile à manier par la "génération smartphone" ciblée par le Pixii qu'un télémètre optique à coïncidence de cadres. Et moins coûteux de surcroît.

Navigation

[0] Index des messages

[#] Page suivante

Utiliser la version classique